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ME AND THAT MAN - Songs Of Love And Death (2017)
Par DARK BEAGLE le 26 Juin 2017          Consultée 1597 fois

J’avais une amie, au début des années 2000, qui était raide dingue de BEHEMOTH. Les Polonais avaient le vent en poupe, à ce moment-là. La presse était dithyrambique à leur sujet et mes camarades Bionic2802 et T-Ray ne cachaient pas leur enthousiasme respectivement sur "Thelema . 6" et" Zos Kia Cultus – Here And Beyond". Si j’apprécie toujours ces disques aujourd’hui, je n’ai jamais été un fan de BEHEMOTH. Non pas que le groupe ne me plait pas, mais à cette époque, j’avais tourné la page d’une certaine forme d’Extrême, mes intérêts différaient et avec mon amie, nous nous disputions gentiment à ce sujet. Elle me traitait de petite bite, j’évoquais son cul. Bref, c’était bon enfant. Aujourd’hui, Nergal revient avec non pas un nouvel album de sa Bête, mais avec un projet solo des plus intéressants.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas forcément fan de Nergal, donc pas du genre à crier au génie à chaque réalisation de ce personnage haut en couleurs. Et c’est un pas que je ne franchirai toujours pas ici, même si le projet ME AND THAT MAN mérite que l’on s’arrête dessus quand on aime la musique dans toute sa diversité. Et particulièrement le génial Nick Cave. Mais avant tout, ME AND THAT MAN n’est pas qu’un simple groupe où l’artiste évolue en solo, non. Il est fait conjointement avec John Porter, un Anglais qui a connu la Pologne communiste des années 70, connu dans la contrée de Lech Walesa pour avoir collaboré avec la belle Anita Lipnicka, qui est également son épouse.

Sur le papier, rien n’est sensé réunir les deux hommes tant leurs univers sont différents, pour ne pas dire totalement opposés. Le travail a d’abord commencé sans qu’ils ne se rencontrent, puis quelques temps plus tard, Nergal organise une rencontre où les deux hommes vont se découvrir des points communs, des influences similaires et une furieuse envie de jouer ensemble, directement, plutôt que de passer par les voies impersonnelles d’internet. Le résultat se trouve sur ce disque, sobrement intitulé "Songs Of Love And Death" quand le titre de départ était "Love Is A Dog From Hell", titre d’un roman de Charles Bukowski. De quoi avoir une idée assez précise de ce vers quoi tend cet album à la pochette sombre et mélancolique à la fois.

ME AND THAT MAN, c’est un peu l’antithèse de BEHEMOTH musicalement parlant. Nergal délaisse l’électricité sur de nombreux titres, afin de juste faire parler la puissance naturelle de la guitare. D’ailleurs, souvent la section rythmique est limitée à la portion congrue. Très minimaliste, elle va venir apporter un soutien non négligeable sur certains morceaux, mais c’est avant tout un disque axé guitares. Les textes sont simples, directs. Encore une fois, Nergal casse un peu sa façon de faire en se montrant plus facile d’accès. Il exprime toujours son rejet de l’Eglise catholique, mais il va aussi parler d’amour (de façon assez sombre comme sur le subtil "Magdalene").

Mon amie froncerait certainement le nez, comme si cela sentait mauvais, mais très vite un sourire se dessinerait sur ses lèvres. Parce que ce disque, malgré quelques défauts, est terriblement accrocheur. "My Church Is Black", avec ses paroles très répétitives, pose une certaine ambiance. Ce n’est pas forcément pessimiste, mais cela y ressemble. Nergal et Porter nous invitent à un roadtrip dont les escales sont des rades dégueulasses, où des prostituées sur le retour tentent de convaincre des camés de leur lâcher quelques billets. Nos guides semblent se fondre dans ces endroits, comme des habitués qui regardent toute cette misère humaine avec un certain recul. Ici, ça sent la poussière, les vieux chiens desséchés par le soleil d’un désert, ainsi que la désolation de ces villes oubliées qui ne vivent que la nuit, avec leurs ivrognes.

Nous retrouvons également une sécheresse musicale qui contraste avec le chant partagé par les deux musiciens. Quand les deux unissent leur voix, on se laisse facilement convaincre que l’on tient là quelque chose de vraiment très bien, qui donne envie d’y revenir en tout cas. Ils sont sereins. Nergal fait vaguement songer à un Nick Cave moins impérial (non, je ne suis vraiment pas fan de Nergal, même si pour être honnête j’ai beaucoup apprécié l’homme sur ce disque). Le constat est en fait très simple : cet album, il en jette. Voilà. Et qu’est-ce que ça aurait été s’il avait été parfait ! Car comme le dirait mon amie, y a toujours un truc qui ne va pas avec les projets de Nergal !

Le style évoque aussi bien Nick Cave que le grand Johnny Cash, avec des relents d’une country qui n’a rien de joyeuse. Cependant, cela devient répétitif sur la fin de l’album et les morceaux commencent à se suivre et à se ressembler quelque peu. Puis il y a par moment où on a l’impression que les musiciens nous prennent un peu de haut, que tout ça, au final, c’est parfois un brin péteux, pour ne pas dire prétentieux. "Cross My Heart And Hope To Die", par exemple, avec son chœur d’enfants, est presque too much pour le côté très simple que Porter et Nergal tentent pourtant d’insuffler sur cet opus. Un poids, deux mesures en somme. Mais peut-on en leur en vouloir d’en mettre plein les oreilles, d’impressionner avec quelques artifices dont ils auraient pu se passer tant ils sont expressifs dans leur minimalisme, justement.

Mon amie apprécierait, très certainement. Mais mon amie n’est plus, ça vous l’avez déjà compris, aussi je ne peux qu’imaginer la réponse. "Songs Of Love And Death" m’a énormément fait penser à elle et il m’a de ce fait pas mal remué. Je pense que sans cela, il m’aurait également laissé une forte impression. Question de sensibilité, question de ressenti. ME AND THAT MAN est un des side-project les plus intéressants qu’il m’ait été donné d’entendre depuis bien longtemps. Si ce n’est pas ce qu’il y a de plus fou musicalement, c’est intense, très intense et ça vous prend à la gorge. On sort de l’écoute de cet opus complètement lessivé, comme après un bon disque de Nick Cave en somme. Les amateurs de ce dernier apprécieront. En espérant que cela ne soit pas qu’un one-shot.

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   DARK BEAGLE

 
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- Adam 'nergal' Darski (chant, guitare)
- John Porter (chant, guitare, banjo, harmonica)
- Wejtek Mazolewski (basse, contrebasse)
- Lukas Kumanski (batterie)


1. My Church Is Black
2. Nightride
3. On The Road
4. Cross My Heart And Hope To Die
5. Better The Devil I Know
6. Sirens, Vampires And Lovers
7. Magdalene
8. Love & Death
9. One Day
10. Shaman Blues
11. Voodoo Queen
12. Get Outta This Place
13. Ain't Much Loving



             



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