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HEAVY METAL  |  STUDIO

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DREAM EVIL - Six (2017)
Par GEGERS le 23 Juin 2017          Consultée 659 fois

J'ai longtemps été adepte du slogan anarchiste "Ni Dieu Ni Maître", notamment repris par TRUST sur un album de triste mémoire. Et pourtant, j'ai cru en Dieu. Bordel, j'y ai cru. Lui-même, je ne l'ai pas vu. Je veux dire, cela ne fait aucun doute pour moi qu'il existe, et qu'il est le créateur de toute chose. Mais c'est par le biais de ses Tables de la Loi qu'il s'est manifesté à moi. Ancré de plain-pied dans le siècle nouveau, il me les a transmises non pas sous forme de lourdes tablettes de pierre, mais au format CD. Oui, un CD, du nom de "The Book Of Heavy Metal". La manifestation de son existence que jamais, ô grand jamais, il ne me viendrait l'envie de briser, au contraire de cet impie de Moïse. Cette manifestation divine a eu un impact profond et spirituellement très puissant sur ma chair faible et influençable.

Je commençai alors doucement à changer, à m'imprégner ostensiblement de cette spiritualité nouvelle. Je me laissai pousser les cheveux, et m'achetai des vêtements en cuir, issus de quelque sacrifice bovin, que je marquai non pas au fer rouge mais au fer à repasser de patchs bariolés lors d'incantations dignes d'un cérémonial des plus solennels. Mon enveloppe charnelle tout autant que spirituelle s'adonnait sans répit à ce culte divin. Las, les manifestations se firent plus rares, moins enivrantes et puis, un triste jour, plus rien. Parlez-moi de Bernadette Soubirous et de ses 18 apparitions ! J'eu beau appeler, invoquer, me scarifier, en faire appel même au malin, puisqu'après tout, c'était de lui qu'était venue la lumière, rien n'y fit.

Et puis, comme il y a sept sacrements, sept jours dans la semaine, sept démons qui possédaient Marie-Madeleine, Dieu m'est de nouveau apparu, sept ans plus tard. De son enseignement, rien n'avait changé. Faisant fi de toute modestie (mais Dieu doit-il faire preuve d'humilité ?), il commença par psalmodier lentement, se faisant sombre et agressif, un cantique à sa gloire. "Dream Evil". Non, rien n'avait changé. Son influence était toujours présente, mais son discours toujours autant éloquent qu'adolescent. Dieu semblait en colère, son ton était plus agressif, sa voix moins mélodieuse. Il y avait toujours cette ambivalence, cet équilibre doux-amère entre la douceur de sa voix et les trompettes sombres des anges qui l'accompagnaient. Je buvais ses paroles, me faisais son apôtre, comme on boit du petit lait.

Mais Dieu m'a déçu. Je ne dirai pas qu'il m'a trahi, car il est resté fidèle à son enseignement, et n'en a pas dévié d'un pouce. Seulement, en allant piocher chez les chérubins d'EDGUY ("How To Start A War" et ses relents de "Headless Game") ou carrément chez l'antéchrist en personne ("War Pigs" de BLACK SABBATH n'est pas bien loin sur "Hellride"), il ne fait pas preuve d'une grande inventivité. Cela n'a jamais été son cas, mais ce pavé dans la mare, ce bloc massif qu'il était parvenu à livrer voilà maintenant de très nombreuses années avait la force d'un magnum opus. Ici, Dieu n'est qu'un ersatz de sa flamboyance passée, rien de plus qu'une loupiote dans le noir, alors que c'est pourtant lui qui a engendré la lumière.

Il serait de mauvais aloi d'être ainsi catégoriquement négatif. La parole divine n'est pas indivisible, et ce nouveau prêche propose plusieurs motifs de satisfaction. Lorsque Dieu parvient à maîtriser son propos, à se faire énergique tout en restant positif, à scander des refrains qui marquent les esprits, alors il renaît en moi ("How To Start A War"). Lorsqu'il livre une longue mélopée, lancinante et épique, sur son immortalité, alors Dieu nous semble effet autant immortel qu'intemporel, désuet autant qu'actuel. C'est ce qui fait sa force. Lorsqu'il se fait pachyderme, déroulant son sermon en faveur de sa religion "Evimetal", sans concessions et prenant des allures de rouleau compresseur, il est alors irrésistible ("Six Hundred and Sixty Six").

Dieu n'est pas mort. Après une si longue absence, il nous fait ce qui semble être une bien légitime crise de foi. Comme si la motivation était toujours là, mais que les apôtres n'étaient plus suffisamment nombreux et habités pour propager la bonne parole. Comme si, de religion avec pignon sur rue, "Dream Evil" devenait une modeste secte de quartier. La religion, c'est plus ce que c'était.

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   GEGERS

 
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- Niklas Isfeldt (chant)
- Fredrik Nordström (guitare)
- Mark U Black (guitare)
- Peter Stålfors (basse)
- Patrik Jerksten (batterie)


1. Dream Evil
2. Antidote
3. Sin City
4. Creature Of The Night
5. Hellride
6. Six Hundred And 66
7. How To Start A War
8. The Murdered Mind
9. Too Loud
10. 44 Riders
11. Broken Wings
12. We Are Forever



             



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