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BLACK/DEATH (ATMO ?)  |  STUDIO

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2016 Hero
2013 1 Aura
 

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BÖLZER - Hero (2016)
Par POSITRON le 22 Janvier 2017          Consultée 670 fois

Un héros ? BÖLZER fut un héros : il était Achille, fils de néréide, immergé dans le Styx, mais il n'a même plus aujourd'hui la force de le pasticher et, en bon Patrocle, de mourir sous les coups d'Hector.

Au boulot.

"Hero" premier album longue-durée de BÖLZER est la réponse à une hype grandissant de façon démesurée à la parution des Extended Play "Soma" et surtout "Aura" dévoilant un Black/Death aquatique, hypnotique, personnel et dévastateur. L'internet tout entier se masturbait dans l'anticipation de se faire défoncer pendant 45 minutes comme sur "Entranced By The Wolfshook" lorsque déboule "Hero", avec un sourire en coin, l'air de dire "mdr lé jan je vouzé bien u xD".

BÖLZER semble avoir décidé de frapper moins dur avant même d'avoir pu réellement exercer sa puissance : se concentrant sur la dimension hypnotique et atmosphérique de sa musique, il ralentit le tempo, dégraisse un peu sa guitare – c'est le premier album où le manque d'une basse ou d'une seconde guitare se fait sentir – laisse une place bien plus considérable à la voix claire incantatoire de KzR, oublie ses duels gémissements / grognements. Autant dire que la première réaction du fan "d'Aura" est un derrière endolori.

Mais chez NIME (mâtin !), aventuriers de l'extrême, nous passons outre la sensibilité de nos petits popotins doux et veloutés. L'idée de BÖLZER n'est pas mauvaise, elle est simplement mal exécutée et je vais vous dire pourquoi.

Petit un : "Hero" manque de muscle.

A part quelques passages ("Spiritual Athleticism" ou "Chlorophyllia" – probablement les deux meilleures pistes), il n'atteint pas la majesté hirsute qu'on lui connaît. La faute, d'abord à la qualité des riffs, mais aussi à leur utilisation, répétés sans concision, enchaînés de façon linéaire, témoignant d'une volonté manifeste de créer un climat hypnotique.

C'est pour moi une erreur. Un élément fondamental dans le caractère hypnotique de BÖLZER était justement la brutalité de celui-ci. Il est fréquemment fait usage du champ lexical du mythe et des dieux pour parler de BÖLZER et de l'atmosphère de ces disques : à juste titre. Mais qui nommerait divinité un être sans puissance ? Le concept de divin exprimé par BÖLZER était ce contact avec une puissance démesurée, avec une force dépassant la raison et l'existence humaine, que cette puissance soit celle de Zeus, de Yahweh ou de Yog-Sothoth (faites vous plaisir). Un contact brutal, symbolisé par les questions/réponses du chant clair/growl, par la puissance narrative de ses riffs les plus durs. Or si l'on réécoute les deux précédents EPs, l'on se rendra compte qu'entre deux blastouilles, les parties plus atmosphériques – ritual – que BÖLZER veut affirmer ici étaient déjà là et fonctionnaient très bien.

Cependant et c'est mon petit deux :

"Hero" manque d'armes. D'armes pour installer et maîtriser son climat rituel. Notez cette petite subtilité : ce n'est pas BÖLZER qui est désarmé mais bien son héros (*). Quoique j'évoquais le recrutement de personnel comme une possibilité salvatrice pour BÖLZER ce n'est pas ce dont je veux parler : le changement d'orientation de "Hero" est une déception pour ceux qui attendaient "Aura pt.2". Cependant ce changement d'orientation est insuffisant. Pour atteindre son objectif BÖLZER n'effectue au final qu'un changement extrêmement minime : un ralentissement du tempo, des riffs un peu moins bons, plus de voix claire et.... bah c'est tout. Deux minutes de synthés sur la totalité du disque et cinq pour cent de toms en plus.

BÖLZER n'a pas réalisé entièrement le changement qu'il désirait. Il n'a quasiment aucune marge de manœuvre en terme de texture – pas même un petit son clair ou une petite pédale d'effet – ce qui ressent beaucoup plus quand on n'est moins porté par ses riffs. Les mutations vocales ne peuvent porter le disque et l'ambiance à elles toutes seules, surtout lorsqu'elles incluent l'abandon d'une marque de fabrique du groupe. Quant au jeu de batterie, il est en gros toujours le même (**). Il aurait fallu pour changer réellement, chercher ailleurs, plus loin.

Malgré mon acharnement, "Hero" n'est pas un disque catastrophique. Il présente des éléments appréciables et des développements intéressants. Mais, par ses longues mollesses et par son incapacité à atteindre ses objectifs, ce n'est pas pour moi un bon disque. Et je ne crois pas pouvoir lui donner une étoile supplémentaire lorsque la plupart des écoutes ont été motivées uniquement par les besoins de cette chronique.

_______________

(*) Comme quoi il n'est vraiment même plus Patrocle qui avait au moins les armes d'Achille pour aller se friter avec les Troyens pour la prise d'Hélène.
(**) Avec un élément étonnant : quoique le batteur soit compétent et son jeu très appréciable, à chaque fois qu'il nous balance un skank thrash ça sonne complètement hors-de-propos, je vous avoue ne pas comprendre. Un skank beat c'est un grosse caisse + charley / caisse claire + charley à la croche. Exemple : 2:48 sur "I Am III" – où peut-être qu'ici la caisse claire est sur les temps je vous avoue avoir la flemme de vérifier.

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- Hzr (batterie)
- Kzr (guitares, voix)


1. Urðr
2. The Archer
3. Hero
4. Phosphor
5. Decima
6. I Am Iii
7. Spiritual Athleticism
8. Chlorophyllia
9. Atropos



             



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