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COWARDS - Still (2016)
Par ISAACRUDER le 3 Janvier 2017          Consultée 791 fois

La crasse de Paris est devenue tellement suintante que se promener dans ses rues donne automatiquement envie de mourir par le gras. A l'époque des décadentistes type Baudelaire, le premier vrai bobo du monde moderne français, Paris semblait déjà cette ville où le vice et la laideur s'accouplaient dans la même extase pécheresse. Passer plus de trois jours dans ses bras me transforme en démon de la déprime, ou pire, en Yann Barthès rachitique et auto-suffisant. De quoi avoir envie de sauter la tête la première depuis un monument, et de recouvrir le pavé d'un peu de vie, comme sur l'artwork de "Still", le nouvel EP de COWARDS, représentant atypique de cette disgrâce.

La France a peur dirait l'autre, mais il y avait KICKBACK pour symboliser la Haine. Disparus, emportés par leur violence et leurs articulations des jambes ravagées par les high kicks, ils ont laissé derrière eux un héritage dont COWARDS se repaît depuis plusieurs années, avec une discographie en dents de scie, leur dernier album relevant le niveau, car assumant une part de gratuité dans la violence et de je-m'en-foutisme dans le riff cradingue et bas du front. "Still" continue sur cette voie, en poussant davantage l'atmosphère sale, les dissonances et les longues parties macabres en ode à la Ville Lumière devenue Ville Ténèbres.

Je ne sais pas si vous connaissez le Syndrome de Paris, mais je vous conseille d'aller jeter un œil à ce mal touristique qui frappe les wagons de japonais et les bus d'américains venus se délecter du Paris version années folles, et qui rentrent chez eux avec le vocabulaire étendu du mot "déliquescence". Il y en a même qui se font hospitaliser merde ! J'en crève de rire ! Le simple fait que cette ville produise un symptôme décevant en dit long sur son état lamentable. Paris est la Loana du monde moderne : une jeune pétasse bien foutue mais salope en son temps, devenue une éponge à déprime et un terrain de Big Mac et kebabs. De quoi filer le bourdon au plus aveuglé des députés PS. Bref, le fait que j'épilogue pendant mille ans sur Paris outragé, Paris non libéré indique bien ce que dégage la musique de COWARDS : un concentré de rage, de violence, de décadence et de street hargne.

Bien sûr c'est souvent très débile, comme "Let Go", entièrement basée sur des riffs Hardcore censés lancer des mosh parts chez tous les fans en polo. Mais couplé à ce chant cradingue totalement pompé sur KICKBACK le moindre titre basique sonne comme un appel au pied bouche. Ce morceau ne représente cependant pas "Still", qui fait montre de davantage d'avancées dans la construction d'une ambiance délétère. L'étonnante "One Night In Any City", notamment, avec son ambiance narrative à la Bret Easton Ellis, apporte énormément de fraîcheur à la musique du groupe, en instaurant un climat malsain, étrangement groovy et mystérieux, au cœur d'un EP qui place définitivement la ville tentaculaire de Verhaeren en mal moderne, la jeunesse gavée de pilules aliénantes, le temps d'une soirée-oubli, avant la rechute dans le quotidien monotone. De même, on notera "You Belong To Me", reprise démoniaque de "Every Breath You Take" de THE POLICE (no shit), DOOM et sale, autre transformation d'un classique de la beauté en monstre noir.

La plupart du temps cependant COWARDS restera classique. Le titre éponyme est un mélange entre l'agressivité Hardcore des parisiens et les dissonances/larsens traditionnels du Powerviolence. De même "Like Us" fait vibrer la corde du Black Metal, avec ses blasts et ses riffs lointains, perdus comme des cris de femmes agressées dans l'opacité d'un Paris pollué. Le tout est classique pour du COWARDS, mais toujours efficace, et on retiendra surtout "One Night In Any City", originalité qui se doit de devenir le terrain d'exploration privilégié pour un futur album, afin que COWARDS continue d'emplir la scène de sa moribonde vision de la société urbaine.

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   ISAACRUDER

 
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- J. H. (chant)
- C. L. (batterie)
- G. T. (basse)
- T. A. (guitare)
- A. L. (guitare)


1. Still (paris Most Nothing)
2. Let Go
3. Like Us
4. You Belong To Me
5. One Night In Any City



             



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