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AENAON - Hypnosophy (2016)
Par MEFISTO le 19 Décembre 2016          Consultée 3715 fois

Quel beau cadeau de Noël que voilà ! Le troisième album d'un des leaders de la scène Black Prog, AENAON ! Les Grecs ont provoqué une telle onde de choc avec "Extance" en 2014 que cet "Hypnosophy" déclenchait les passions avant même une seule écoute d'un extrait…

Commençons par les évidences :

-Les comparaisons entre "Hypnosophy" et "Extance" seront légion dans cette chronique. Ces deux poids lourds s'affrontent dans une lutte à finir, tels deux boxeurs concourant pour la ceinture du champion du monde.

-Il est vrai que dans la forme, "Hypnosophy" en décevra quelques-uns ; il ne contient pas autant de viande qu"Extance", qui était mieux construit, plus équilibré, avec ses dix minutes de plus, ses guests et ses interludes. Les autres amateurs salueront cette cure minceur fort profitable.

-Les adeptes de chant clair se régaleront du retour du chant féminin et de l'arrivée du chant clair de Giorgos Papagiannakis, qui amène une autre dimension dans ce maelstrom progressif. Il est vrai qu'"Extance" offrait un plus grand lot de surprises vocales, mais le boulot abattu par Papagiannakis permet une homogénéité dans la qualité sur "Hypnosophy". Les refrains sont notamment saisissants !

Donc… que retient-on d'"Extance" qui nous mette sur la piste d'une réelle compréhension artistique du style d'AENAON ? Une forte propension à la musique progressive avec ces structures changeantes et ahurissantes, une personnalité abrasive se montrant sous les assauts Black et des riffs accrocheurs, un amour des atmosphères délurées et jazzy, une recherche de profondeur au niveau des orchestrations et des percussions organiques, ainsi qu'une dualité au chant qui se colle parfaitement aux compositions tantôt débauchées, tantôt expérimentales ou brutales des Grecs.

Ceci étant rappelé, dès qu'on a parcouru et analysé "Hypnosophy" sous toutes les coutures, il est clair qu'on a droit à un album très différent d'"Extance". Pas de là à confronter des pommes et des oranges, mais disons que les deux pommes ne sont pas de la même couleur ! "Extance" s'avère, avec deux ans de recul, un disque assez obscur et hargneux, avec ses compos complexes et accrocheuses. "Hypnosophy", lui, s'avère alambiqué tout en étant plus accessible, classique, bien qu'aussi atmosphérique et basé sur le combo jazz/grosses guitares. AENAON s'amuse davantage on dirait, mise énormément sur ses mélodies et refrains puissants, ainsi que sur une kyrielle d'instrus et de percussions qui injectent des teintes tribales et charnelles évidentes à un cocktail multicolore.

Si on arpente platoniquement les deux champs de bataille (je vous avais dit que cette chronique ne serait que comparatifs), on retrouve les mêmes guerriers, sous des atours différents. "Extance" proposait quelques brulots pour contenter les amateurs de Black Mélo bigarré et c'est par "Deathrip Chronicle", "Grau Diva", "Der Mute Tod" et "Closer To Scaffold" que la mort s'est pointée. Sur "Hypnosophy", cette transe intervient sous les coups sournois du brillant trio formé de la pétillante "Oneirodynia" (rarement ais-je entendu plus entraînante première pièce), de la monstrueuse et ambitieuse "Fire Walk With Me" et de la très James Bondiesque "Earth Tomb" (putain, ce refrain !!!). "Tunnel", avec son refrain chanté en français et son sax hors de contrôle, nous fout une de ses baffes ! Y'a aussi "Void", sorte de pièce à contre-courant de style jazzy extrême rappelant la mémorable "Funeral Blues" sur "Extance". Du grand art, soutenu par une ambiance à couper au couteau, qui nous cloue au plancher. Et que dire, eh oui encore, du refrain qui déboule de nulle part. Juste wow… Ensuite, nous avons droit à une autre longue clôture, "Phronesis – Psychologic", qui, sans déplanter "Palindrome", gave les palais les plus détestables sur 15 minutes, dont les trois premières testeront votre patience. Si vous passez cette insignifiante étape, vous êtes vaincu. J'ai eu énormément de misère à décortiquer ce morceau-fleuve, qui, finalement, est d'une telle simplicité ! J'adore notamment les dernières minutes, qui nous laissent sur des notes épiques empreintes d'espoir style "à la prochaine".

Certes, les Grecs se targuent d'explorer les confins de l'âme humaine et de la Terre nourricière sur "Hypnosophy" – SEPTICFLESH n'est pas le seul Hellène à bosser dur sur son lyric concept – mais ce qu'on ressent en premier lieu est l'impression de participer à une grande fiesta. "Extance" nous clouait sur place avec ses créations plutôt sérieuses et panachées, alors que sur "Hypnosophy", on nage en plein océan aux courants familiers et on fête comme des bêtes, la nuit tombée, sur la plage au sable chaud et réconfortant. Sauf qu'il ne faut pas oublier la symbolique de la pochette, très forte symbolique, à laquelle plusieurs accrocheront pour X raison.

AENAON a accouché, en l'espace de quelques années, de deux albums absolument déments, complets, dont l'influence devrait chambouler la planète métallique. L'an 2017 est à nos portes, mes chers amis, et la création à l'état pur, avec tout ce que cela entraîne comme pression, est obligée de prendre un virage plus intense que jamais. Des groupes comme AENAON en sont les responsables. L'humain est ainsi fait : il repousse les frontières par orgueil et fierté, comme si c'était de l'oxygène.

Alors, pour conclure et revenir au propos initial de cette chro, "Extance" et "Hypnosophy" sont comme deux frères rebelles nés avec d'incroyables talents et qui en font profiter la planète avec des arsenaux distincts et pourtant tellement complémentaires.

Un autre grand cru pour les Grecs, un disque majeur dans une année et une époque marquées par de splendides créations. AENAON, avec son âme progressive à l'aplomb percutant, sort la tête de l'eau un peu plus que les autres et respire suffisamment pour non seulement nous insuffler une envie sauvage de vivre, mais pour nous prouver que nous sommes loin de la fin des haricots.

Podium (or) "Earth Tomb", (argent) "Fire Walk With Me", (bronze) "Oneirodynia".

Ne vous fiez pas à ce podium, toutes les pièces sont dévorables ! Un autre sérieux prétendant à la couronne pour 2016 !

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- Astrous (chant)
- Achilleas C. (guitare, basse, synthé)
- Nycriz (batterie, percussion, saz, bouzouki, cithare, oud)
- Anax (guitare)
- Orestis (saxophone)


1. Oneirodynia
2. Fire Walk With Me
3. Earth Tomb
4. Void
5. Tunnel
6. Thus Ocean Swells
7. Phronesis - Psychologic



             



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