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- Style + Membre : Lacrimosa

SNAKESKIN - Canta'tronic (2006)
Par DARK BEAGLE le 24 Novembre 2016          Consultée 1044 fois

Deux ans après un premier album très proche de LACRIMOSA dans le fond, nettement moins sur la forme, SNAKESKIN, ou plutôt Tilo Wolff, revient avec un second opus pour SNAKESKIN, son projet Electro. Un album à la fois proche et très différent de son prédécesseur, qui dévoile une nouvelle facette de son géniteur. Non, SNAKESKIN ne va se teinter de Metal, il ne va pas devenir une machine de guerre où la guitare va donner une réponse aux machines. Il s’agit toujours d’un Electro des familles, avec une facette Gothique assez prononcée, qui ne plaira certainement pas à tout le monde, ce dont est parfaitement conscient Tilo Wolff.

Pour lui, SNAKESKIN est un moyen d’exprimer musicalement ce qu’il ne peut pas faire avec LACRIMOSA. Une façon d’évacuer une certaine forme de frustration en quelque sorte. "Music For The Lost" puisait, flirtait souvent avec des idées proches du Metal, mais l’auteur se contentait de s’en inspirer pour rendre son Electro soit plus brutale, soit plus introspective. Le spectre de LACRIMOSA n’était jamais bien loin et c’est au final parfaitement logique. Wolff vivait depuis une quinzaine d’années avec cet enfant devenu monstrueux et si le break devenait nécessaire, la cassure n’était pas nette.

"Canta’Tronic" est différent dans son approche. Déjà, Wolff fait appelle à Kerstin Doelle, une chanteuse d’opéra Allemande. Chez LACRIMOSA, on trouve du chant féminin, certes, mais il est rarement mis très en avant, cela concerne souvent un titre ou deux ainsi que quelques interventions. Et la voix de Anne Nurmi se veut assez fluette. Kerstin Doelle, elle, ne fera pas les choses à moitié. Elle ne se bride pas au niveau de la puissance vocale et Tilo Wolff va lui offrir aussi bien des titres rapides que des morceaux plus posés, où elle pourra se laisser aller à l’émotion.

Aussi, "Etterna" et "Bite Me" sont des brûlots Electro qui ne font pas dans la dentelle. Wolff s’accorde quelques lignes de chant, où se voix sera trafiquée au plaisir, avant de s’effacer au profit de Kerstin. Finalement, on n’est pas très loin d’un NIGHTWISH qui n’aurait pas choisi l’option Metal Symphonique, il peut y avoir un petit côté surfait dans tout cela qui peut s’avérer agaçant, surtout quand on n’aime pas ce genre de voix. Puis il y a ces passages plus planants, où le chant se fait plus caressant, sans pour autant oublier de monter crescendo en puissance ("La Force", "Recall II").

Mais Tilo Wolff se réserve aussi de la place pour lui-même. Il va interpréter une bonne partie des compositions lui-même, où il trouvera toujours le moyen de s’amuser, comme sur "Mortal Life", par exemple, où il va dupliquer sa voix à l’excès pour donner l’impression que des moines viennent faire un chant Grégorien sur une base bien technoïde. Il sait également se faire plus léger, à l’instar de "Tourniquet", un peu plus folle dans l’idée et l’interprétation.

En revanche, même s’il essaye tout du long de s’affranchir du style LACRIMOSA, il finit toujours par retomber dans ce travers. "Still Not Home", "The Eternal" et "Stonecoldhands" voient la silhouette du Pierrot se dessiner. Arrangés différemment, avec de véritables instruments, ces morceaux se glisseraient sans mal sur "Lichtgestalt" ou "Sehnsucht", tant ils transpirent le LACRIMOSA de cette période par tous les pores. Ce n’est pas rédhibitoire en soi, les morceaux sont même plutôt bon (surtout "Stonecoldhands" et "The Eternal", qui dégagent une noirceur assez flippante), mais cela souligne les difficultés de Wolff de s’écarter pleinement du son LACRIMOSA.

Mais contrairement à "Music For The Lost", "Canta’Tronic" se veut plus équilibré, on n’a pas cette impression de montagne russe musicale, même si au final on a l’impression qu’il manque un ou deux titres plus marquants, plus originaux, pour pleinement se montrer satisfaisant. Peut-être qu’il aurait fallu utiliser la participation de Kerstin Doelle de façon plus intelligente, la faire interagir différemment avec les morceaux qui lui sont consacrés et organiser un vrai dialogue entre Wolff et elle pour que cela sonne moins téléphoné que sur "Bite Me" qui s’en sort grâce à son énergie. Oui, c’est ça, il manque un peu de magie à l’ensemble.

"Canta’Tronic" est intéressant. Plus abouti dans la forme cette fois-ci que dans le fond, il marque une tentative d’évolution de la part de Tilo Wolff, à qui ce genre d’exercice fait un bien fou. Cela lui permet d’exprimer des idées, de travailler des sons qu’il n’ose pour l’instant pas associer à LACRIMOSA alors que SNAKESKIN montre clairement que l’entité LACRIMOSA pourrait très bien supporter quelques intrusions Electro. Et c’est peut-être pour cela qu’il faudra attendre dix ans pour qu’un nouvel album de SNAKESKIN ne voie le jour ?

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   DARK BEAGLE

 
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- Tilo Wolff (quasiment tout)
- Kerstin Doelle (chant)


1. Etterna
2. Stonecoldhands
3. Bite Me
4. La Force
5. Mortal Life
6. Still Not Home
7. The Eternal
8. Manora
9. Tourniquet
10. Recall Ii



             



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