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BACKYARD BABIES - Four By Four (2015)
Par CANARD WC le 21 Décembre 2015          Consultée 3626 fois

A force d’écouter du Metal qui braille, qui défouraille, voire qui tournicote trois fois autour de son riff avant de se décider à nous clouer au sol, on en oublie (un peu) pourquoi on a tous été fan un jour d’AC/DC et consorts. Pour cette énergie si pure, cette simplicité électrique qui nous ravit, nous rassemble et nous rappelle qu’avant de hurler à la mort on a surtout besoin de secouer la tête en se sentant bien dans ses pompes. Parce qu’en termes d’immédiateté, de perfection basique, suffit de quelques notes d’un "Hell Bells" pour savoir pourquoi on aime le Hard Rock, un bon riff de n’importe quel tube de Maiden pour se souvenir des belles choses qui font notre musique.

En ce sens, ce "Four By Four" des BACKYARDS BABIES (BB) fait office de « rappel à l’ordre » de ce que devrait toujours être le Hard Rock, même en 2015. Car c’est là que contextuellement le bât blesse, ce « Hard à l’ancienne » n’existe pratiquement plus au sein de notre scène musicale, il est devenu en quelque sorte le parent pauvre qu’on n’écoute plus beaucoup comme une vielle tante à qui on envoie des marrons glacés à Noël. Et c’est pas avec un album de TESLA ou de DAD tous les morts de pape que le genre va se refaire. Les « grands » du Hard (Led Zep, DP, AC/DC et AEROSMITH) ont déjà tout donné il y a vingt ans, ils ont forcément décliné, grisonné pour progressivement laissé à la place à des successeurs toujours plus bruyants. Pourtant, la « base », c’est ce bon vieux Hard Rock bon pied bon œil, veste en cuir et cheveux longs pas règlementaire. Tous les grands vieux groupes de Hard portent en eux quasiment tous les codes, l’ADN de ce que nous écoutons aujourd’hui. Cette version 1.0 du Metal actuel mérite qu’on ne l’oublie pas, qu’on la respecte et qu’on y revienne avec un brin de respect. Baissez donc un peu les yeux quand je vous parle.

Donc BB a décidé de boxer dans cette catégorie « hors du coup ». Le groupe s’entête depuis les nineties à faire du Hard 80 énergique, mâtiné de Punk parce que ça leur va bien au teint. Un bon riff, du sens de la composition et de l’interprétation à tous les étages. Point barre. On en avait presque oublié la recette pleine de bon sens. Suffisait juste d’avoir assez de matériel de A à Z pour boucler un album (tout le problème des productions actuelles). A ce titre, "Four By Four" fait neuf fois bien le boulot. Pas plus, pas moins. Aucun déchet, du peaufinage, zéro superflu et une belle diversité. De l’intro qui décoiffe ("Th1rt3en") en passant par la ballade zestée d’émotion mais sans guimauve ("Bloody Tears") jusqu’au final désarmant ("Walls")… BB fait un grand tour de la question, ne se plante jamais, trouve la clé à chaque fois et impose son album comme une évidence de l’année 2015. Grande réussite du millésime, ouais. Je vous donne l’info au mois de décembre, je fais ce que je peux.

La raison, le secret, tient dans le dosage de tout. "Four By Four" est un miracle d’équilibre entre le savoir-faire, les bonnes idées et le parfait timing. Ordre et durée des titres impeccables. Changez un iota de cette recette, c’aurait été moins bon. Derrière cette apparente simplicité, il y a de la logique, du bon sens et du boulot. Rien n’a été laissé au hasard. Même les enchainements entre morceaux sont judicieusement choisis, on passe de l’entrainant léger ("Never Finish Anything") au mid tempo ronronnant ("Mirrors"), du pêchu à l’émotion, de la douceur à l’électricité franche et ainsi de suite. Comme si la juste combinaison de ce bon ordre des choses ne suffisait pas, BB a bossé, s’est montré inspiré de bout en bout. Chaque titre trouve son air, son riff qui va bien, le solo pile poil et toujours cette envie quasi palpable de faire de "Four" un album régalade, une gourmandise Hard aussi savoureuse qu’elle est condamnée par les temps qui courent à passer inaperçu.

Arrivé au neuvième titre, alors que l’évidence a été formulée dans votre tronche depuis le premier titre, que les réfractaires sont prêts à céder, BB a le génie (j’ose) de tirer sa révérence avec "Walls". Le mur d’enceinte imprenable qui entoure l’album. Ça commence comme un Hard Folk Country… pour virer Heavy Stoner. BB "metallise" pour l’unique fois son propos sur les dernières minutes de l’album comme un pied de nez, comme pour rappeler que leur Hard Rock est un choix, leur choix. Et tandis que le riff Heavy recouvre les débats de sa chape de plomb, alors qu’on pensait avoir tout entendu… à deux minutes de la fin… BB passe du Stoner au Doom Old School (façon CANDELMASS). Lourd, épais, inquiétant, d’une beauté grondante : "Walls" se pare des couleurs contraires au moment où vous pensiez que "Four by Four" était presque pareil du début à la fin.

Histoire de vous surprendre une toute dernière fois.
Avec du Hard Rock.
En 2015.
Non, vous ne rêvez pas.


Note : 4/5 (bien tassé).


Morceau préféré : "Walls".
Ça fait du bien par où ça passe : "Th1rt3en".

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   CANARD WC

 
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- Nicke Borg (chant/guitare)
- Dregen (guitare lead)
- Johan Blomqvist (basse)
- Peder Carlsson (batterie)


1. Th1rt3en Or Nothing
2. I'm On My Way To Save Your Rock 'n' Roll
3. White Light District
4. Bloody Tears
5. Piracy
6. Never Finish Anything
7. Mirrors (shall Be Broken)
8. Wasted Years
9. Walls



             



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