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SVARTIDAUƉI - Flesh Cathedral (2012)
Par ZODD le 4 Mars 2013          Consultée 6478 fois

Je pense ne pas avoir été le seul à remarquer, lors de leur performance commune à Bruxelles, que MGŁA et SVARTIDAUƉI affichaient tous deux une esthétique similaire (pour ne pas dire identique). Les deux groupes prirent l'intéressant parti de laisser le corpse paint traditionnel au vestiaire au profit d'un efficace combo "cagoule de bourreau, pull à capuche et perfecto de cuir". Il est facile d'imaginer dans quinze ans les futurs fans de Black Metal perdre leur temps à débattre l'origine de ce nouveau style comme beaucoup l'ont fait à propos du maquillage macabre. Mais l'importance n'est pas de savoir qui fut le premier (paraît que c'est MGŁA...) mais plutôt de noter que la mutation récente du Black Metal s'est maintenant étendue, chose très rare, jusque dans ses codes vestimentaires. Voilà des années maintenant que les blackeux font leur shopping d'hiver dans les mêmes boutiques, situées à VENOM street ou sur le MAYHEM boulevard. Mais soudainement deux des meilleurs groupes du moment décident de nier les règles sacrées de l'allure de cadavre pour une esthétique nouvelle, définitivement plus mystérieuse et totalement en accord avec leur musique. Faut-il en conclure que le corpse paint est désormais dépassé ? Peut-être pas, mais on ne peut ignorer l'évidence qui dit que si un groupe de Black Metal aspire au renouvellement, il se doit de l'opérer à tous les niveaux, de sa musique à son visuel (le Black Metal ayant toujours requis une forte cohérence entre ses éléments principaux). Ainsi SVARTIDAUƉI, Islandais d'origine, représente dans le monde du Black Metal quelque chose de nouveau, tant sa musique se veut rafraîchissante et ses influences imperceptibles, et "Flesh Cathedral", son premier album après dix ans d'existence, est une œuvre dévastatrice ne possédant à ma connaissance aucune équivalence dans le monde de l'extrême.

Faute de groupes à lui comparer, tentons de caractériser "Flesh Cathedral". Une forme inhabituelle d'abord : 4 morceaux pour 58 minutes, formant un tout immuable ("Sterile Seed" représentant la parfaite introduction et "Psychoactive Sacraments" un final sans pareil) ; une écriture musicale foncièrement étouffante, que l'on rapprochera au psychédélisme faute de mieux ; ajoutez à cela une complémentarité basse-guitare simplement unique : les premières minutes de l'album suffisent pour se rendre compte du grand travail sur les motifs de guitare ; et pour terminer cette voix si atypique, qui dérangera très vite les puristes, plus proches du growl que des habituelles vocalises Black auxquelles nous sommes habitués (encore une fois, SVARTIDAUƉI surprend). Pour faire plus simple : les quatre incantations de "Flesh Cathedral" sont véritablement abyssales. Mais est-ce si simple ? "Abyssal" se rapporte aux abysses, et ces fameux abysses qui les a vus ? Personne ! Mais le caractère immersif de la musique de SVARTIDAUƉI est tel qu'un sentiment de noyade et d'enfoncement se manifeste à chaque nouvelle note propulsée, à chaque nouveau break ou changement de rythme (aussi nombreux soient-ils). Dans des instants plus sensibles, le groupe profite de cette claustrophobie ambiante pour envoyer à l’auditeur somnambule, lors de ses rares moments de répit, un flux nouveau de désespoir ou de triste délicatesse, bouleversant nos pauvres âmes sur un terrain où la beauté est la dernière chose que nous aurions cru croiser (je pense au final bouleversant ou au calme break du premier titre) ! SVARTIDAUƉI prend donc un génial plaisir à nous balader d'un bout à l'autre de la corde raide, frappant toujours là où ça fait mal de mille et une façon.

Sorte d'apocalypse personnelle, "Flesh Cathedral" fait se croiser les thèmes de l'addiction et du cosmos, transformant le mal-être intime en une plaie beaucoup plus universelle. À ce titre, le groupe continue d'une certaine façon la démarche de "Sorrow Galaxies" où MÜTIILATION, après l'avoir poussée à son sommet, tentait de redéfinir la souffrance. Si on peut en effet établir quelques parallèles troublant entre les deux albums (les quatre longues pistes, les thèmes centraux, les parties vocales torturées du dernier morceau très "Meyna'chiennes"), ce premier méfait de SVARTIDAUƉI est indéniablement plus accompli et plus abouti, tant dans la démarche conceptuelle que musicale, se targuant une audace et une fraîcheur à laquelle MÜTIILATION, vieux et fatigué, ne rêvait même plus. À ce titre, il est important de préciser que "Flesh Cathedral" est un album que l'on subit et à ne pas écouter à la légère, comme on se passerait le dernier NIFELHEIM en voiture, sous peine d'être inévitablement déçu. L'édifice moisi que SVARTIDAUƉI construit tout au long de cette pièce morbide en quatre actes, à coups de tourbillons de guitares délirantes, de vocalises growl empoisonnées et d'ambiances suffocantes, est impénétrable sans un minimum de consentement de la part de l’auditeur. Mais je vous prie de me croire, vous ne regretterez pas le léger effort d'attention nécessaire à votre emprisonnement dans l'univers si intense de ces pionniers du Black nouveau.

"Flesh Cathedral" représente en somme un des albums de Black les plus actuels du moment, et se dévoilera à vous un peu plus à chaque écoute. D'une complexité et d'une diversité rare, cette galette noire a l'audace de redéfinir toute les normes (quel horrible mot !) de la musique extrême pour proposer un univers aussi personnel qu'original, tout en gardant une intégrité et une accessibilité certaine. Car s'il offre une musique et un univers terriblement malades, SVARTIDAUƉI, affaiblissant encore une fois ma comparaison avec MÜTIILATION, n'a rien de l'artiste Black dépressif maudit et misanthrope. Le quartette, malgré une situation géographique difficile, tourne intensément et représente une expérience live bluffante, toujours plus emprunt à convertir de nouvelles âmes à sa maudite religion (cette conversion passant inévitablement par le rituel live). On salue comme annoncé précédemment la cohérence de l'ensemble, se manifestant des photos promotionnelles du groupe à leur musique, en passant par une pochette remplie de symboles. Le seul élément à faire défaut à cette dynamique de renouvellements est la production, dense comme rideau de fer, à laquelle on aurait peut-être souhaité un peu plus de variations (mais cette reproche n'est pas objective, la musique rendant tout de même très bien à travers cette production renfermée).
"Flesh Cathedral" ou la preuve en une heure que le Black Metal a encore quelque chose à dire, un nouveau pilier du genre pour une nouvelle esthétique qui ne tardera à empester le monde de l'extrême. Les conservateurs, une fois de plus, auront tort de s'en priver.

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   (3 chroniques)



- Magnús (batterie)
- Þórir Guitares)
- Nökkvi (guitares)
- Sturla Viðar (chant, basse)


1. Sterile Seeds
2. The Perpetual Nothing
3. Flesh Cathedral
4. Psychoactive Sacraments



             



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