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- Style : MartrÖÐ [martrÖd], Sinmara, Carpe Noctem, Schammasch

DEATHSPELL OMEGA - Fas - Ite, Maledicti, In Ignem Aeternum (2007)
Par POSITRON le 27 Avril 2017          Consultée 587 fois

J'ai longtemps cru que "Fas" était le moins bon DEATHSPELL post-"Si Monumentum". Aujourd'hui je ne le crois plus. Je peux en revanche dire qu'il s'agit de son album le plus ardu, le plus indéchiffrable, le plus difficile et c'est bien la principale critique qu'on puisse lui faire.

DEATHSPELL OMEGA abandonne ici ses volontés presque puériles d’offuscation par le son étouffé et raw pour sublimer les parties les plus pointues de SMRC et Kenôse. C'est une véritable révolution de son style via des harmonies qui deviendront vite caractéristiques, un layering dense et un jeu de guitare abscons et tortueux, riche en bends et coups de vibrato flous et grinçants pour aller chercher le quart de ton quand ce n'est pas carrément la fausseté de la note – seul réel point commun avec le free jazz dont on nous rebat les oreilles dès qu'il s'agit de faire de la musique chaotique(*). DEATHSPELL OMEGA a sans doute plus de points communs avec la musique contemporaine et la "new complexity" (**) tant on pourrait mettre en parallèle les démarches pendant quelques minutes avant de s'arrêter parce qu'en fait on s'en fout.

Pourtant DEATHSPELL OMEGA ne part pas de délires avant-gardistes insondables : le quart de ton, la seconde mineure, les accords suspendus, harmoniser une mélodie avec une corde à vide, les arpèges dissonants, l'atonalité tout cela n'est pas nouveau dans le Black Metal. Quant au travail rythmique : en 2007 le Mathcore avec lequel on peut tirer un parallèle (flagrant sur le final de "The Repellent Scars...") existe et propose déjà pire. Ou mieux. Enfin voilà. Sauf qu'évidemment, DEATHSPELL OMEGA agence ses parties avec un labyrinthisme malin, une force d'évocation palpable et une brutalité bien rentre-dedans.

Ayant bien écouté son GORGUTS qui s'en inspirera à son tour dans un échange musical émouvant, DEATHSPELL OMEGA décompose et redéfinit son genre par ses propres armes. Empilant et détruisant les couches de guitares, DEATHSPELL OMEGA en vient à parfois effacer complètement la fondation rock/metal de sa musique comme sur le magnifique final texturé de "The Shrine Of Mad Laughter".

"Fas – Ite, Maledicti, In Ignem Aeternum" est un tournant décisif et irréversible dans la carrière de DEATHSPELL OMEGA, une seconde pierre d'angle pour tout une vague de ce qu'il aurait fallu appeler post-black metal si le terme n'était pas déjà pris. Si j'ai pu penser qu'il représentait pour DEATHSPELL OMEGA non pas un mauvais album mais simplement une baisse de qualité ou une relative indignité il est désormais manifeste que la seule baisse de qualité était celle de mon écoute, et que la seule indignité résidait en moi. Notez dans cette dernière phrase l'usage de l'imparfait qui témoigne le caractère passé et révolu de la chose, ainsi que la note témoigne d'un attachement et d'une passion, note dont j'envisage de plus en plus la correction vers une gratification plus élevée qui, elle, témoignerait de l'excellence.
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(*) Parfois à raison : voyez ENCENATHRAKH.
(**) En gros de la musique contemporaine complexe, technique et tortueuse. Allez sur Wikipédia tout ça j'y connais rien.

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   (2 chroniques)



- Hasjarl (guitares)
- Mikko Aspa (chant)
- Khaos (basse)


1. Obombration
2. The Shrine Of Mad Laughter
3. Bread Of Bitterness
4. The Repellent Scars Of Abandon And Election
5. A Chore For The Lost
6. Obombration



             



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