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GATES OF PARIS - Gates Of Paris (2018)
Par METAL le 19 Mars 2019          Consultée 661 fois

De toutes évidences, Remi "Remch" Carrayrou aime voir les choses en grand. Non seulement son dernier album en date avec KERION (le deuxième volet de la saga des "CloudRiders") nous proposait un Power Metal Symphonique des plus ambitieux, mais il se paye également le luxe de tâter de l'Opéra Metal avec sa nouvelle création GATES OF PARIS. Si on peut saluer ici l'audace, l'opération se montre toutefois assez casse-gueule et même si ça ne vire pas pour autant au grand-guignolesque, je trouve le résultat mitigé.

Déjà le choix du Raphael Dantas au chant ne me convainc guère... Autant sa participation guest sur KERION ainsi que les rares morceaux que j'ai pu écouter de sa formation EGO ABSENCE ne m'incitaient pas à être trop pessimiste (à défaut d'être optimiste). Autant sur un Opéra Rock/Metal où l'on se doit de posséder une palette technique et émotionnelle plus importante que sur du Power Metal, je suis presque désappointé. Il faut dire que j'ai du mal à le cataloguer, tant le bonhomme ressemble à un mixe sans charisme d'un Kai Hansen en version non-fumeur (côté intonations) mais avec une tessiture proche d'un André Matos au léger accent franglais chelou. Car oui, fait cocasse, le Brésilien parvient à plusieurs occasion et de façon non intentionnelle, à nous donner l'impression d'entendre un Français qui chante en anglais (*) (sur "Temple Of Swing" par exemple). Et sur un album à la gloire de Paris et ses lieux mythiques, ça frôle le génie.

Car tel est le concept de ce "Cabaret", un hommage à la ville Lumière tout autant qu'une invitation à se plonger dans son histoire et ses nombreux mystères. Au cours des neuf saynètes qui composent ce "Cabaret" (intro et outro, sans intérêt, exclues) Remch nous emmène tour à tour en des lieux emplis de secret et d'ésotérisme tels que le Moulin Rouge, la Cathédrale Notre-Dame ou bien encore les obscures Catacombes. Mais ce n'est pas tout, il nous plonge également dans un voyage plus spirituel en abordant le thème de "l'Inconnue de Paris", de la "Cour Des Miracles" ou en nous parlant du roman "Les Mystères De Paris" d'Eugène Sue (paru à la fin du XIXème siècle), pour faire de ce projet un parcours aussi bien culturel que musical. Et c'est bien là mon problème avec ce disque, malgré sa grande qualité, sa production au p'tis oignons et surtout son originalité (quoique, on y reviendra très vite), je n'en retiens surtout que ses thèmes plutôt que de réellement m'intéresser à l'essentiel : la musique.

Il faut reconnaître que j'ai rapidement pris cet album en grippe et ce, de façon parfaitement injuste. La faute en incombe à une première écoute désastreuse où je me suis mis bêtement à recenser tous les défauts que j'arrivais à déceler. Tout a débuté dès "The Cabaret" où j'ai ressenti un malaise de part des "multi-pistes" au niveau du chant. Car soit Dantas possède une technique respiratoire vachement novatrice, soit il y a de nombreuses prises vocales mises bout à bout. Certes le résultat est bon mais il détonne à l'oreille… Ça me rappelle un peu le "HDR" en photographie, une technique qui permet de donner l'illusion d'une multitude de sources d'éclairages, donnant ainsi aux photos en extérieurs un résultat artistique bluffant mais enlevant le naturel au passage (à part pour un habitant de Tatooine, planète éclairée par deux soleils, mais bon on s'éloigne encore plus du sujet, hein ?). Du coup, pour en revenir à Raphael Dantas, de nombreuses phrases se succèdent sans respiration et provoquent chez moi un léger sentiment de malaise de par une certaine irréalité. Évidemment c'est du pinaillage, mais malheureusement la suite sera une succession de clichés dont je vous épargnerai ici une liste exhaustive…

… Quoi que non, c'est trop tentant ! Parlons de "The Cabaret" qui utilise la célèbre mélodie "cancan" d'OFFENBACH (plus cliché, tu meurs) ainsi que des accordéons en version bal musette, de "Court Of Miracles", qui nous offre le célèbre passage "Toréador" de "Carmen" pour être raccord avec ses très bons passages de Flamenco (car Flamenco = Espagne = Corrida = Toréador = Carmen = BIZET = France = Paris… M'enfin voilà quoi). Et puis "House Of Kings" comporte évidemment des guitares NéoclassiqueS et du clavecin à tire-larigot, "Temple Of Swing" son extrait de "J'ai deux Amours" (Joséphine BAKER, pour ceux qui dorment) et "Ghost Of The Seine" nous sert "La Vie En Rose" de PIAF en version orgue de barbarie… Je ne vais pas tous vous les citer mais je finirai cette liste de façon plus personnelle avec un autre cliché qui m'a toujours agacé : l'usage trop fréquent de l'accroche "Welcome to…" dès qu'on parle d'un lieu étrange, barré, voire carrément baroque. On y a droit pour "The Cabaret" et "Catacombs" même si j'avoue que j'aurais mis une petite piécette sur son utilisation lors de "Napoleon's Circus Show" et qu'en fait, non… Même pas foutu d'être cohérent sur leurs clichés, c'est agaçant..

Bref, à l'inverse d'HAKEN qui prend un malin plaisir à ne pas faire ce que l'on attend de lui, GATES OF PARIS nous offre, certes, un concept ultra original et de grande qualité. Mais il finit surtout par saborder sa magnifique œuvre et ses excellentes idées en allant systématiquement y incorporer les lieux communs et stéréotypes les plus téléphonés. En fin de compte, Remch nous présente donc un joli exposé sur le Paris du fin XIXème/début XXème siècle, réalisé par la classe de CM2 de madame Pichon (école Jules Ferry à Tizac-de-Curton). C'était donc sensé être épique mais au final c'est mignon et presque attendrissant.

Note : 3/5 (qui varie de 2/5 à 4/5 selon l'humeur).


(*) avis basé sur un apriori maxi-balèze et une mauvaise foi archi-assumée.

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- Raphael Dantas (chant)
- Remch Carrayrou (guitares)
- Damien Rainaud (batterie)
- Steph Papasergio (basse)


1. Wieniawski Caprice Op.181 Feat. F. Spinelli
2. The Cabaret
3. Court Of Miracles
4. The Dress Of Light Lady Feat. O. Lapauze
5. Catacombs
6. Ghost Of The Seine
7. Napoleon’s Circus Show Feat. Y. Mouhad
8. Temple Of Swing
9. House Of Kings (louvre) Feat. R. Carrayrou
10. Gargoyles’ Shadow Feat. S. Forté
11. Mysteries Of Paris
12. Wieniawski Caprice Op.182 Feat. F. Spinelli



             



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