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- Style : Rhapsody, Nocturnal Rites, Stratovarius, Insania, Sonata Arctica, Thy Majestie, Derdian

DRAGONLAND - Under The Grey Banner (2011)
Par BAST le 19 Février 2012          Consultée 3291 fois

Un truc parmi d’autres que les groupes de Power et de speed à la fois devraient garder à l’esprit : leurs fans commencent à se faire vieux et cinq années à patienter, ça suffit à faire basculer un jeune adulte fringuant et confiant dans ses formes tendues par la fermeté musculeuse dans l’atroce catégorie du trentenaire dégarni en haut et trop garni en bas.
Quand j’ai découvert "Astronomy", vous n’imaginez pas comment j’avais la vie à la bonne. Tout me réussissait, y avait pas un jour sans son triomphe. J’avais la sensation chaque matin qu’un trophée m’attendait quelque part et que, sans trop forcer mon talent, je le soulèverai. Amour, gloire et beauté ; ce n’était pas qu’une série pour retraités, il y avait avant tout dans ce titre une juste illustration de ma période pailletée d’or.

A présent, alors que DRAGONLAND rompt son silence de cinq longues années, tandis que "Under The Grey Banner" fait trembler la membrane fébrile de mon intra-auriculaire blanc, la vie me donne l’impression de vouloir se rembourser de tout ce qu’elle avait consenti à m’octroyer. Rien ne fonctionne plus comme avant. J’ai découvert la sueur, les courbatures, les insomnies et l’arthrose. La transition s’est installée si doucement que mon nouvel état ne m’avait encore jamais semblé si réel que maintenant. En faute, DRAGONLAND. Car moi le consciencieux qui me suis imposé de réécouter "Astronomy" dans le but de mettre en relief l’évolution souscrite par la formation suédoise, les images de ma dégradation progressive m’ont traitreusement assailli. La musique a ceci d’agréable ou de pernicieux qu’un thème ou une mélodie associée à des moments forts fait se retirer le voile opaque tendu par le temps. Et sous le voile, là, j’ai compris combien cinq années pouvaient peser sur la vie d’un homme.

Je juge l’attitude de DRAGONLAND proprement intolérable. Si bien qu’à l’instant (probablement le double effet de l’âge avancé) je l’ai mauvaise, du genre rancune scratchée à la doublure fourrée de ma mauvaise foi ; "Under The Grey Banner", je vais le saquer, le tailler façon julienne de légumes, l’écraser sous l’usure cornée de mon talon.

Et ça tombe bien puisque DRAGONLAND régresse (lui aussi).
On n’ira pas chercher des poux à Jonas Heidgert et son joli timbre collant toujours aussi bien à ce genre de compositions dont l’aspect épique se teinte de mélancolie. Ni à la production, aspect sur lequel les Suédois sont en constante amélioration, comme en témoigne l’introduction, "Ilmarion", sur laquelle les cuivres autant que les cordes voient leur crédibilité prendre du galon. Non, la traitrise vient de ce sens de la composition fortement émoussé.

Mais débutons par le commencement, ce sera plus simple.

Le commencement (on laissera de côté l’introduction) est le titre le plus percutant de "Under The Grey Banner". Il se nomme "Shadow Of The Mithril Mountains", évoquera Tolkien aux initiés et impose un refrain éclatant déposé sur un plateau par des couplets dont la montée en puissance laisserait sur place une Ferrari d’occasion. Avec ce titre, DRAGONLAND prend totalement possession de la scène (malgré une narration introductive assez navrante). La manière dont les chœurs soulèvent le refrain a quelque chose de particulièrement triomphant.
Puis il y a "The Tempest". Le titre déjà, est une usurpation : on évoque des bourrasques à faire se lever les vaches dans le ciel et DRAGONLAND traine ses lignes de chant comme un cancre le fait de ses pieds sur le chemin de l’école. Au point qu’on s’emmerde. Le pont pris en charge par un violon redonne un peu de couleurs à l’ensemble avant que Jonas Heidgert ne le prie de regagner son étui, lui qui entonne de nouveau ce refrain qu’un escargot cul-de-jatte jugerait lui-même bien lent.

On pense au faux pas, on se dit que les Suédois avaient tant tenu à placer douze titres sur "Under The Grey Banner" qu’ils se sont vus contraints de repêcher une face B, gauchement poussée en seconde position avec l’espoir que les auditeurs finiraient par l’oublier à la fin du disque. "A Thousand Towers White" puis "Fire And Brimstone" pourraient du reste accréditer cette hypothèse. Refrain plus percutant, couplets qui ne balancent pas la purée en un seul jet, orchestrations bien fichues ; DRAGONLAND se ressaisit, c’est vrai. Seulement, quelques écoutes successives montrent leur indélicatesse face au temps.

Un hit, un ratage et deux morceaux corrects, le bilan à mi-parcours n’a donc rien de folichon.

Le salut pourrait venir de "The Black Mare", titre qu’aurait pu composer FREEDOM CALL : le refrain fédère aussi promptement qu’un enterrement nord-coréen, à ceci près que s’ajoute ici une spontanéité sincère (je le soupçonne de s’être pris un arc-en-ciel dans la tronche tant il renvoie de couleurs). Peut-être aussi de "Lady Of Goldenwood" dont l’introduction, acoustique puis folklorique, pousse devant elle un titre surmonté d’orchestrations et de lignes de chant tout en douceur. Pas tout à fait une ballade, plutôt ce genre d’air que l’on exécuterait au coin du feu tandis que la nuit serait bien installée.

Deux bons titres de plus, le suspense est insoutenable. Pas pour longtemps.

"The Trial Of Mount Farnor" avec ses passages atmosphériques et son refrain gagnant en intensité donne aux premières écoutes l’impression d’un titre Speed mélodique entrainant, avant que la lassitude ne s’installe très rapidement. Puis "Under The Grey Banner", pièce épique de huit minutes, s’il propose de belles orchestrations et un pont black agréable échoue à prendre de la hauteur, lesté par un refrain rampant au point que l’équilibre général de ce titre s’avère bancal : des coutures très ouvragées et un rembourrage ridiculement maigre. Symptomatique, l’interlude opératique "Throne Of Bones", absolument superbe, qui montre une bien meilleure adresse de la part des Suédois sur ce type de passage que là où il faut mettre de la vitesse et de l’accroche.

Pas de doute, la seconde moitié de l’album ne rattrape pas la première.

J’en suis absolument contrit, le bilan est au désavantage de DRAGONLAND. Si quelques titres font correctement leur office, si la pièce démarrant "Under The Grey Banner" figure déjà comme l’une des meilleures réussites de la formation, l’impression générale qui prévaut en cette fin d’année 2011 est la déception.
Déception de surprendre la formation à rabâcher ses refrains sans grande conviction, déception face à un gavage d’orchestrations qui écrase tout le reste, déception devant ce premier titre en tout point superbe et ce relâchement immédiat et quasiment constant.
Il fallait donc que DRAGONLAND s’effondre un jour. C’est fait.
Rien ne dit que le groupe ne se relèvera pas. J’ai bien peur toutefois qu’attendre cinq ans de plus pour le retrouver dans de meilleures dispositions ne le condamne à un anonymat dont il a eu grand peine à se débarrasser.

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   BAST

 
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- Jonas Heidgert (chant)
- Olof Mörck (guitare)
- Elias Holmlid (clavier)
- Anders Hammer (basse)
- Morten Løwe Sørensen (batterie)


1. Ilmarion
2. Shadow Of The Mithril Mountains
3. The Tempest
4. A Thousand Towers White
5. Fire And Brimstone
6. The Black Mare
7. Lady Of Goldenwood
8. Dûrnir's Forge
9. The Trials Of Mount Farnor
10. Throne Of Bones
11. Under The Grey Banner
12. Ivory Shores



             



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