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ROCK PSYCHÉ  |  STUDIO

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- Membre : Aura Noir
 

 Myspace Virus (557)

VIRUS - The Agent That Shapes The Desert (2011)
Par MEFISTO le 5 Avril 2011          Consultée 3857 fois

Qu’est-ce qui crée les déserts? Surtout, quelle est la manifestation naturelle qui les étire à perte de vue depuis des millénaires?

VIRUS n’est pas ce scientifique qui vous dira tout sur ce phénomène géophysique, même si ses écrits vous guideront peut-être à dos de chameau sur cette lune ensablée où les mirages rendent fou. VIRUS est cet agent contagieux qui vous fera pénétrer dans ce microcosme hostile, déchaîné lorsque le vent se lève et silencieux lorsque le soleil et la nuit s’échangent le tour de garde.

VIRUS, c’est le désert comme vous ne voulez pas l’imaginer : chaud, brûlant, immense. "The Agent That Shapes The Desert" c’est cette chaleur, mais sa réelle magie, le réel mirage qu’il matérialise devant nos yeux asséchés, est cette débâcle environnementale qui la forme en vidant les rivières de leur sang, les transformant en canyons, des cercueils à bestioles reconnus pour leurs formes inexplicables et extraordinaires. VIRUS est surtout un désert de pierres (reg) envahi par le sable, sa musique évoque davantage les étendues nord-américaines ; son groove et son look cool de malabar à la grimace facile fait plus penser aux cowboys qu'aux bédouins peu sympathiques !

Czral (VED BUENS ENDE, AURA NOIR) décrit lui-même son groupe comme du rock « excentrique » et non du Metal à proprement parler. Psychédélique, excentrique, hallucinatoire, choisissez votre terme, ce rock, bien que non apparenté à une sorte de Metal en particulier (à part peut-être le Metal avant-gardiste ou le Metal groovy), n'est quand même pas très accessible. Aussi aurez-vous besoin d'une grande ouverture d'esprit pour vous y habituer… Juste la voix risque de vous causer problème dès le départ, le chant clair parfois parlé de Czral, que j'adore car unique et déjanté, semblant sorti des entrailles d'un party bien poudré…

Vous attendent ensuite les créateurs de déserts, les instruments aux sonorités parfaitement collées au concept : une basse funny par laquelle le bonheur arrive dès la première note de la pièce-titre et qui vous accompagne dans cette succession de mirages cools et mortels à la fois. Les percussions quant à elles, offrent un bel éventail imageant bien ce gros soleil fondant sur ses victimes et le côté relâché, sans prétention, de l'ensemble. Et finalement, la guitare de Czral est le comble de la cool-attitude du groupe : elle suggère un décor western mixé avec une série d'illusions multicolores, d'empoisonnements psychotropes. Ses cordes sont chaudes et pincées, et ne trahissent vraiment pas l'origine du combo (Norvège) ; on aurait plutôt parié sur des Espagnols ou des Américains du sud-ouest… C'est con à dire, mais le jeu du leader me rappelle parfois quelques riffs psychés à la ENSLAVED, autre Norvégien aimant complexifier son univers.

Bon, tout cela a l'air génial jusqu'ici, mais une musique titillant autant l'imaginaire comporte toujours des risques. Tout comme le progressif, elle invite l'auditeur à se plonger dans ses filets afin d'en ressortir complètement transformé, elle commande une immersion afin que l'expérience soit des plus mémorables. Donc, le désert rouge d'Arizona, par exemple, vous devrez vous l'inventer. Vous devrez marcher avec les types de VIRUS dans ces contrées peu recommandées comme "Furnace Creek", où quelques insolites aventuriers vont s'éclater ou crever, vous devrez botter quelques squelettes et avaler votre lot de poussière afin que les pièces plus tranquilles ou répétitives de "The Agent That Shapes The Desert" ne vous barbent pas. Je pense à "Red Desert Sand", "Where The Flame Resides" et "Parched Rapids" (littéralement une descente de rapides !), qui mettent l'auditeur à rude épreuve avant que ne s'achève cette aride odyssée. Surtout que de "Continental Drift" à "Dead Cities Of Syria", l'eau a manqué parce que le groove invitait souvent au déhanchement. Mais VIRUS n'est pas que poudre rouge aux yeux, il est aussi méditation. Et c'est en ouvrant votre matière grise au maximum que vous y accueillerez toutes les notes, judicieusement choisies et respectant avec une précision étonnante ce magnifique tableau désertique du départ.

Je ne m'attendais pas à une telle réussite, mais bon, quand on a de tels vétérans sous la main, il est un peu normal que « les bottines suivent les babines », pour reprendre une expression toute québécoise !

Une incursion dépaysante au possible que vous ne devez louper sous aucun prétexte.

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- Czral (chant, guitare)
- Bjeima (basse)
- Esso (batterie)


1. The Agent That Shapes The Desert
2. Continental Drift
3. Chromium Sun
4. Red Desert Sand
5. Intermission: Furnace Creek
6. Dead Cities Of Syria
7. Where The Flame Resides
8. Parched Rapids
9. Call Of The Tuskers



             



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