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DOOM/DEATH  |  STUDIO

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HOODED MENACE - Never Cross The Dead (2010)
Par MOX le 24 Mai 2010          Consultée 4864 fois

Le Professeur Rollin a toujours quelque chose à dire. Quand on parle des premiers grands groupes de Doom/Death et de leurs meilleurs albums respectifs, on lance souvent "Gothic" de PARADISE LOST, "The Silent Enigma" d’ANATHEMA et "Turn Loose The Swans" de MY DYING BRIDE. Alors je sais que mon avis intéresse dégun, mais je le donne quand même : moi à part "Turn Loose the Swans", le reste ne m’évoque rien. Mais cette fois-ci, essayons de ne pas occulter toute l’autre frange du Doom/Death qui s’est développée en même temps, et dont on garde moins bonne mémoire : le tout premier CATHEDRAL, tiens. ASPHYX, c’était assez boueux dans son genre, WINTER aussi extrême que mauvais. Et encore pire histoire de dégoûter l’assemblée : diSEMBOWELMENT et DUSK. C’est de cette alternative-là qu’HOODED MENACE entend puiser son inspiration, et ce jeune groupe issu de la pieuvre Lasse Pyykkö vient en fait carrément réveiller un genre resté moribond.

Le premier album du groupe rencontre un vif succès dans le souterrain, et s’il tient en grande partie de la réussite dans la composition, on doit aussi prendre en compte les affamés du genre qui hissent très haut les bonnes sorties comme moyen d’échapper à la morosité (pour les fous furieux qui n’écoutent que du Doom/Death, ça doit être une vie bien spartiate). Ce second album se démarque essentiellement par un son meilleur, dégageant un espace nécessaire à tous les instruments. C’est surtout les guitares à la graisse de saindoux qui en sortent victorieuses. Claires, mais fracassantes. Avec un peu de boue, mais pas trop.

Commençons par un détail, une broutille, trois fois rien : du Doom/Death des grands anciens qu’ils vénèrent, il ne reste que la pesanteur du genre Jupiter (je vous écris depuis Io, d’ailleurs). La composante Doom balourde de leurs aînés et la pelletée d’accords identiques jusqu’à plus soif sont, en fait, un lointain souvenir attribué aux premiers explorateurs du Doom en terres bourrines. HOODED MENACE en a bien repris l’idée. Mais loin de se contenter de rajouter sa touche, il remodèle même le genre, en fabrique un produit nouveau, mélangeant d’autres influences, élargissant l’étendue du Doom/Death à autre chose que la simple rencontre de deux pôles opposés. Ce produit nouveau a quelques fonctionnalités intéressantes : un cerveau qui dégueule du riff incroyable façon taylorisme, une méchante envie de faire résonner les bottes de plomb sur le parquet et une ambiance plongée dans les sous-films d’horreur à l’espagnole.

C’est avant tout un véritable travail sur une structure lente qui règle la question chiante qui n’intéresse personne : Death/Doom ou Doom/Death ? Doom/Death et stop les palabres. Un hommage et des rythmiques de squelettes dans la boue suffisent peut-être à jouer à l’aveugle et à ne pas se mouiller, prétextant que « la ligne est quand même vachement pas claire entre les deux » (je suis à peu près certain de m’auto-citer, soit dit en passant) ; mais ici les plans du groupe ne sont pas sibyllins, on joue lourd, on joue pépère et on trafique deux ou trois passages vaguement plus rapides. On donne d’ailleurs une vraie identité à la guitare, par la même occasion. Nombreuses références aux mélodies metal des années 80 et des bouts des seins, distinction entre les morceaux, construction même autour de la gratte et non pas autour d’un rythme (combien, mais combien y a-t-il de groupes de Doom à côté de la plaque à ce sujet ?).

Continuons quelques secondes sur cette évocation des années de ma naissance. A un sens du riff reconnaissable -et parfois assez génial- se rajoute la composante ringarde bien assumée : le solo. Le solo oublié du genre, pas les trois pauvres notes aiguës du pote lent d’à côté, pas non plus le tricotage mais quelque chose de bien inspiré du Heavy Metal, et donc parfaitement hors de mode. Comme ces intros trop menaçantes de la vie et ces samples de film dont les thèmes sont parfois repris sans honte. Enfin, de manière générale, cette légère atmosphère de fun baignant l’album donne un côté insouciant à l’ensemble. Le groupe ne se prend pas au sérieux et, croyez-le, le genre a en a bien besoin.

Des plus grands cités plus haut, c’est de CATHEDRAL -donc, de "Forest of Equilibrium"- que le groupe se rapproche le plus. Mais c’en est très loin d’être un ersatz (de l’allemand « ersetzen » : remplacer, subtituer). Déjà, pas de riffs proto-stoner, rien du tout. Un gros chant death caverneux, à rapprocher d’Akerfeldt (on rapproche les chants, hein, commencez pas à me faire dire…) peut-être un peu trop présent; et une ambiance bien loin du délire des Anglais, plus proche de la bière et des soirées barbecue. De fait, non seulement HOODED MENACE n’a pas son pareil à l’heure actuelle, mais il a travaillé sur son projet de manière impressionnante. On voit ainsi se dessiner un nouveau grand du genre, et mon caractère présomptueux me pousse à dire qu’ils pourraient bien le redéfinir, comme leurs compatriotes de REVEREND BIZARRE (y’en a marre des Finlandais, putain) ont redéfini le Doom trad.

Merci Professeur Rollin.

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   (2 chroniques)



- Oula Kerkelä (chant)
- Lasse Pyykkö (guitare, chant)
- Jori Sara-aho (batterie)
- Antti Salminen (basse)


1. Never Cross The Dead
2. Terror Castle
3. Night Of The Deathcult
4. The House Of Hammer
5. Rituals Of Mortal Cremation
6. As The Creatures Ascend
7. From Their Confined Slumber
8. Theme From Return Of The Evil Dead



             



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