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AUGURY - Fragmentary Evidence (2009)
Par MEFISTO le 5 Janvier 2010          Consultée 2184 fois

Parmi les sorties Death/Technique/Prog/Orchestral/Merde-que-c'est-compliqué-de-nos-jours-catégoriser-un-groupe-de-Death 2009, "Fragmentary Evidence", de mes voisins montréalais d'AUGURY, est celle qui m'a donné le plus de fil à retordre. J'ai réservé sa chronique, je l'ai refilée, mon collègue devant la réaliser a lancé la serviette et lorsque je me suis rendu compte que j'avais épuisé ma réserve d'albums Death + à chroniquer, seul AUGURY demeurait dans son coin, mal aimé, rejeté, incompris, sans doute trop intelligent pour nous, trop exigeant pour nos cerveaux mous. Eh bien, fallait juste retenter l'expérience pour la mater…

Verdict ? Pas plus avancé, mais j'ai quand même réussi à en extirper quelques notes valables qui valent la peine d'être partagées. Premier constat : mon incroyable difficulté à ranger le groupe dans son enclos.

La petite mélodie qui ressort de "Simian Cattle" (lire "troupeau de singe", quel titre !), fait se rapprocher de l'arc-en-ciel GORODien, c'est-à-dire ce sublime mélange des parfums pétrolifère et progressif. Vous reconnaîtrez aussi des germes de CYNIC, ce qui accole davantage AUGURY à l'expérimentation et au Death avant-gardiste. Prenez ça comme vous voulez, les Montréalais ne sont pas des manchots et drainent de la patience et une capacité d'écoute décuplée. Leurs subtilités, autant du côté des grattes que de la basse ou des fûts, inoculent un virus déboussolant. De sorte qu'après quelques rounds, on se sent encore dans les vapes, dans l'espace, l'infiniment grand, les concepts physiques insondables.

On passe de la défonce au planant en une seconde, du champ de bataille au champ de blé en un clignement d'œil, du plan maîtrisé à la quasi improvisation sur fond de growl étouffé, porcin et brut. Certes, AUGURY sait marier les lignes de chant plus claires pour le bénéfice des plus sensibles, mais il bombarde généralement de napalm bien cuit.

Sa musique demeure toutefois très aérée, claire, il y a énormément d'ensoleillement sous cette tempête électrique. Ça m'a d'ailleurs surpris. Je l'ai dit, si on extrait la voix (déjà, on gagne 50% des néophytes effrayés) et qu'on garde seulement les accords mitraillés à tout vent, on récolte un skeud accessible et finalement assez « joyeux ». Malgré les thèmes balafrés par AUGURY, les mesures font du gringue constamment aux aigus, la basse est sautillante et cavale sur des charbons peu ardents. On ne parle pas d'un souffle Tchernobylien, mais d'une accumulation de riffs complexes lancés sans prétention, la marque des Québécois de souche… Oups, je viens de vendre la mèche de nos travers.

Bon, je ris bien de mon peuple, mais la simplicité de cet album, malgré encore une fois la technicité du jeu, est étonnante. Scellé sous l'étiquette Death Prog', AUGURY me laisse avec un dilemme majeur entre les doigts : dois-je l'inclure dans mon association chouchou du Death Technique ou suis-je forcé de le laisser en dehors à cause de ses touches clairvoyantes et son taping de cabotin ? Ses interludes « Steve Howe » ("Jupiter To Ignite") justifient-elles une modification de mon idée de départ, que mes compatriotes jouaient essentiellement du Death à la gueule complexe ? Je ne sais trop que penser. Je suis aussi largué qu'à l'écoute du dernier CYNIC, justement, sauf qu'AUGURY lâche la bride mortelle généreusement et arrose les tympans de bon gros son frémissant. Nous sommes décidemment à l'orée d'une forêt au sentier bien tracé, mais caché par de méchantes branches ; la cime des arbres est basse et ne fait pas trop d'ombrage à l'astre suprême, si vous voyez ce que je veux dire…

Or, si le sentier semble assez droit, les zicos ont plus d'un tour dans leur sac pour vous égarer. Des soli comme celui sur "Sovereigns Unknown" ou de longues échauffourées telles que "Oversee The Rebirth", vous feront l'impression d'avoir ingurgité des champignons magiques et d'halluciner des éléphants dorés sur une banquise. C'est foutrement intriguant tout ça, vous direz-vous en haussant les sourcils à chaque minute de cette plage… enfin, sur la majorité des bombes polychromes de ce "Fragmentary Evidence". Maintes écoutes seront nécessaires pour seulement appréhender la forme floue d'un approximatif à peu près. Or, quand la lumière se fera luire la croupe, vous serez ébloui. Mais peut-être pas conquis ; tout dépend de quel bois vous vous chauffez et si vos neurones sont aiguisées.

Avec le recul, je comprends maintenant pourquoi j'ai eu autant de misère à approcher cet album, contrairement aux autres s'y apparentant. AUGURY est dans une classe à part, dans un no man's land entre les îles Prog' et Technique. Son caractère libre et pompeux à la CYNIC me force toutefois à trancher pour le Death Prog' à forte tendance atomique. La lisière est mince, mais elle se doit d'être respectée. Après tout ce blabla, "Fragmentary Evidence" est un très bon album. Oreilles peu avisées s'abstenir.

3,5/5

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- Patrick Loisel (chant, guitare)
- Mathieu Marcotte (guitare)
- Dominic 'forest' Lapointe (basse)
- Antoine Baril (batterie)


1. Aetheral
2. Simian Cattle
3. Orphans Of Living
4. Jupiter To Ignite
5. Sovereigns Unknown
6. Skyless
7. Faith Puppeteers
8. Brimstone Landscapes
9. Oversee The Rebirth



             



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