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BLACK METAL  |  STUDIO

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DARKESTRAH - The Great Silk Road (2008)
Par POSSOPO le 10 Novembre 2008          Consultée 6566 fois

Au sortir de la yourte, le vent souffle déjà chaud sur mon visage tanné par ces longues journées à visiter le soleil accablant des plus hautes montagnes. Issyk-Kul, le lac aux mille légendes, dort paisiblement, perpétuellement enlacé par les glaces des sommets. C'est l'heure du départ. Le lourd alezan à l'endurance surprenante qui me sert de monture depuis le début de mon périple kirghiz attend avec impatience la reprise du galop.
Quand soudain, dans un fracas assourdissant, le vent souffle, insolent ! Le ciel se charge de nuages puissants insensibles à la muraille qu'aurait du naturellement former le relief admirable de la région. Mais il n'est déjà plus temps de disserter de conditions météorologiques qui ne répondent à rien de connu. L'obscur, le rouge et le brun envahissent l'espace, un son surgit de nulle part. Je vois l'angoisse envahir mon compagnon de cheval, je comprends que mon départ sera retardé.

Un son, une musique qui monte en moi comme une drogue étrange. Anesthésiée par la beauté de son discours, la peur qui aurait normalement dû venir à ma rencontre mue en un mélange exotique d'une appréhension légère devant l'exceptionnel de ce qui se passe et de l'envie presque hypnotique de me laisser transporter par ce phénomène que je ne tente même plus de comprendre. Et je sens mon âme dénouer lentement les liens qui la tiennent jusque là solidement attachée à mon cortex raisonnable. Le sol danse en riant sous mes pieds. Lutter pour conserver la raison, la yourte, retrouver la yourte. Une brume rosacée capte mon regard, sucré. Et la montagne respire pesamment. La yourte, quelque chose… Le siroco généreux me bouscule, il m'invite… Il m'invite… Mon corps le suit… Mon âme est déjà loin…

Des fumerolles bleutées. Des chants mâles et lointains. Un shaman, maître de cérémonie aux yeux plissés, troubadour rieur mais sévère et son étrange balalaïka amincie dénuée de la moindre décoration, le komuz, me souffle-t-on. Kyl kiak, temir, dobulba, choor, jigatch. Le vent me susurre des noms inconnus et j'entends comme un violon, un tambourin, plus loin un didgeridoo, une guimbarde. Une dextérité venue du monde arabe, des faux airs de Turquie, la Mongolie me semble proche. Où suis-je ? Des moutons dessinent des arabesques folles au-dessus de ma tête, un désert de pierres à l'horizon, le feu sous mes pieds.

Derrière ce souk musical hyperactif à l'énergie entraînante, le décor douloureux de guitares lourdes, un chant de démone, de noires cavalcades conquérantes, le grand Khan et ses armées mortifères. Et ce grommellement à peine perceptible, des vibrations de l'au-delà. Une accalmie puis un nouveau galop destructeur, parallèle étonnant avec l'esprit cosaque des grands d'Ukraine. La steppe à perte de vue, l'espace incommensurable, la nature violente qu'on ne peut visiter qu'armé de la plus grande détermination. Le contraste me foudroie, une tradition de guerres sanglantes au rythme barbare, de courtes fresques musicales apaisantes qui dansent sourire aux lèvres.

Mais déjà, les fumerolles s'évaporent, le shaman a disparu, la musique faiblit. La couverture de brume s'enfuit dans le calme et le soleil de midi me darde à nouveau de ses rayons. Je n'ai plus devant les yeux que de modestes bédouins s'affairant avec application avant le départ de ce qui n'est qu'un curieux convoi de roulottes aux couleurs bigarrées. Le théâtre a plié bagages, la cohorte quitte la scène dans un amas de poussière terreuse. Les caravanes sont loin, atteignent l'horizon. Les accompagnent des cordes dignes d'un générique de film qui évoquerait n'importe quel orient.
Près de moi, un cheval qui semble ne rien avoir vécu de la représentation. Je me retourne, une yourte, un lac, d'infinies montagnes teintées de blanc. Issyk-Kul, mon alezan, les monts du Tian-Shan que je parcours depuis trois semaines. J'ai retrouvé le temps, j'ai retrouvé l'espace. Direction Balykchy, j'y serais peut-être à la tombée de la nuit. Il sera alors temps de comprendre ce qu'il m'est arrivé.

Plus tard…

Cette expérience m'aurait-elle trop marqué ? Les étoiles défilent pour tutoyer les cieux. Peut-être une erreur de jugement, une objectivité trop effacée. Je fouille ma mémoire et je me rappelle de plus beaux voyages, des transitions mieux réussies, des fulgurances plus intenses. La maladresse des vertes années n'a pas totalement disparu, l'artisanat non plus. Mais l'originalité de la géographie, l'impression d'une constante progression… Et trop peu ont vécu ce que j'ai vécu, trop peu savent et tous doivent savoir. Alors je hurle, et tant pis pour l'exagération…
DARKESTRAAAH !!!

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- Asbath (batterie, temir-komuz)
- Kriegtalith (chant)
- Anti (guitares)
- Visc (basse)
- Resurgemus (claviers)
- Sharthar (violoncelle, claviers)


1. The Silk Road
2. Inner Voice
3. Cult Tengri
4. Kara-oy
5. The Last Step



             



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