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The OBSESSED - The Obsessed (1990)
Par NETH le 9 Septembre 2008          Consultée 3180 fois

THE OBSESSED est un groupe qui curieusement est toujours resté dans l’ombre de St VITUS, sans raison évidente, alors même que le succès des deux formations a coïncidé avec l’arrivée d’un seul et même homme, l’excentrique Scott Weinrich.

Comme St VITUS auparavant, THE OBSESSED va pratiquer une musique à contre courant. Refusant de succomber aux sirènes des temps modernes, auxquelles il est de bon goût de céder pour réaliser des cartons commerciaux, nos musiciens vont au contraire s’attacher à ne pas faire faux bond à l’esprit "sabbathien" des premières heures, dans la droite ligne de ce qui avait été amorcé avant leur premier split et le départ de Weinrich pour St VITUS. Car le groupe, nouvellement reformé en cette année 1990 à l’occasion du retour de son créateur, n’est pas tombé de la dernière pluie, puisque c’est dès 1980 que sont sorties leurs premières démos. De cette époque il ne reste que peu de traces, sinon aucune. Notre première rencontre avec THE OBSESSED ne peut donc se faire que par le biais de cet album éponyme, réalisé à l’occasion des retrouvailles de Scott Weinrich et Mark Laue, accompagné d'Ed Gulli.
Préfigurant le très bon «The Church Within», ce premier disque a pour lui le mérite de la spontanéité. Composé d’anciens enregistrements et compos du groupe, parfois à la limite du jam, l’ensemble fait preuve d’un naturel hors du commun qu’on ne retrouvera pas sur les albums suivants.

La paternité des premiers BLACK SABBATH est évidente et elle est encore plus éclatante ici que chez St VITUS qui, un peu à la manière d’un CANDELMASS, avait jeté aux orties la mélancolie du blues pour mieux accentuer le caractère nihiliste et absolu du doom. THE OBSESSED, au moins à ses débuts (et même à la fin d’ailleurs), ne fait pas que du doom et participe d’ailleurs pour beaucoup à l’introduction de la vague stoner qui va s’abattre dans le sable des états du sud. Le doom qui nous est servi ici a copieusement séché au soleil, mais n’a rien perdu de la fraîcheur d’un bon vieux jam de potes qui répètent au garage. Le tempo est certes globalement lent, mais se laisse aisément déborder par des riffs musclés, parfois furieux, aux distorsions acides qui peuvent leur conférer des accents psychédéliques. Il faut cependant préciser que toutes les pistes n’ont certainement pas été enregistrées au même moment, et cela se ressent : à des morceaux complètement hard-rock/stoner, s’en succèdent d’autres plus sombres et «Vitusiens». Les premiers, «Tombstone Highway», «Forever Midnight», « Freedom »… transpirent la jeunesse, la liberté… La voix de Weinrich s’y fait même claire et haute. Au contraire, avec les seconds, «The way she fly», « Red Disaster» ou «Inner Turmoil», on retrouve une musique plus étourdissante et dure, sans horizon, avec des lignes de chant plus épaisses et rudes. L’unité de l’album n’en souffre pas, car tout se tient très bien, mais déjà se profile la rupture réalisée avec le premier véritable album studio à venir, «Lunar Bomb», résolument doom. N’allez cependant pas croire qu’on puisse trouver une once de joie ou de tristesse larmoyante sur une de ces pistes, ce n’est pas le sujet. THE OBSESSED offre un des exemples les plus précoces de ce que pourra être le doom-stoner et à ce titre il n’en trahit pas l’esprit. Mais tributaire trop tardif d’un héritage ancien qui ne fait plus recette à l’époque, et également trop précoce et timide à tracer les traits de cette magnifique peinture stoner qui se dessine pourtant sous sa musique, l’album aura bien du mal à être consensuel. Le temps se chargera du reste, égratignant la fine couche de peinture, effaçant la fragile esquisse, on retiendra injustement THE OBSESSED d’avantage comme un groupe de doom que comme un groupe de stoner, en particulier à cause des deux galettes suivantes bien mieux distribuées. De là à le faire figurer comme un rejeton de St VITUS dans les archives, il n’y a qu’un pas.

Un tel traitement est trop immérité pour la formation et pour un album de ce calibre. Certes on peut regretter une certaine indigence dans la succession des pistes, une production pas forcément fignolée à hauteur de ce qui viendra ensuite. Mais bon dieu, l’ensemble n’en reste pas moins solide comme le roc ! Quelle plus belle manière d’introduire le stoner que par un truc mal dégrossi et rocailleux, issu de la poussière et de la sueur d’une bande de potes qui trouvent enfin l’occasion de sortir ce qu’ils aiment jouer sous un label reconnu ? (Hellhound, le label de St VITUS). L’album n’est peut-être pas celui de la maturité pour THE OBSESSED, mais sans aucun doute celui de la spontanéité et du génie. Car oui l’inspiration qu’il a fallu à Weinrich pour renouveler un genre éteint, sans emprunter le sillage des génialissimes MONSTER MAGNET ou autres MELVINS, est grande. Alors si le stoner ne naît pas précisément en 1990 avec THE OBSESSED, je me plais au moins à l’imaginer, pour le mythe.

Deux éditions du disque existent, l’une absolument introuvable, l’autre difficilement trouvable, qui comporte dix titres live, et dont le prix en import est absolument délirant. Autrement en cherchant vous pouvez peut-être le trouver comme moi en cassette audio HAHA.

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   NETH

 
  N/A



- Scott Weinrich (guitare, chant)
- Mark Laue (basse)
- Ed Gulli (batterie)


1. Tombstone Highway
2. Way She Fly
3. Forever Midnight
4. Ground Out
5. Fear Child
6. Freedom
7. Red Disaster
8. Inner Turmoil
9. River Of Soul



             



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