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1990 Strap It On
1992 Meantime
1994 Betty
2016 Dead To The World
 

- Style + Membre : Anthrax

HELMET - Strap It On (1990)
Par CANARD WC le 5 Novembre 2008          Consultée 1934 fois

L’art abstrait emporte t’il nécessairement une forme de nihilisme ?



Les lèvres tremblantes de colère, le rictus de haine au coin des yeux, je revois encore mon prof de philo nous évoquer l’œuvre d’un "artiste" (dont j’ai oublié le nom), soit un portrait de GOETHE sur lequel il avait collé une côte d’agneau en plein milieu de la figure.

"Vous vous rendez compte ? Coller une côte d’agneau sur la face de GOETHE. GOETHE qui – je vous le rappelle – est sans doute l’un des plus grands écrivains de tous les temps. Un chef d’œuvre de raffinement littéraire à mettre au même rang qu’un RACINE ou un SHAKESPEARE. Une côte d’agneau sur la joue ! Voilà le traitement qu’en fait l’Art abstrait ! Quel esprit malade peut se livrer à une telle fumisterie ?"

Je ne sais pas si l’art abstrait revendique forcément une part de nihilisme. Il nous enseigne en tout cas que tout l’intérêt d’une création peut se passer de support matériel et prendre son sens dans les explications et analyses qu’on en fait.

Je revois encore ces pénis volants multicolores au Tate Modern de Londres et je me dis que – parfois – la frontière entre Art « abstrait » et merde intégrale est foutrement mince. Mais tout de même, il existe une frontière.



Le premier album d’HELMET pourrait être une autre illustration de ce nihilisme qu’emporte un Art poussé à son paroxysme, sans limite ni contours, explosant dans son non-sens absolu[1]. On navigue dès lors avec ce premier album sur cette frontière fascinante où la merde peut être géniale et où le bruit devient Extase l’espace de quelques secondes.

« Strap it On » est donc un album monstrueux. Au sens propre. Les new-yorkais se lâchent et produisent un boucan à peine organisé au sein duquel Page HAMILTON hurle sa douleur entre deux psalmodies et passages parlés, pendant que les guitares crachotent aveuglément et haineusement (Rude). La musique – implacable et déconcertante – laisse un sentiment de mal être et une sensation de gêne[2] qu’on ne retrouve pas si souvent que ça dans notre musique ("Repetition").

La vacuité de l’œuvre projetée aux tympans avec une telle force nous renvoie à ce nihilisme évoquée plus haut, auquel bien des groupes de Metal Extrême se sont frottés sans réussir à éviter les traces du grotesque. Aucun groupe de True Black Evil ou de Brutal Gore Grind ne saurait rendre sa vindicte aussi dérangeante et insensée que ce magma sonore Hardcoreux pour dégénérés.

Sans folklore et sans aucun arrangement (impression renforcée qui plus est par la production assez « garage » de l’album), HELMET vient de faire un bon bras d’honneur à la Musique (avec un grand « M ») et taquinent de bien près les frontières du rien et du n’importe quoi.


En ce sens, l’album est réussi. Mais seulement en ce sens.


Note : 2/5 (perplexe)


Morceau préféré du Canard : Euuuuh "Repetition".


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[1] Evidemment, parler d’Art pour notre musique de crétins est déjà une vue de l’esprit, mais bon
[2] Et accessoirement un mal de crâne en prime.

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   CANARD WC

 
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- Page Hamilton (guitar, vocals)
- Henry Bogdan (bass)
- Peter Mengede (guitar)
- John Stanier (drums)


1. Repetition
2. Rude
3. Bad Mood
4. Sinatra
5. Fbla
6. Blacktop
7. Distracted
8. Make Room
9. Murder



             



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