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HEMORAGY - Jesus King Of Wine (2007)
Par ONCLEGUUD le 30 Mai 2008          Consultée 2064 fois

HEMORAGY est une formation parisienne qui brasse les genres, même si à la base, elle est Thrash. En effet, on retrouvera dans Jesus King of Wine, œuvre dont je vous cause, outre une grosse influence des combos français des années 80, une autre de moults tueurs des States des mêmes années. Ça c'est pour le Thrash. Ensuite, un peu de Thrash « Crossover » et de Heavy Metal sauceront le tout, et on rajoutera à tout cela une pincée de Punk – peut-être dans cette voix « bizarre » qui rappellera celle de Lemmy Kilmister de Vous-Savez-Qui ou celle de Chainsaw Demon de CRANIUM (Suède), mais j'y reviendrai – pour relever le plat. Non dénué d'ironie et d'humour, bénéficiant d'une pochette superbe (j'adore. Elle est de JP Fournier), HEMORAGY a intitulé son album Jesus King of Wine. Car on le sait bien, ce soûlard de Jesus fut un satané frelateur, et se montra expert pour changer son eau en vin afin de passer des contrats juteux, à l'aide d'un baratin hallucinant qui fit son effet en son temps. Quand vous avez bu, facile de voir des pains et des poissons se multiplier non ? Bref. Chacun aura son avis sur la moralité du barbu couronné en question, HEMORAGY a la sienne. Nous avons ici affaire à neuf titres, pas moins, pour une durée de trente-cinq minutes.

Le crooner au micro est le premier point sur lequel l'auditeur risque de buter. Il manque à Johannes de la puissance, de la modulation et apparemment, de la conviction, même si je ne doute ni de sa sincérité, ni de sa passion ou de son investissement. A mon avis, il devrait être moins timide et plus hargneux – il serait bénéfique pour le groupe qu'il soit plus dans le trip lors du prochain enregistrement. J'ai conscience que ce poste n'est pas facile. Mais bon, je suis là pour la critique et donner mon point de vue. Là où nombre de ses confrères se lâchent dans le micro, Johannes semble se retenir ou accorder moins d'importance à cet aspect primordial de la musique. La voix est un instrument bordel de Dieu (pardon Jesus pour ce blasphème) ! Enfin, notre homme a un phrasé trop frenchie : son anglais ne coule pas, ni ne « chante » (...), au contraire, notre garçon butte et déclame son anglais sans prendre vraiment l'accent inglish... Ensuite, la production sonne comme un enregistrement démo. A côté des objets surpuissants auxquels les tenants du genre Thrash nous habituent depuis des lustres, HEMORAGY sonne plus petit, bien que nos musiciens aient passé leur temps au Studio In the Dark. Certes, cela a son charme : il y a un petit côté retro 80's et HEMORAGY a réalisé ce disque d'abord pour son plaisir. Mais j'ose à croire qu'il ait de l'ambition, au moins de la volonté, l'envie d'en découdre sur scène comme sur cd, et je pense qu'il a le potentiel pour aller plus loin. C'est d'ailleurs pour ça que je vous écris ces lignes ! Une production plus puissante mettrait ainsi tout en valeur – mais ça, Lapalisse vous l'aurez dit ! Enfin, HEMORAGY manque un peu de personnalité. Il brasse, il brasse, lance des ponts dans le passé. Les références se sentent à chaque piste. Mais je mets en garde le lecteur - qui passera ensuite sur les sites d'HEMORAGY.

En effet, Jesus King of Wine, s'il a des défauts comme toute œuvre des débuts, a des qualités qui, je crois, lui permettront d'aller plus loin. Derrière cet album, on retrouve en amont une démo en 2003 et un mini-album en 2004. Il y a du travail, du peaufinage sur ce disque : ça se sent. Jesus King of Wine, long de neuf pistes, s'ouvre donc sur « A Strange Man from Hell », qui rappellera tantôt IRON MAIDEN qu'un groupe comme... SLAYER – deux monstres sacrés qui n'arrêtent pas de peser sur cette ôde à Jesus, Roi des Poivrots. Ça groove, ça tabasse et ça fait du bien. « Don't Step » a lui quelque chose tenant d'un KREATOR, dans sa rigueur, dans son rythme. Les choses sérieuses commencent avec le troisième morceau, « Jesus King of Wine », piste au style Crossover, taillée pour faire bouger les pits. C'est avec cette track qu'on prend la mesure du potentiel du combo parisien : la compo est bien agencée, bien rythmée – c'est bien senti. On se fait plaisir, et là, on lève le poing. Un refrain de tueur. Excellent. On suit la cadence avec « How Many Time to Compose It », plus technique, et avec un refrain toujours aussi bon. L'écriture des paroles se révèle sacrément efficace – je crois que cela va de pair avec l'efficacité du chant. Je remarque que lorsque ceux-ci sont au poil d'ailleurs, les titres en sont bien meilleurs... L'influence de SLAYER et des Etasuniens en général se ressent ensuite sur les très bons « Ghost Riders » et surtout sur « Jump into the Bestial Pit ». On tombe dans le surprenant avec « The Final Horseriding », mélangeant solii et rythmiques changeantes. Génial. « Guitar Killer » fera headbanger les maniacs de MAIDEN et SLAYER tandis que le final « Blackbeard » la ferme à ce Jesus King of Wine d'une bien belle manière, avec un gros penchant à la MOTÖRHEAD, ultime influence d'HEMORAGY...

Pour faire simple : je ne me suis pas fait chier à l'écoute. Y'a du bon là-dedans. Mais je ne suis pas transcendé non plus. S'il ne manque pas d'énergie, HEMORAGY a encore du boulot devant lui, bien qu'il en ait déjà bien abattu. Plus de puissance, plus de personnalité, plus d'agression, un vrai vocaliste: voici quelques pistes à creuser. HEMORAGY mérite à être connu et soutenu, c'est certain. Même si cet album n'est pas parfait et manque, pour tenir la route face aux concurrents du genre, d'une meilleure production, au moins ça, il n'empêche que les compos ne font pas pitié, qu'il y a du bon voire du très bon. Une première pierre qui je l'espère, mènera vers de plus hauts sommets. Réveillez-vous les labels ! Et que la bière coule à flot ! (pour ma part, je suis servi ! Merci Jesus !) Spiritueusement vôtre.
http://www.hemoragy.com/
http://www.myspace.com/hemoragy

2,5/5

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- Johannes Musslin (vocaux, guitare)
- Basstarde/lynda Siewicz (basse, vocaux, lyrics)
- Steve Musslin (batterie)


1. A Strange Man From Hell
2. Don't Sleep
3. Jesus King Of Wine
4. How Many Time To Compose It ?
5. Ghost Riders
6. Jump Into The Bestial Pit
7. The Final Horseriding
8. Guitar Killer
9. Blackbeard



             



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