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- Style : Pagan's Mind, Dream Theater, Symphony X

CIRCUS MAXIMUS - Isolate (2007)
Par SPHERIAN le 20 Août 2007          Consultée 8905 fois

Déjà près de 2 longues années que nos gladiateurs nordiques ont secoué l’arène du prog avec un premier effort qui frisait le sans faute. Le prophète Fredouille avait senti le coup venir et encensait déjà le groupe dans sa chronique du gargantuesque « The 1st Chapter ». La plèbe s’est ensuite emparée du phénomène CIRCUS MAXIMUS et le succès commercial (à l’échelle du métal) fut au rendez vous avec à la clé de nombreuses apparitions dans divers festivals de prog en Europe et aux Etats-Unis. A l’évidence les Norvégiens sont attendus au tournant à la sortie de ce 2eme album et gare si la qualité n’est pas aux rendez vous. Les membres de CIRCUS MAXIMUS doivent se trouver dans un état d’esprit assez proche des chrétiens sur le point d’entrer dans le Colisée. Les gentils matous qui attendent la suite des événements avec une mine curieuse pourraient vite se transformer en fauves assoiffés de sang…

Car dieu que l’attente fut longue ! Là où n’importe quel combo lambda se serait précipité de sortir un album bâclé pour capitaliser sur le succès de « The 1st Chapter », nos centurions se sont donnés près de 9 mois pour composer, construire, affiner et donner une âme à 9 nouveaux titres et près de 60 minutes de musique. Aussi douloureux que le processus puisse être, le résultat confortera certainement le groupe dans sa démarche. Beaucoup de lignes ont été écrites au sujet de l’importance d’un 2eme album dans la carrière d’un groupe. C’est un peu « make or break » comme le dit le proverbe anglais. Certains groupes passent le cap avec brio (ANGRA avec « Holy Land », VANDEN PLAS et « The God Thing »), mais pour d’autres, la pression et le manque de temps, de fraîcheur créative deviennent trop pesants et le résultat est plus poussif. Le 2eme album d’ANDROMEDA « II= I » me vient à l’esprit, moi qui avais adoré « Extension of the wish ». C’est d’ailleurs avec cela en tête que j’abordais ce mystérieux « Isolate ». La demi-deception ANDROMEDA me trottait à l’esprit et mon instinct m’invitait à ne pas placer trop d’espoir en CIRCUS MAXIMUS. De plus, les déceptions successives engendrées par quelques fleurons du prog (DREAM THEATER et la decevante tryptique « Train of Thought », « Octavarium », « Systematic Chaos » en tête) me forçaient à penser que les auspices n’étaient pas porteurs d’espoirs.

Deux mois s’écoulent…

6.45am. Un son de porte qui claque me réveille. Bien qu’encore dans le gaz, un sourire sadique se dessine sur mon visage à la simple idée de ce qui va me tomber dessus. L’énormissime riff de « A darkened mind » se met à bourriner full blast (mes aïeux quelle production!) dans ma chambrine alors que les insultes de ma compagne étouffent le grandiose refrain. Elle ne s’est toujours pas habituée la pauvre (question de temps gnark gnark !). Le reste de la journée se déroule tel un rituel sacré : « Abyss » et son refrain imparable est beuglé dans la douche, le tableau de bord de la bagnole se transforme en clavier 8 octaves sur l’intro d’ « Arrival of love », un silence respectueux tombe au boulot lors des premiers accords de « Zero », alors que « Sane to more » me fait bosser les maths au déjeuner. Je vis, mange, dors « Isolate », cet album qui est devenu une drogue m’accompagnant à chaque moment de ma journée, ponctuant mes humeurs, m’assistant dans chaque moment de réflexion intense (plutôt rare ces jours ci d’ailleurs..) ou de relaxation. Il fut une époque où je connaissais tellement bien « The 1st Chapter » que je récitais machinalement chaque accord de chaque titre de l’album à la simple mention d’un mot latin. Je suis maintenant fier d’annoncer que je peux retranscrire en chocapics toutes les métriques d’ « Isolate » au milieu d’un bol de Nesquick (livre des records me voilà).

Tout ce que j’attendais de CIRCUS MAXIMUS, c’est (avec un peu de chance) qu’ils nous refassent un « The 1st Chapter » bis. Comprenez par là un prog ultra accrocheur, impressionnant de technique, saupoudré de sauce épique (ahh le refrain de « Glory to the Empire »). Il y a 6 mois, j’aurais signé de mes quatre membres (ou cinq si j’avais pu) pour avoir un album similaire à « The 1st Chapter ». Seulement voilà, mon raisonnement contenait une profonde erreur…jamais je n’avais imaginé une seconde que CIRCUS MAXIMUS pourrait faire beaucoup mieux que « The 1st Chapter » !

Car il n’y a pas photo. « Isolate » est plus inspiré, accrocheur, complet, cohérent, technique, bandant, bref, il est tout simplement plus mieux, point barre. Le concept développé ici (le thème de la folie et jusqu’où celle-ci peut conduire l’individu) n’est certes pas novateur pour un sou et fut déjà exploré (notamment par BEYOND TWILIGHT) mais la noirceur du thème est transcrite à merveille sur ces compos bourrées d’émotions diverses. Certes la musique n’a pas évoluée d’un zkeg depuis le premier album mais franchement qui s’en plaindra ? CIRCUS MAXIMUS se compose de cinq virtuoses de l’instrument et quand cinq génies décident de mettre technique au service de la musique, ça fait mal. Pour ceux qui découvrent CIRCUS MAXIMUS, citons quelques lointains cousins musicaux des Norvégiens. On retrouve quelques éléments des groupes suivants dans la musique de CIRCUS : PAGAN’S MIND (en moins heavy), VANDEN PLAS (en plus heavy), SYMPONY X/ ADAGIO (sans le néoclassique), ANDROMEDA (en plus accrocheur), PAIN of SALVATION (en moins trituré), bref que du bon. On pourrait aussi penser qu’un certain DREAM THEATER a tenté de faire du CIRCUS MAXIMUS sur « Train of Thought », même si la vautrade nous valut à tous une franche rigolade (surtout en live). Je retrouve aussi beaucoup du groupe italien DGM (periode "Dreamland", la plus prog) dans la musique des scandinaves.

Faisons une pause dans la chronique. Allez hop, 10 minutes de recréation pour donner le temps aux trainards de filer acheter la galette et on pourra passer aux titres de ce « Isolate ». Tout le monde a le CD en main ? Tout le monde s’est extasié sur l’artwork de Noren ? Bien, continuons…

« Isolate » suit à la lettre la recette de « The 1st Chapter ». On retrouve donc une ballade (« Zero »), une instru complètement ahurissante (« Sane to more ») et un titre épique de 12 minutes (« Mouth of Madness ») qui ont la lourde tâche de faire oublier « Silence from the angels above », « Biosfear » et « The 1st Chapter » respectivement. Les trois titres passent le test avec une facilité déconcertante. « Zero » et son atmosphère mélancolique ferait chialer un centurion en plein siège d’Alésia, « Sane to more » fait passer « the Dance of Eternity » (DREAM THEATER) pour un titre de KYO et « Mouth of Madness » est bien mieux construit que « the 1st Chapter » et passe comme une lettre à la poste de par sa position centrale dans la playlist.

« Accrocheur », c’est d’ailleurs le maître mot de ce « Isolate ». CIRCUS MAXIMUS a (ré)inventé un genre musical avec « Isolate ». Je propose le terme de FM Progressif ! Écoutez donc les claviers d’ « Arrival of Love », ça vous fait penser a qui ? Oui vous y etes presque….oui EUROPE vous avez raison ! Ce titre d’apparence simple décolle pour une section solo de haute volée. Et tout l’album est du même acabit ! On alterne les solis ultra techniques (« Abyss », « Sane to more ») les solis bourrés d’émotions (« Wither », « Mouth of Madness », « from Childhood’s hour ») et les duels entre Lasse Finbroten (claviers) et Mats Haugen (guitares). Chaque chanson possède son moment de génie (montée en puissance de « A Darkened Mind », refrain d’ « Abyss », changement de grille d’accords sur « Wither », récurrences de la ritournelle de « Mouth of Madness »), le tout soutenu par une section rythmique (Glen Mollen à la basse et le monstrueux Truls Haugen à la batterie) qui n’a rien à envier aux plus grands. L’album est une mine de subtilités et fourmille de détails qui ne cessent de m’étonner jour après jour. C’est du grand art. Je me dois de signaler la performance absolument ahurissante de Mickael Eriksen dont les lignes vocales et les multiples chœurs font un peu plus mouche à chaque écoute. Chaque refrain, chaque montée reste ancrée dans les cages à miels pendant de longues heures et c’est ce qui fait le succès de ce « Isolate » : l’envie perpétuelle de se le repasser en boucle.

L’heure est venue de lâcher la bombe. Le roi est mort vive le roi. Avec « Isolate », DREAM THEATER, plombé par son manque d’inspiration depuis le fabuleux « Scenes from a memory part 2 », vient selon moi de perdre sa couronne de roi du prog. Bien sur cela ne remet pas en cause la fabuleuse carrière des New Yorkais mais le renouveau du prog passe désormais par la Norvège et possède un nom latin. « Isolate » est sans conteste l’un (LE ?) des disques de 2007. Je le considère d’ailleurs l’égal de « Scenes from a memory part 2 » musicalement. Conceptuellement, « Isolate » n’atteint pas le génie de « Scenes from a memory part 2 ». Pas grave, la marge de progression de CIRCUS MAXIMUS semble infinie.

Une très longue chronique n’est ce pas ? La drogue « Isolate » a encore frappé.

6.25pm. Un son de porte qui claque attire mon attention….

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- Mike Eriksen (chant)
- Mats Haugen (guitares)
- Glen Cato Møllen (basse)
- Truls Haugen (batterie)
- Lasse Finbråten (claviers)


- Isolate
1. Darkened Mind
2. Abyss
3. Wither
4. Sane No More
5. Arrival Of Love
6. Zero
7. Mouth Of Madness
8. From Childhood's Hour
9. Ultimate Sacrifice



             



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