Recherche avancée       Liste groupes



      
BLACK METAL  |  STUDIO

Commentaires (1)
Lexique black metal
L' auteur
Acheter Cet Album
 


DARVULIA - L'alliance Des Venins (2006)
Par ORPHANAGE le 9 Décembre 2006          Consultée 1623 fois
Il semblerait que la célèbre légende de la comtesse Bathory (qui, selon certaines sources, ne serait pas tant que ça une légende…) fasse des émules et inspire les esprits les plus sombres et macabres ; il faut dire qu'il y a de quoi. Mais vous devez vous demander pourquoi je parle de la comtesse sanglante alors que je m'apprête à chroniquer un album de Black Metal! Tout simplement parce que d'après l'histoire, Darvulia serait la sorcière des bois qui aurait rencontré Erzébeth Bathory et qui lui aurait enseigné de manière très détaillée la magie noire et les rituels diaboliques. Elle serait donc très importante dans ce qu'est devenu la comtesse, autrement dit une psychopathe meurtrière complètement déglinguée. Il est donc tout à fait légitime dans un univers tel que le Black Metal que le personnage de Darvulia ait titillé les âmes vicieuses et pleines de noirceur telles que celle des Français du groupe du même nom! "L'Alliance Des Venins" est le deuxième album officiel de DARVULIA succédant à "L'Ombre Malicieuse" sorti en 2002 et quelques démos, "Machiavélique" et "Shabattu Danse Lunaire". Ayant découvert toute cette charmante musique en même temps, je ne m'attendais à rien de particulier avant de mettre les premières notes de la première chanson, mais je me doutais bien que nous n'allions pas à avoir affaire à de charmants philanthropes louant la gloire de Dieu. Coup de chance, je ne me suis pas trompé! DARVULIA fait du Black Metal, son Black Metal à lui, et l'écoute de ce nouvel opus s'avère particulièrement intéressante.

Les premières notes ne trompent pas, il en sera ainsi sur tout l'album : la musique de DARVULIA est incontestablement du Black Metal, mais très différent de ce qui se fait le plus dans le genre. Il faut reconnaître que la plupart du temps, le Black est impérial et austère, raisonne comme un symphonie macabre et se montre grandiose dans sa violence : guitares épaisses et grasses, voix qui raisonnent, c'est ce que l'on peut entendre sur de sublimes enregistrements tels ceux de FUNERAL MIST ou WATAIN, brutaux et crus mais aussi très amples dans leur expression sonore. DARVULIA ne joue absolument pas dans cette cour : tout dans "L'Alliance Des Venins" sent la mort, la noirceur, la cruauté, il n'y a rien de grandiloquent, les mélodies sont dissonantes, les guitares et les vocaux sont putrides et marécageux, dénués de toute lumière et de toute beauté immédiate. Il n'est pas de la volonté de ces compositeurs de faire quelque chose de prestant : tout est dans l'abomination de compositions compactes et brutales aux guitares peu enclines aux sons graves, aux vocaux pleins de haine et d'emphase maléfique et aux variations rythmiques affolantes. Revenons d'abord sur la voix : celle-ci n'est pas mixée en avant mais sert pour une fois plus d'arrière plan au volume variable, comme si à l'instar de Darvulia, elle se baladait entre les arbres d'une sombre forêt, clamant ses incantations, totalement possédée. Le son est brumeux et enveloppé d'un voile noir et épais à l'effet relativement raw – DARVULIA est un groupe underground, et semble y tenir. Toute l'étendue de son atrocité sonore prend une ampleur certaine sur "Le Manoir Aux Cadavres D'Enfants", variant entre tempos lancinants et blast-beats furieux, accords guitaristiques dissonants fichant un malaise terriblement complaisant, arpèges électriques dénués de tout bon sens…tout cela est très bien fait, c'est une évidence, et cette musique à un esprit, un vrai, et rarement on eût entendu un Black Metal aussi personnalisé qui respecte malgré tout les poncifs du genre : un exploit. Il est aussi nécessaire de mentionner que la basse est très peu présente, on la distingue de manière ponctuelle, mais en général celle-ci s'avère vraiment en retrait. D'aucuns diront que c'est dommage mais ce n'est pas vraiment mon point de vue : le fait qu'on ne l'entende pas bien empêche les titres d'asseoir une rythmique solide et stable. Ils ne s'en retrouvent que plus personnalisés, le son étant cantonné dans des aigus d'une saleté incommensurable, le résultat étant une musique très figée et très contrastée. Alors que les guitares et la batterie sont souvent rapides, l'absence de sons distincts de basse procure à ce Black une dimension paralysée, frissonnante de terreur, comme si, en plus de cultiver une laideur immonde parfaitement volontaire, il fallait se retrouver en une sorte de léthargie à la fois insupportable et langoureuse. DARVULIA ne fait que gagner des points.

Jusque là, peu de choses à redire : le Black Metal tout en français du groupe perpétue son aura de mystère, sa musique est délicieusement abjecte et malsaine et son univers semble vraiment unique. Quels défauts? Un groupe français de l'underground doit bien avoir quelques petites baisses de régime, faute à ce fichu désir absolu d'intégrité Black. Pour une fois, DARVULIA peut se vanter de réaliser un exploit : résolument Black, l'entité ne s'enferme malgré tout pas dans un Trve conventionnel comme on l'entend des milliers de fois mais semble presque expérimental dans quelques tentatives rythmiques plus tribales ("Toolkhr Belladone") et, comme on le disait tout à l'heure, un emploi assez courant d'arpèges disharmoniques. Original, intègre et malgré tout extrêmement efficace (tous les fans de Black devraient adorer), ce nouvel album marque des points et gageons que le prochain sera tout aussi intéressant.




Marquez et partagez




 
   ORPHANAGE

 
  N/A



- Kobal (chant, tous instruments sauf b)
- Akhron (batterie)


1. Göqkre
2. Monotones Conjurations
3. Le Manoir Aux Cadavres D'enfants
4. La Semeuse
5. Malignite De Sorcière
6. Toolkrh Belladone
7. Nous Sommes Les Plaies Infectes De Ce Monde



             



1999 - 2014 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod