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- Style : Nostradameus
- Membre : Tad Morose

MORIFADE - Possession Of Power (2000)
Par BAST le 24 Décembre 2009          Consultée 2750 fois

C’était l’bon temps. L’ennui était notre quotidien que venait briser à de rares moments notre grand-tante préférée, celle qui savairt le mieux prodiguer de chaudes caresses à notre tirelire cruellement délaissée. Alors le miracle se produisait. Le masque taciturne s'effritait, dévoilant une crispation qui aurait fait le bonheur d’un cours d’anatomie faciale. On se saisissait du dernier magazine et, d’un index humide des coups de langue reptiliens, on faisait claquer les pages, à l’affut d’une dépense essentielle.
Pour se faire une idée, le visuel ou le label constituaient des clés. En septembre 2000, niché dans le papier glacé d’Hard Rock Magazine, s’étendait un petit encart acheté par NTS, le tout nouveau label d’Oliver Garnier. On découvrait une pochette aux tons roses au centre de laquelle un mage à la barbe impeccable expérimentait sa nouvelle boulle de cristal fraichement acquise dans un drugstore du coin. Visiblement, elle lui donnait entière satisfaction. Ça fumait et crépitait comme un 14 juillet, les deux potes serpents du mage se trémoussaient devant cette pyrotechnie de haute voltige et même le ciel manifestait sa joie en pénétrant la boulle de son plus bel arc-en-ciel.

Après LMP (pour ANGRA ou RHAPSODY) puis AFM (pour EDGUY, NOSTRADAMEUS et STEEL ATTACK), NTS venait de signer un nouveau partenariat de distribution. Direction inattendue, la Suède et Lound N’ Proud. La collaboration fut éphémère, moins de deux ans, le temps pour Loud N’ Proud de crouler sous le poids des dettes et pour ses patrons d’aller voir ailleurs si le dollar était plus vert. Elle eu tout de même l’opportunité d’introduire au sein de nos frontières trois formations : FRETERNIA, PERSUADER et MORIFADE.

MORIFADE profitait d’une rentrée 2000 placée sous le signe du heavy épique avec l’arrivée en fanfare - quasi-simultanée - de "Dawn Of Victory" (RHAPSODY) et de "The Fourth Legacy" (KAMELOT).
Les amateurs furent nombreux à tenter l’aventure.
Ceux-là s’entendirent d’abord sur un aspect : la production catastrophique. Pour profiter de l’album correctement, il fallait monter le son au maximum. Un metal très arrangé a le monopôle de l’expiation quand il manifeste ce genre de lacune. Alors, sanction ?
Pas tout à fait, car on avait faim. Et "Possession Of Power" regorgeait de ces saveurs simples dont on aimait se gaver.

Le nouveau-né MORIFADE ouvrait les yeux sur trois paternels : HELLOWEEN, RHAPSODY et STRATOVARIUS.
HELLOWEEN lui a insufflé son goût pour la rythmique galopante, la guitare lead tournicoti tournicota à la "I Want Out" et les refrains catchy que quand tu les chantes t’as les tatouages qui frissonnent. RHAPSODY l’a adoubé au nom des orchestrations, des narrations cinématographiques et du syndrome de l’emphase. Enfin, STRATOVARIUS l’a bercé au son du clavecin, au point qu’on retrouve sur "Possession Of Power" quelques emprunts explicites ("Ancient Prophecy" à la "Black Diamonds", "The Vision And The Temple").
Epique, fédérateur, entrainant, émouvant même, MORIFADE a biffé scrupuleusement les mentions utiles et obtenu le laissez-passer requis pour avoir droit de surfer sur la vague power épique (à la question, "comment reconnait-t-on une vague power épique ?", je répondrais simplement qu’elle est en général assez grande, à la crête arrondie comme une moulure du XVIIIème, surmontée de dentelle en guise d’écume et s’abat dans une gerbe d’éclaboussures gracieuses et mirobolantes).
Epique, donc, avec ce chant habité à la limite du heavy doom (la star suédoise MEMENTO MORI n’est pas loin). Fédérateur au motif de refrains emprunts de solennité ("Ending Of Time", "Cast A Spell") ou de nappes de clavier, soubassement charnus des passages les plus intenses. Entrainant sur "The Signs", et l’happy metal "To Live Forever", deux hymnes que le respect force à écouter le port altier. Touchant sur "A Northen Rhyme", ballade à la "Echoes Of Tragedy" (RHAPSODY) version féminine (les chœurs). "Hollywood metal", en sus, le titre de clôture et sa longue narration ou ses breaks cinématographiques évoquant le second des paternels répertoriés plus haut.

Au niveau qualitatif, "Possession Of Power" est scindé en deux parties. La première manifeste quelques ratées. Malgré une poignée de mélodies intéressantes et un propos somme toute convaincant, peu de titres sortent réellement du lot, à part peut-être "Cast A Spell", plus accrocheur que les autres. Par contre, à compter de "The Signs", MORIFADE ne recueille pratiquement aucun reproche. On le sent plus à l’aise dans ce happy metal orchestral dans lequel il se donne sans relâche, comme sur le final "Ancient Prophecy" qui, malgré une narration niaise et longue déroule une épopée bien en chair, à coups de cuivres synthétiques, de lignes de chant épiques, d’orchestrations éclatantes, avec en point d’orgue un refrain explosif.

Un bon album, donc. En dépit d’une production essoufflée et de débuts hésitants, MORIFADE s’introduit dans la cour convoitée des formations heavy/speed avec quelques arguments crédibles. Rien d’inoubliable, j’en conviens, le recul aidant. Reste que peu après sa sortie, il a égrené ses mélodies à de nombreuses reprises, suscitant un franc plaisir.

Après la mort de Loud N’ Proud, ses protégés s’en sont partis voguer ailleurs. PERSUADER entra par la grande porte chez Noise records, auréolé de sa victoire au "Young Metal Gods" organisé par le label allemand avec la collaboration de sept magazines papier dont, il me semble, Hard Rock France), FRETERNIA trouva un refuge précaire sous le toit des espagnols d’Arise Records (DARK MOOR, VIPER, encore un label qui va mourir en 2005), tandis que MORIFADE, après moult écueils, se retrancha aux Pays-Bas, paraphant un contrat de deux albums avec Hammerheart Records (rebaptisé par la suite en Karmageddon Media). Le glas pour MORIFADE, surtout en France, la faute à une distribution éparse et à un second album peu avenant (le troisième fut bien meilleur). A voir si le suivant, "Empire Of Souls", relancera la carrière de cette formation tombée dans l’oubli. A en juger les difficultés que rencontrent MORIFADE dans ses tractations avec des enseignes potentielles (alors que l’album est finalisé depuis près d’un an), l’avenir est strié de doutes plutôt que de certitudes.

Oui, m’dame, c’était l’bon temps. Aujourd’hui, on ne se fie plus aux labels pour dénicher sa came, tous ont été contraints de brasser très large avec la percée fulgurante de l’extrême (la prudence m’impose cette précision : ce n’est pas une critique). En termes de heavy metal, il n’y a guère plus que LMP qui reste attaché à sa ligne éditoriale initiale. Mais la survivance de cet ultime bastion, affirme-t-on depuis quelques années, est mise à chaque album à rude épreuve.

Note : 3,5 / 5

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   (2 chroniques)



- Stefan Petersson (vocals)
- Jesper Johansson (guitars)
- Henrik Weimedal (bass)
- Kim Arnell (drums)


1. Possession Of Power
2. Dragonlord
3. Cast A Spell
4. Ending Of Time
5. The Signs
6. My Own Majesty
7. To Live Forever
8. The Vision And The Temple
9. World Of Steel
10. A Northen Rhyme
11. Ancient Prophecy



             



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