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PELICAN - Australasia (2003)
Par MOX le 20 Avril 2006          Consultée 2470 fois

Il y a quelque chose d’assez étrange pour moi dans le cas Pelican, et plus particulièrement « Australasia », c’est qu’à priori, je ne suis pas un grand amateur du style, ou plutôt du mélange de style, dans lequel évolue la jeune formation originaire de Chicago. Ce serait quelque chose qui emprunte aussi bien au stoner pour le côté gras et poussiéreux de la musique qu’au mouvement post-hardcore (ou postcore si ça vous chante) dans sa manière de ralentir le rythme sans en perdre l’entrain. Dans mon cas, navré de vous étaler ma vie mais ça me permettra d’effectuer une transition, l’aspect « desert, yeah ! » du stoner et les chants hurlés typiques du post-hardcore constituent à mes oreilles les gênes essentielles (et à vrai dire, les seules).

Pelican est quasiment arrivé à en faire abstraction. Pour le chant, la tâche n’était pas trop difficile : pas de chant. Pelican est donc entièrement instrumental, et l’idée fut en réalité lumineuse. Ce n’est pas qu’aucun chant n’aurait convenu à l’affaire (les hurlements non, ça j’en suis certain), mais l’absence du meneur a finalement resserré les liens des autres. C’est tout du moins l’impression qu’on peut en avoir, puisque l’on est immédiatement réceptif aux jeux de chaque instrument, sans que la voix n’en occulte. Le son, quant à lui, en devient coupable d’étouffement tant l’enregistrement est cru, et rapide. Les cymbales se démarquent étonnamment et achèvent de noyer une basse déjà mise en retrait derrière les guitares accordées plus bas que bas. Ce n’est d’ailleurs pas le seul effet qui leur est appliqué, puisque Pelican se voulant stoner, chaque corde a droit à sa tonne de graisse. Les notes bavent, le son résonne et embourbe toute la musique, nécessitant une attention toute particulière à l’écoute des riffs, s’extirpant difficilement de ce bourbier.

Toutefois, l’ambiance habituelle : rocailleuse, ensoleillée et désertique de ce genre de musique est loin d’être prépondérante, même si elle s’y retrouve, dans ces parties entraînantes légèrement plus enjouées, stoner sans nul doute. Mais Pelican est tout de même d’une autre trempe, un détail supplémentaire l’enrichit et l’écarte de sentiers connus. « Australasia » est vivant, chaud. Il grouille de sons, de différences de tonalité. On entend les cordes des acoustiques (des folk ?) résonner et se faire continuellement maltraiter, les peaux claquent, car Pelican est en perpétuel mouvement. Il s’agit d’avalanches de riffs, de progressions sans arrêts, de rythmes qui se bouffent entre eux. Même l’acoustique morceau n°5 n’arrête pas, véritable dialogue passionné entre 3 guitares. Une musique brûlante et énergique. Et il y aurait pourtant de quoi se poser des questions parce que Pelican n’est pas honteusement rapide. Son leitmotiv est plutôt d’alourdir l’ensemble, le rendre larvaire, gras, fatigué.

Malgré ceci, « Australasia » possède un groove remarquable, assez subtil puisque ralenti, assez léger puisque Pelican parvient à donner une dimension aérienne à sa musique. Plus exactement, et ce sans en appeler à des claviers, les morceaux sont majestueux et décrivent quelque chose d’imposant, et qui tente de se mouvoir. C’est d’ailleurs assez applicable à ce que peut ressentir l’auditeur, subitement comprimé sur son fauteuil tant le rythme pèse un âne mort, puis également enclin à bouger, à danser parfois (« Angel Tears ») pour évacuer. Une différence de comportement assez étrange, qui prend naissance lorsqu’une guitare plus aiguë, presque lavée de toute saturation, tente d’émaner du limon boueux rythmique. Cela dit, « Australasia » n’est pas violent, ni noir, ni froid. Tout juste la beauté de certaines mélodies s’explique, dans mon ressenti, par leur aspect légèrement mélancolique.

L’album est en réalité rassurant. Être instrumental ne déroute pas longtemps puisqu’on assimile rapidement l’objet, écartant toute technique et tous schémas complexes. « Australasia » est autant monté sur mélodie que recouvert de poussière. S’il est facile, il n’est pas moins dénué d’intérêt, le jeu du son et l’ambivalence légèreté/lourdeur quasiment indissociable y étant pour beaucoup dans l’accoutumance « positive ». Joli, et très reposant.

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- Laurent Lebec (guitare)
- Trevor De Brauw (guitare)
- Bryan Herweg (basse)
- Larry Herweg (batterie)


1. Nightendday
2. Drought
3. Angel Tears
4. Gw
5. Untitled
6. Australasia



             



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