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KHANATE - Khanate (2001)
Par MOX le 2 Février 2006          Consultée 2101 fois

Bon, je le fais ou pas cet affront ? Allez, je le fais, histoire de mettre tout le monde sur un pied d’égalité. Au cas où vous seriez intéressés donc, le khanat est le territoire que contrôle un khan, un « chef » en turco-mongol (Gengis Khan, ça vous parle ?). Voilà, ce sera tout. Maintenant, si vous allez jusqu’à me demander le rapport avec le groupe, je vous répondrai qu’il n’y en a probablement aucun. Étonnant, non ?

Un poil plus précis désormais : le premier essai de ces charmants bambins en quête de sonorités fraîches n’est pas rassurant. Il ne s’agit aucunement de musique progressive quelle qu’elle soit qui multiplie les mélodies à tiroirs ni d’environnement trop rapide et trop parkinsonien pour y suivre le fil conducteur (surtout quand il n’y a pas). Non, le problème de Khanate, c’est que c’est douloureux. C’est un entartrage au bitume qui, j’en suis sûr, bloquera la majorité des personnes habituées aux productions lisses. On joue dans le cru, ici, ma bonne dame. Ni un punk mal mixé ni un true black laissé tel qu’il a été enregistré, mais un rassemblement d’outils contondants et tranchants, le plus bel exemple étant sans conteste la guitare, délirante dans ses sévices. L’enregistrement est fait de je ne sais quelle manière, mais il transparaît au final l’impression d’être au plus proche de la corde grattée, qui lacère subitement et libère sa note après un claquement apeurant.

Oui, c’en est à ce point-là, et plus concrètement encore, elle sert de bouche-trou entre les riffs, symbolisant le break à elle-seule par le biais d’une maltraitance infinie de ces cordes, grincements et crissements qui rappelleront -complètement au hasard- le bruit d’un ongle sur un tableau noir. En fait, et pour ne pas me répéter, c’est sans grande surprise que je vous révèle le schéma musical quasi-identique à l’album suivant. J’en profiterai toutefois pour rappeler l’aisance avec laquelle Alan Dubin personnifie l’aspect tout bonnement illuminé de l’engin en criant comme une sorcière fière de sa nouvelle concoction. Là-dessus, une basse évidemment plus basse que basse, nue comme un ver et dont le grésillement peut même s’entendre, comme si on regardait de très près l’oscillation de la corde une fois touchée.

Tout ceci est joli et constitue le ciment de leur musique qui, si vous réussissez à y trouver une once de plaisir dans cette séance de fracassement d’oreilles et même s’il n’y avait rien d’autre à glaner derrière, suffirait aux plus acharnés, avides de morceaux sans queue ni tête. Loin de moi l’idée de penser que « Khanate » puisse passer à la radio, refrains entêtants sélectionnés pour les pubs télé, car il y a bien un semblant de rythme, des riffs qui reviennent narguer de temps à autres, plantant ainsi un étendard « doom » que je me garderai bien de définir davantage. Excessivement lent et désaxé, ce rythme est finalement bien frêle, en proie à tous les breaks, et qui n’hésite pas à disparaître dès qu’un gros coup brut de batterie survient. Jusqu’à ce moment-là, nageaient dans un sérieux bordel des sons qui s’amusent à « qui c’est le plus grave » et « qui c’est qui laisse la place au riff aigu ». « Skin Coat », de cette manière, en devient géniale, parcourue de riffs baveux et de guitares aux allures extraterrestres, sublimé comme je vous le dis plus haut par cette production et son made in « j’fais mal ».

Ensuite, quand un break fait irruption (j’ai pas l’impression de me répéter, non), c’est à de nombreuses reprises que Khanate va lorgner du côté de SUNN O))) en expérimentant sur les bruits et les infra-basses. Ceci est en réalité assez dommage, et justifie la note moindre face à « Things Viral » qui s’écarte, lui, quasi-totalement de ce jeu « drone » reconnaissable parmi tous. Qui plus est, « Under Rotting Sky » et ses dix-huit minutes s’avachissent trop longtemps sur cette musique, légèrement plus agréable à l’écoute, mais aussi moins inventive que ceux qu’ils singent.

« No Joy » relève largement le niveau en laissant une place plus qu’importante à la voix d’un fou à lier en pleine ascension psychotique (encore plus allumé qu’au départ, quoi) et achève ainsi ce « truc » à peine classable, tartiné d’emprunts à SUNN mais déjà hautement intéressant. C’est bon, le lien avec les chefs mongols vous paraît clair maintenant ? Non ?

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   (2 chroniques)



- Alan Dubin (chant)
- Stephen O'malley (guitares)
- James Plotkin (basse)
- Tim Wyskida (batterie)


1. Piece Of Quiet
2. Skin Coat
3. Torching Koroviev
4. Under Rotting Sky
5. No Joy



             



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