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DEATH METAL  |  STUDIO

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MORTUARY DRAPE - Buried In Time (2004)
Par UDUFRU le 26 Mars 2005          Consultée 1423 fois

Frappée par la précision quasi-photographique du superbe dessin ornant la pochette de ce « Buried in Time », et n’ayant aucune connaissance préalable du combo italien MORTUARY DRAPE signé chez Avantgarde, je crus l’espace d’un instant détenir un album de metal progressif sombre à la DEATH MACHINE, tant l’image, froide et lisse, me semblait dépourvu du flou artistique glauque que l’on est en droit d’attendre d’un artwork de metal extrême. C’est le logo du groupe, assez original, qui me détrompa, lorsque je pus enfin détacher mon regard des détails de la peinture (trop ?) parfaite : ailes membraneuses de vampire, queue fourchue de satyre démoniaque, et pour finir, traditionnel antéchrist… les stéréotypes de l’extrême étaient là. Le disque se rua dans mon lecteur avec enthousiasme.

Une brume translucide envahit alors ma chambre, dont le plafond, auparavant blanc, se couvrit de moisissures rampantes d’où dégouttait un liquide verdâtre et nauséabond. Je fus immédiatement transportée dans la partie droite de la pochette : au centre d’une plaine sans horizon jonchée de cercueils entrouverts laissant exhaler des miasmes macabres.
Soudain, une planche vola en éclat et un spectre évanescent fit irruption du sarcophage. L’ambiance morbide distillée jusqu’ici se métamorphosa en thrash-death technique sans concession. La créature harangua ses compagnons fantomatiques d’une voix gutturale amplifiée et brouillée par un écho inexplicable et par là même terrifiant… Les feux de l’enfer, figurés par un jeu quasi continuel de double grosse caisse, s’alimentèrent des acclamations d’ectoplasmes sortant de terre par centaines au rythme effréné d’un discret riff heavy (« Unfading Revenge »).
D’abord terrorisée par ces apparitions, je poussai quelques hurlements stridents (« Look Behind », « Animism »…), qui ne firent qu’augmenter la cadence du rythme lourd et puissant de la batterie, diabolique de précision mais par trop mise en avant. Les flammes infernales couvraient en effet les autres sons jusqu’à l’asphyxie, et les guitares qui s’entrecroisaient en arrière-plan restaient désespérément inaudibles, comme bâillonnées par un linceul assourdissant… sauf en de brefs instants, où les musiciens moribonds soulevaient leur drap mortuaire et usaient leurs phalanges dans un ultime solo souvent réussi (« Who Calls me », « Your Last Cradle »…).
Des superpositions de voix, gutturale et écorchée, accompagnaient à merveille cette manifestation satanique (« Deep Void »), supplantées parfois par un chuchotement angoissant mêlé à la sombre beauté d’un riff mélodieux (« Spiritism… aroud us »).

Cependant, alors que j’errais depuis quelques minutes dans ce lieu de cauchemar, je remarquai que les zombies qui m’entouraient n’étaient pas encore en putréfaction… tout au plus entamaient-ils le long processus de décomposition. Aucun lambeau de chair ne maculait la plaine, et je finis sans peine par m’acclimater aux visions d’outre-tombe ; si bien que petit à petit, mon plafond redevint immaculé, les mycoses s’y enfoncèrent pour à jamais disparaître, et je me retrouvai dans la partie gauche de la pochette… La surenchère technique ainsi que la production proprette de ce death metal dense mais trop lisse, à l’image de son artwork, nuisait aux ténèbres revendiquées. De plus, l’homogénéité des morceaux m’empêchait d’en retenir un seul, l’absence de riff marquant ne pouvant être suppléée par un batteur, aussi omnipotent soit-il. Les guitares, de toute façon, étaient en retrait dans ce paysage sonore compact, uniforme… Pour toutes ces raisons, l’heure d’écoute s’avéra un tantinet longue…

Sixième opus d’une bande d’Italiens enragés, « Buried in Time » frappe fort (surtout sur ses fûts) et mérite indiscutablement sa place entre les oreilles des amateurs de violence méthodique, qui useront leurs nuques sur ces onze morceaux belliqueux. Les autres regretteront l’absence cruelle de sensations lugubres et galeuses comme certaines formations, à l’instar de MORBID ANGEL, savent si bien les provoquer…

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- War Machine Helgast (batterie)
- Cruel Abbot (guitare)
- Arcane Of Veiled Light (basse)
- Wildness Perversion (vocaux)
- Seeker Of The Unknown (guitare)


1. Unfading Revenge
2. Deep Void
3. Ectoplasm
4. Mistery ...guide Us To Death
5. Look Behind
6. Mirror Portrait
7. Who Calls Me
8. Spiritism ...around Us
9. Animism
10. Your Last Cradle
11. Crosses In Graveyard



             



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