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- Style + Membre : Hammerfall, Cans, Fates Warning

WARLORD - And The Cannons Of Destruction Have Begun (1984)
Par JULIEN le 29 Janvier 2004          Consultée 5290 fois

Groupe culte par définition, WARLORD est au Heavy Metal ce que fut un temps BLIND GUARDIAN : une sorte de secret connu de quelques initiés… Du moins avant que HAMMERFALL ne ravive le souvenir de cette formation américaine du début des 80’s : c’était la reprise « Child Of The Damned », écoutable sur le premier album des suédois (« Glory To The Brave »), et laissant entrevoir la vision d’un groupe qui, très tôt (1984), s’était présentée comme un précurseur.

Seulement voilà, du fait d’obscures manigances du destin, jamais WARLORD ne fut réellement en mesure de jouir des opportunités d’étendre les effluves épiques de sa musique au delà d’un cercle restreint d’auditeurs. Ce qui se traduisit forcément par un quasi anonymat injuste autant que déplorable. D’où cet acte nécessaire de réhabilitation que je me propose de mener à ma manière, grâce à cette chronique de ce qui restera, parmi la très bizarre discographie de WARLORD, le seul véritable album studio avant la reformation de la fin des 90’s (avec Joacim Cans d’HAMMERFALL au chant).

« And The Cannons Of Destruction Have Begun » est donc un enregistrement de Heavy Metal épique, à vrai dire assez singulier : on pense parfois à MANOWAR (les lignes vocales du sombre “Black Mass” notamment), mais WARLORD est finalement très différent de la bande à DeMaio : nettement moins puissant, le groupe du guitariste William Tsamis et du batteur Marc Zonder (futur FATES WARNING) épouse une définition du Metal qui dépasse le cadre de la musculature des guitares et du caractère fédérateur de refrains virils et conquérants, le tout soutenu par l’incomparable ambiance à la Conan, des MANOWAR. Complexe et presque raffiné dans son travail mélodique assez impressionnant pour l’époque, loin de la simplicité efficiente de la majorité des combos de l’époque, WARLORD s’appliquait bien davantage à développer des thèmes mélodiques et soignés, parfois pas si éloignés d’une certaine saveur FM (« Soliloguy » et ses synthés à la « Trilogy » de MALMSTEEN, le refrain et la couleur d’ensemble du rythmé et très caressant « Lost And Lonely Days »…).

Attention, WARLORD n’est pas BON JOVI ! Nous avons ici affaire à des musiciens portés sur une forme réelle d’agressivité, mais comme transfigurée par une propension indomptable à napper l’ensemble d’un voile accrocheur et charmeur… même si les sirènes ne sont pas toujours très loin, comme en atteste le puissant et inoubliable « Lucifer’s Hammer », LE morceau incontournable de WARLORD ! Et d’ailleurs, à moins d’être profondément sourd, difficile de taxer de Hard Sucré le génial « Child Of The Damned » (introduit par un instrumental somptueux de deux minutes), son riff incisif transcendant, et son désarroi rageur. Et je ne parle pas du chef d’œuvre « Deliver Us To Devil », composition minutieusement élaborée pour faire grimper la tension et nous saisir littéralement… et quel toucher unique que celui de Tsamis, l’un de ces guitaristes qu’on ne peut pas ne pas reconnaître, avec ce mélange de néo-classique, de riffs vibrants et de chorus aigus proches des sons que peut produire une flute!

De surcroît, on aurait tort d’omettre l’importance tenu ici par le chanteur dans l’établissement du climat d’ensemble de l’œuvre, assez envoûtant, parfois surnaturel : cette voix assez chaude et peu puissante, certes, mais profonde, presque délicate, et habillée d’un léger écho quasi permanent qui cerne encore mieux les émotions… oui, cette voix joue un rôle majeur ici. Elle apporte à la musique une petite touche un peu désuète pas forcément déplaisante et qui, associée à la finesse du jeu de Tsamis et des élaborations rythmiques de Zonder, ne fait que contribuer à arrondir les angles d’une musique qui n’a rien de sauvage. Au contraire, on a parfois l’impression d’entendre une version bien métallisée et assombrie de BLUE OYSTER CULT (assez flagrant sur le riff d’intro de « Black Mass » qui n’est pas sans évoquer « Godzilla »), avec ce petit côté kitsch plutôt sympathique (je ne peux m’empêcher de sourire à l’entame du refrain d’ « Aliens », qui m’évoque vraiment une musique de dessin animé japonais des 80’s).

Original. Voilà peut être l’adjectif qui convient le mieux pour décrire le Metal épique de WARLORD, à un moment où le genre n’en était alors qu’à ces balbutiements. Tsamis faisait alors preuve d’une véritable talent de prescience, explorant des arrangements riches et inédits (les claviers en nappe abondent chez WARLORD), et se parant d’une certaine luxuriance vraiment rare et précieuse pour l’époque, défrichant les sentiers qu’emprunteraient bien d’autres musiciens par la suite. De quoi motiver un peu de révérence.

Culte autant qu’excellent, WARLORD se présente donc pour moi comme une formation immanquable des 80’s, même si dépositaire d’une très maigre production musicale. Ce qui n’est pas d’ailleurs sans jouer sur le statut particulier que le groupe fut contraint d’endosser : celui d’un groupe maudit, auréolé de mystère, de ceux qui rodent autour des coffres au trésor poussiéreux, réceptacles de l’imaginaire pleins de promesses, à la hauteur des efforts déployés pour les découvrir. Car sachez-le, avant de pouvoir faire sauter le cadenas retenant prisonnier cet héritage d’autres temps, il vous faudra explorer bien des chemins escarpés, tant mettre la main sur les oeuvres de WARLORD s’apparente à une gageure! Mais la qualité de ce Metal mérite bien qu’on se donne de la peine, quand bien même je ne saurais garantir totalement la satisfaction du chanceux qui en débusquerait un exemplaire : WARLORD composait vraiment une musique à part, complexe, très mélodique, et peu virulente comparée aux valeurs montantes d’alors.

Pour conclure, et si vous y parvenez, je ne saurais que vous conseiller de vous prononcer plutôt pour l’acquisition du Best Of (voir chronique disponible sur le site), la totalité des titres de ce « And The Cannons Of Destruction Have Begun » y figurant - mais parfois interprétés par un autre chanteur, ce qui maintient malgré tout l'intérêt du disque ici chroniqué. Quoi qu'il en soit, les ouvrages de WARLORD sont si rares qu’il serait avisé de ne pas laisser passer la moindre opportunité de s’en doter. Vous voilà avertis !

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   JULIEN

 
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- Rick Cunningham (chant)
- William Tsamis (guitare)
- Dave Watry (basse)
- Diane Arens (claviers)
- Mark Zonder (batterie)


1. Lucifer's Hammer
2. Lost And Lonely Days
3. Black Mass
4. Soliloguy
5. Aliens
6. Mcmlxxxiv
7. Child Of The Damned
8. Deliver Us To Evil



             



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