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DRENALIZE - Edge Of Tomorrow (2022)
Par GEGERS le 1er Octobre 2022          Consultée 1658 fois

En Lorraine, le temps ne s’écoule pas de la même manière qu’ailleurs dans le monde. Un exemple ? Zieutez donc du côté de chez DRENALIZE. Là où les jeunes groupes, une fois leur premier album publié, ont à cœur de lui offrir rapidement un successeur afin de confirmer les espoirs et corriger les approximations juvéniles, le quintet français nous a pour sa part surtout proposé un silence assourdissant, que ne sont pas parvenus à combler les concerts donnés en première partie de groupes établis. Il nous aura fallu ainsi attendre sept ans pour découvrir le successeur de "Destination Everywhere", album fondateur aux nombreuses qualités.

Mais l’attente n’aura pas été vaine. Avec quelques menus changements de line-up (le départ du bassiste Hugo Madeira, l’arrivée du guitariste Max Yme, ici dénommé Max Waynn), DRENALIZE a aiguisé ses couteaux pour élaborer un album qui, fièrement auto-produit, semble à même de rivaliser avec les grosses productions du genre. Tout ici témoigne d’une volonté du groupe de hisser son niveau : le visuel, dont le code couleur et le style peuvent rappeler d’autres groupes de la scène Hard Rock, tels que H.E.A.T., met en scène avec brio le chanteur Chris Voltage, et dégage une intensité et une énergie entremêlées qui sont ici la promesse d’un album "bombastic". Le son fait également ici l’objet d’un soin particulier. Rarement sur les auto-productions peut-on entendre une telle clarté dans le mixage des instruments, chacun étant parfaitement distinct, mais l’ensemble sonnant de manière cohérente et solidaire. Un immense travail qui porte ici ses fruits, tant on prend plaisir, au fil des écoutes, à dénicher toutes les subtilités et apprécier la richesse du son, gros point fort de ce deuxième album.

Largement inspiré par SCORPIONS ou DEF LEPPARD (vous aurez naturellement compris le clin d’œil du nom du groupe), DRENALIZE se fait néanmoins plus musclé que ses modèles. Pas tellement en termes de puissance et d’intensité que de mélange des genres, le groupe prenant visiblement plaisir à intégrer dans son Hard Rock des éléments issus d’un Metal souvent mélodique, mais parfois brutal et rugueux. Finalement, bien qu’il pose sa musique sur des bases Hard Rock, DRENALIZE ne semble pas tant désireux de se tourner vers les racines Blues du genre que motivé par l’ajout de sonorités issus du classique, notamment dans le phrasé des guitares, dont le son et l’interprétation, parfois très clinique, peuvent créer des ambiances surprenantes et intéressantes. À plusieurs reprises, l’impression d’entendre une productive copulation entre le léopard sourd et STRATOVARIUS, un mélange plutôt efficace et non dénué de saveur. Les appétences de Max Yme pour les musiques progressives ne sont sans doute pas étrangères à ce constat.

Passé un court instrumental introductif, ce sont les sonorités très typées années 80 de "Strangers In The Mirrors" qui nous cueillent et donnent le ton de cet album : les ambiances sont Hard Rock, mais le groupe, audacieux, n’hésite pas à proposer des morceaux qui s’étendent, aux structures entremêlées non conventionnelles, aux solos souvent doublés. Il y a ici de la matière, et un tas de bonnes idées qui donnent vie à ces morceaux séduisants. Le chant de Chris Voltage, dont la voix peut rappeler Olivier Del Valle (SHANNON) et dont certaines intonations lui donnent un petit côté Blackie Lawless (W.A.S.P.) se fait versatile, allant du suraigu aux growls, avec un petit côté rugueux qui apporte une appréciable "patine" à l’ensemble, contrebalançant l’aspect très (presque trop) propre des guitares. Conscient des limites de son coffre, Chris Voltage compense par d’astucieuses harmonies vocales et des arrangements qui permettent au chanteur de ne pas rougir face aux grands noms du Hard Rock dont il s’inspire.

La force principale de ce deuxième album réside néanmoins dans la capacité du groupe à proposer des mélodies et refrains impressionnants de maturité et de justesse. Sans aller chercher le "tube", DRENALIZE invente, s’amuse, prend des chemins détournés pour construire des titres dont la profondeur est une richesse. Le mid-tempo "No Miracle", avec ses ambiances à la DOKKEN, propose par exemple un appréciable changement de rythme qui lui permet de ne pas lasser. Tant au niveau vocal qu’instrumental, la recherche mélodique semble au cœur des préoccupations du groupe. Entre le superbe refrain du morceau "Eternal Eclipse", et la flamboyance des guitares sur l’instrumental "Passage En Force", DRENALIZE nous régale avec une décontraction qui semble naturelle.

L’alambiqué "Into Madness" est sans aucun doute un des moments forts de l’album, titre Heavy Rock furieux qui s’achève sur des sonorités très modernes, quasi Metal, porté par ce qui est sans doute le meilleur refrain proposé par le groupe. L’énumération des temps forts serait rébarbative, évoquons donc simplement "Fast And Lethal" (il y a du VAN HALEN dans les six-cordes), le clin d’œil à JOURNEY "Something To Believe In" (tout y est, des harmonies vocales au changement de ton en fin de morceau), ou encore "Edge Of Tomorrow", dont la rythmique façon "Doctor Doctor" (UFO) sert de base à un titre à la fois conventionnel mais parfaitement exécuté, agrémenté d’un délicieux solo. Petite cerise sur le gâteau, la ballade "Thirty More Seconds" joue à fond la carte Hard US tant au niveau des paroles (petit clin d’œil à CINDERELLA) que des mélodies qui vont chercher autant du côté de BON JOVI que de WHITESNAKE.

Sans complexe, et avec un indéniable talent, DRENALIZE a su mettre toutes les chances de son côté pour marquer les esprits, et le groupe ne faillit pas sa mission. "Edge Of Tomorrow" a l’intelligence de ne pas aller sur le terrain des productions Hard Rock européennes actuelles, mais plutôt de jouer sur deux tableaux, mêlant la nostalgie des années 80 et des ambiances contemporaines dont la guitare se fait l’artisan principal. Dix titres, dix réussites qui nous font souhaiter un succès mérité pour le groupe, et nous font espérer une suite de carrière prometteuse. En espérant que sept années ne s’écouleront pas avant la poursuite des activités de ce groupe qui mérite tout notre soutien.

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   GEGERS

 
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- Chris Voltage (chant)
- Julien Angel Brunello (guitares)
- Max Waynn (guitares)
- Rick Thunder (basse)
- Alex Gricar (batterie)


1. 2049
2. Strangers In The Mirrors
3. No Miracle
4. Eternal Eclipse
5. Thirty More Seconds
6. Passage En Force
7. Into Madness
8. Fast 'n' Lethal
9. Something To Believe In
10. Edge Of Tomorrow



             



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