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ARION - Vultures Die Alone (2021)
Par JEFF KANJI le 1er Décembre 2021          Consultée 467 fois

Je comprends beaucoup des raisons dans les choix des artistes quant à leur esthétique et leurs choix de composition, à mesure que le temps avance et que les rouages de ce métier s'ouvrent toujours plus. Et s'il y a bien une chose que je regrette et qui se généralise, c'est qu'ils sont nombreux à suivre la tendance, celle qui mènera bien des groupes à leur perte artistique et financière : j'ai nommé la musique comme consommable.

Hyper sollicités nous sommes, difficile de le nier, de l'ordinateur à la TV, en passant par la publicité partout et les smartphones. Et souvent l'Homme trouve très vite comment détourner de son usage vertueux un outil comme Internet. Si bien qu'au-delà des progrès technologiques planétaires, de l'accès démocratisé à la connaissance, c'est bien l'obsession des auteurs de SF, à savoir l'asservissement de l'Homme à la machine, qui se dessine. Je n'ai moi-même pas vu en quinze ans la croissance, les progrès mais aussi la régression qu'ont créé le concept ingénieux de réseau social.

De cette révolution numérique, la musique ne sait pas trop quoi en penser et reste le cul entre deux chaises, c'est notamment le cas du Metal, une musique de puriste par définition. Mais devant un format album dont la sacro-sainte cohérence temporelle et artistique semble ne pas coller aux modes de consommation actuels, beaucoup se cassent les dents ou profitent, les bienheureux, de leur succès passé qui leur permet de remplir les salles de concert sans exiger d'eux de plier. Mais pour les groupes de cette nouvelle génération c'est infiniment plus compliqué : déjà parce qu'ils sont très (trop) nombreux, que l'offre est pléthorique, alors que la demande n'évolue pas proportionnellement, et que se faire une place sur le Net va générer des revenus précieux et du "trafic" comme ils disent dans leur jargon d'informaticiens.

ARION fait partie de ces jeunes talents apparemment condamnés à observer les recettes qui marchent pour espérer survivre avec leur art. Car la qualité de leur musique ne suffit hélas pas… Si seulement… Car il faut bien le dire, avec un "Last Of Us" défendu ardemment (alors que bon…) et surtout un "Life Is Not Beautiful" de toute beauté, les Finlandais sont assurément sur un bon rail. Mais hélas, le groupe opère un ravalement de façade plutôt spectaculaire en se posant désormais en parfait coreligionnaire de BEAST IN BLACK ou TEMPERANCE, deux formations qui, comme vous l'avez sans doute déjà remarqué si vous traînez votre souris dans le coin, ne m'ont que moyennement convaincu jusqu'à présent.

Déjà l'idée d'un chant féminin pour porter le marketing des clips est une nouvelle fois reconduit, et après le très efficace "At The Break Of Dawn" bien servi par Elize Ryd, pas dépaysée des masses de son AMARANTHE de cœur, c'est autour de Noora Louhimo, la compatriote et chanteuse émérite de BATTLE BEAST qui vient donner de sa voix rugueuse et puissante ; ça fonctionne mais moins bien c'est clair. ARION applique les recettes de fabrication d'un tube à la lettre, et c'est bien le premier des problèmes ; c'est une chose de rendre son discours musical lisible, encore faut-il ne pas oublier d'avoir des choses à dire. Et dans le cas du Heavy et plus précisément du Power, c'est souvent une catastrophe.

Si les mélodies vocales manquaient un peu de peps sur le premier album, on peut dire qu'ARION avait bien corrigé le tir sur son successeur. "Vultures Die Alone" propose d'aller encore plus loin en cherchant les mélodies les plus accrocheuses et simples possibles, pour saisir l'auditeur à la gorge et ne pas lâcher l'emprise jusqu'à la fin du morceau. Et là où BEAST IN BLACK est très fort, ARION ne peut prétendre encore rivaliser, même si une nouvelle fois Lassi Väräänen ne s'économise pas et épate par son engagement et la fluidité de son chant, qu'il soit rocailleux ou plus clair.

Et les mélodies vocales sont tellement au cœur de l'équation que l'expression musicale est réduite à son plus simple appareil. Bien souvent les guitares font de la figuration, et ne proposent aucun riff marquant (quand vous sortez de l'écoute du dernier CARCASS je peux vous dire que ça fait un choc), les claviers se contenant d'effets de manche. La production de Matias Kupiainen est dantesque, surpuissante même, mettant à l'honneur la batterie qui est sans aucun doute l'instrument qui raconte le plus de choses avec le chant.

Et parlons de la cohérence… Il y a une différence entre proposer un album varié et un assemblage hétéroclite. Pour le coup, la comparaison entre "Life Is Not Beautiful" et "Vultures Die Alone" est édifiante. Ce troisième album part pourtant pas mal du tout avec "Out Of My Life", sans doute le titre qui fait le mieux le lien avec l'album de 2018, et même "Bloodline" fait le job sans sourciller. Mais alors, entre "I'm Here To Save You" et son gimmick de clavier qui me donne envie de réécouter "Salvation" des CRANBERRIES, "I Love To Be Your Enemy" et ses vocaux arrachés amenant un refrain hors-sujet, ou encore le plus éthéré et symphonique "Where The Ocean Greets The Sky" qui rappellera les meilleurs moments de spleen de SONATA ARCTICA ou DYECREST, ou "I Don't Fear You" qui là pompe ouvertement BEAST IN BLACK, insistant pour nous faire entrer son refrain dans la tête, il y a vraiment trop d'informations contradictoires qui se dégagent de ce disque, qui s'achève sur une ballade moisie, bien loin du niveau de la naïve "You're My Melody" de "Last Of Us".

Bref, ARION a essayé avec beaucoup de détermination de nous farcir la caboche, résultat des courses, je n'ai quasi rien retenu de "Vultures Die Alone". Dont acte.

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   JEFF KANJI

 
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- Lassi Väräänen (chant, chœurs)
- Arttu Vauhkonen (claviers)
- Iivo Kaipainen (guitare lead)
- Topias Kupiainen (batterie)
- Georgi Velinov (basse)
- -
- Noora Louhimo (chant sur 3)
- Susanna Alexandra (chant sur 5)
- Kimmo Blom (chœurs)
- Eveliina Lähdevuori (chœurs)


1. Out Of My Life
2. Break My Chains
3. Bloodline
4. I'm Here To Save You
5. In The Name Of Love
6. A Vulture Dies Alone
7. I Love To Be Your Enemy
8. Where The Ocean Greets The Sky
9. I Don't Fear You
10. Until Eternity Ends



             



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