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HALFORD - Confess - Ma Confession (2021)
Par DARK BEAGLE le 30 Août 2021          Consultée 1684 fois

Le Heavy Metal est un genre qui contient son lot de chanteurs emblématiques, qui auront su l’habiter pour lui donner quelques-unes de ses plus belles lettres de noblesse. Parmi eux, nous pourrions citer beaucoup de noms, mais il y aurait une espèce de triumvirat qui en ressortirait, où l’on pourrait aisément associer Ronnie James Dio, Bruce Dickinson et Rob Halford. Le point commun de ces trois lascars ? Avoir quitté un groupe légendaire pour s’envoler en solo (bon, pas tous de leur plein gré) ? Moui, mais il faudrait plutôt chercher du côté référentiel de leur chant, qui ont souvent été imités et rarement égalés. En 2021, parait en France la biographie du frontman de JUDAS PRIEST, "Confess", et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Rob en avait à raconter.

Pour certains, Rob Halford est tout simplement le Heavy Metal. Le Metal God, comme les fans l’ont surnommé. Depuis un demi-siècle, il chante. Pas que dans le PRIEST, il y a eu quelques petits groupes sans lendemains avant celui-ci, il a posé une patte, s’est créé une marque de fabrique et il conserve un capital sympathie indéniable malgré les années passées. Si vous pensez que ce mec a tout pour être heureux, la lecture de son autobiographie pourrait vous faire douter. Longtemps Halford a souffert de la solitude, et il l’exprime d’une façon parfois très douloureuse. Mais ce livre n’est pas là pour faire sortir les mouchoirs, Rob nous narre sa vie avec beaucoup d’humour et d’autodérision, so british.

Il va ainsi revenir sur sa jeunesse à Walsall, ville industrielle non loin de Birmingham, berceau du Heavy Metal, un terme qui correspond bien à cette région de l’Angleterre. Il n’a pas une enfance malheureuse, même si certains souvenirs le terrifient et vont avoir un impact sur son développement personnel par la suite. Pas d’histoires sordides d’incestes, mais la triste réalité de la vie, avec un couple qui s’engueule souvent, le père levant parfois la main sur la mère… Mais cela n’empêche pas Rob d’être épanoui et de se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond chez lui. Il est plus attiré par les garçons. Ce sont des choses qui arrivent, mais dans les années 60, « casser du pédé », c’était un sport de sortie de bar. Et cela restera longtemps un frein pour Rob.

Bon, ok, on ne peut pas dire pour l’instant que les spoilers sont des secrets d’état bien gardés et je m’abstiendrai d’en dire beaucoup plus sur les anecdotes racontées de façon truculente par un Rob malicieux et touchant, cela serait gâcher le plaisir de la lecture. Halford se veut assez sincère pour donner un avis franc sur certains albums du PRIEST qu’il n’apprécie guère, ou pour confesser sans la moindre pudeur quel était le but du groupe portant son nom. De pudeur, il n’en est pas trop question ici. Le chanteur se livre de façon très ouverte sur tous les sujets. JUDAS PRIEST, bien entendu, les manies et tics des musiciens qui l’ont composé à travers le temps, mais également l’alcool, la drogue et bien entendu, le sexe.

Et surtout, il va parler de son homosexualité sans le moindre tabou. Certains noms ont été modifiés par ses soins, mais il apparaît clairement que sa sexualité a été une source de frustrations et de craintes terribles pour lui, le bouffant littéralement. Car la question qu’il se posait et qui fait sens, c’est « comment faire son coming out en étant le chanteur de JUDAS PRIEST et ne pas causer la fin du groupe ? ». Et cela fut une véritable torture pour lui, comme il le raconte fort bien. Il y a souvent une part de malaise presque palpable qui émerge quand il en parle – et il le fait souvent – et on s’en rend compte au détour de certaines anecdotes, entres les envies refoulées, les déceptions et l’impossibilité de vivre sa sexualité aussi ouvertement que Freddie Mercury à l’époque. Et, sous-jacent, il y a cette accusation muette d’homophobie qui pourrait régner dans l’univers du Heavy Metal.

Il en résulte donc une grande solitude. Elle est exprimée, mais parfois, on a l’impression qu’elle était bien plus grande et douloureuse qu’il veut bien laisser entendre. Cependant, s’il avoue avoir touché le fond, il a su remonter à la surface et il n’est plus une menace à la sobriété, merci pour elle ! Son coming out effectué à la fin des années 90 (devant un journaliste qui savait qu’il obtenait un scoop et qui avait du mal à le gérer) l’aura délivré, mais un travail a déjà été fait en amont, suite à certaines histoires que je vous laisse découvrir à la lecture de ce livre, j’ai l’impression d’en avoir déjà trop dit. Ou pas assez, cela dépend du point de vue.

"Confess" permet de comprendre l’homme. Rob Halford. Cela permet aussi de comprendre certains de ses textes qui pouvaient être délicats à appréhender et qui sont autant d’enseignes au néon disant « hey les mecs, je suis gay ! Je vous le dis, je suis gay et si ça ne vous plaît pas, tant pis. Si ça vous plaît, tant mieux ! ». Avec lui, nous revenons sur les premiers pas de JUDAS PRIEST, les concerts galères et petit à petit, la reconnaissance qui a fait entrer le groupe dans une autre dimension, les séparations avec certains membres, son propre départ, son retour, le combat de Tipton contre la maladie de Parkinson et l’envie qui reste, après toutes ces décennies, de rester, de prouver que le PRIEST est toujours au sommet et qu’il souhaite continuer d’aller de l’avant, malgré le poids des ans.

Et surtout, à travers la franchise de Halford, on rit souvent. Certaines situations ubuesques semblent tellement grotesques qu’elles sont à peine crédibles, peut-être qu’il en rajoute ou que c’est juste tellement gros que ça ne peut qu’être vrai. Il ne se glorifie pas, il se moque gentiment de lui-même, parfois des gens qui l’entourent, mais avec une certaine tendresse, cette tendresse un peu virile et exprimée en peu de mots comme on le fait à Walsall (sauf qu’on n’appelle pas ça de la tendresse par là-bas). Et si ce n’était un certain nombre de fautes de frappe (dues au staff de Talent Editions) l’ensemble se lit avec beaucoup de facilité, ce qui est l’essentiel quand on raconte sa vie quelque part.

Bien sûr, ce livre n’est pas essentiel. Un fan de JUDAS PRIEST ou du bonhomme peut très bien vivre sans, mais cela revient à visiter les coulisses, de voir l’envers du décor et cela reste toujours intéressant, voire enrichissant. Rob l’avoue, si sa maison d’édition anglaise ne lui avait pas fixé de barrières, le livre aurait été très épais, peut-être un peu décousu, parce qu’il a beaucoup de choses à dire et il n’exclue pas d’écrire un second tome un jour, où il aborderait de façon plus précise politique et religion, ce qui pourrait être une occasion d’en savoir un peu plus sur le fonctionnement britannique qui semble assez bordélique. Comme partout ? Allons, tout de suite ! Un très bon moment de lecture, agrémenté par un encart photographique très sympathique.

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