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HARD ROCK  |  LIVE

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1980 100 M.P.H

VARDIS - 100 M.p.h (1980)
Par CITIZEN le 7 Août 2021          Consultée 548 fois

VARDIS est un animal curieux, une sorte de dinosaure précoce. Pensez un peu, en ce paysage mouvant de l'Angleterre de la fin des années 70, il ne suffisait pas d'avoir de l'énergie, du talent ou des idées, pour être le meilleur, il fallait savoir prendre le sens du vent et être prêt à jouer plus fort que tout le monde pour pouvoir durer. Dans cette cour des miracles, cette motivation pouvait venir à tout le monde : tout le monde aura en tête des exemples de groupes actifs dès le début des années 70 au coude à coude avec ceux qui ont atteint la gloire d'emblée. VARDIS n'entre dans aucune de ces catégories : actif très tôt, ce n'est qu'avec un EP et ce Live, tous les deux intitulés “100 M.P.H“ que le groupe entame sa carrière de groupe signé et diffusé en 1979.

Live en effet ! Pour ceux qui découvrent le groupe pour la première fois et qui s'esquintent les yeux sur la pochette miniature sur Nightfall, le groupe affiche fièrement son slogan “Guaranteed no overdubs“ : VARDIS a la confiance, VARDIS a la niaque, ils sont là et se déclarent prêt à prendre d'assaut la scène. Ils ont de quoi : le groupe peut se targuer d'avoir pour frontman le charismatique chanteur et guitariste Steve Zodiac, qui arpente la scène torse et pieds nus. Un frontman, un vrai : avec sa voix de stentor à faire trembler les murs même sans ampli et son jeu de guitare emballé qui l'a fait élire dans le top 15 des meilleurs guitaristes du magazine Sounds en 1982, Steve Zodiac est un atout considérable pour le groupe, derrière les manettes comme devant son public, à tel point que pour sa première sortie ambitieuse VARDIS n'a aucun complexe à sortir ce Live, surfant sur une brève période de popularité qui voit les Anglais arpenter les salles triomphalement et cherchant à atteindre les réfractaires ou les inattentifs qui n'auraient pas pu assister au spectacle. Bien que l'exposition médiatique et le raffut que VARDIS aura pu faire soit déjà bien plus massifs que beaucoup de ses compatriotes, cet espèce d'état de grâce ne durera pas : le groupe enchaîne deux albums sans parvenir à se maintenir en tête d'un peloton de plus en plus puissant, avant que des galères juridiques bloquent toute sortie discographique pendant quelques années.

Une histoire donc fort commune pour un groupe qui a eu son année, ou peut-être seulement son été ou sa tournée, qui sait après tout, tout semblait aller si vite alors, pour l'observateur du début du siècle suivant qui a accès a toutes les informations, traque tous les concerts qui se tramaient simultanément dans les bouis-bouis britanniques ! C'est que le cas VARDIS semble être une incongruité, semblait déjà être un artefact d'une autre époque en 1980 à peine : si sa musique franche, frontale et terriblement énergétique lui donne une place de choix pour la jeunesse du moment qui en veut, il dénote et semble complètement égaré au milieu de tous les nouveaux cadors, venant au naturel au milieu de zicos qui se couvrent progressivement de cuir et de clous, et surtout ne tire pas son épingle du jeu en restant bloqué dans la décennie qui s'achève : malgré l'énergie folle de ses compos, VARDIS ne peut cacher que sa musique est essentiellement un Rock surboosté, qui fraye parfois avec le Speed, mais qui fait plus Boogie qu'autre chose. Si ça passe encore au moment de ce Live, très vite on imagine que le public Metal, qui commence à se reconnaître comme tel, ne s'en contente plus ! L’arrivée dans le circuit plus exposé des ténors du moment est effectivement plus ingrat : VARDIS est complètement cerné par des groupes aux influences plus variées et aux horizons plus larges, inimaginables quelques années plus tôt pour qui est resté bloqué sur le paradigme des monstres du Hard Rock en fin de course. D'ailleurs, le groupe a bien choppé son blaze chez STATUS QUO !

Aujourd'hui, dans son salon (ben oui y a plus de live) et en cherchant spécifiquement à remonter l'histoire du Hard pour sa dose de vieilleries et d'anachronismes, le combo paraissait tout à fait convaincant et je m'imagine sans aucune difficulté éméché devant la scène au milieu d'un million d'autres headbangers : les riffs accrocheurs sont là, le batteur massacre sa batterie en s'appliquant au maximum à être le moins subtil possible, et il y a cette voix très vibrante posée par dessus, assez magnétique en fait, qui semble incapable d'agressivité au milieu de la tempête de décibels que les autres instruments, dont la guitare tenue également par Steve Zodiac, déchaînent en continu. Une voix vraiment massive, qui semble pouvoir dispenser la pluie et le beau temps, pleine de feeling. Puis il y a ce son qui vous nimbe complètement, épais et chaleureux, avec des parties instrumentales longues et quelques soli bien tortueux, avec quelques plans bien musclés qui peuvent évoquer TANK (*) ("The Lion's Share"). Les accélérations sont trop peu nombreuses mais au moins elles sont systématiquement efficaces (et beaucoup plus barrées que pour les groupes de la même vague qui commencer à tenter des rythmes plus speed sans être très convaincants, façon JAGUAR) et donnent lieu à des passages vraiment renversants, notamment "The Loser" et le missile thermonucléaire hypersonique "If I Were King" qui conclut le Live histoire de frapper bien fort comme il faut.

Alors, qu'est-ce qui va pas ? Pour moi, vous l'aurez compris, rien, bien au contraire, mais pour l'époque : si on ne peut quand même pas se demander pourquoi IRON MAIDEN et pas VARDIS (faut pas abuser), on pourrait tout du moins poser la question en termes de pourquoi SAXON et pas VARDIS par exemple. Le côté trop pro, pas assez sauvage, la bonne humeur qui se dégage du tout ? Le décalage en termes d'esthétique ? Au bout du compte, VARDIS c’est l’aboutissement d’un certain Hard Rock qui se hisse une ultime fois en vainqueur sur les devants de la scène, avant que les jeunes plus outillés, plus modernes, ne viennent sans effort le dépasser. VARDIS a beau faire, ses compos sont déjà d’une autre époque, l’étaient sans doute déjà en 1979 ou en 1978, le changement officiel de décennie ajoutant un bon millier d’années de décalage avec le reste. VARDIS est-il seulement NWOBHM, bien qu'on puisse difficilement être plus ancré dans ce mouvement qu'eux, géographiquement et temporellement ? Son Hard Rock roots qui surcompense par une débauche de puissance donne plus l'impression d'écouter un Live de Bob SEGER que de VENOM, et en réécoutant ce Live certains plans (certains des soli les plus frénétiques avec plan de wah wah) me font penser au dernier OCÉAN, groupe qui n'était déjà pas exactement à la pointe de l'avant-garde dans sa jeunesse, c’est dire si VARDIS ne réinvente pas l’eau chaude ! C'est ainsi qu'en mars 1987 on peut lire dans les colonnes d'Enfer Mag la phrase suivante : “Qui, à part les puristes, se souvient encore de VARDIS ?“ Quel dommage qu’il ne soit que Rock et non Metal : il lui reste à briller de la seule façon qu’il connaît, par ces Lives incandescents que la reformation du groupe en 2014 a paraît-il réussi à ramener au public.

Amenant sa force primitive à la face du monde, VARDIS n'était pas de nature à compétitionner avec ses contemporains, et il semble presque que c'est une coïncidence malheureuse que la NWOBHM ait éclaté si tôt sans lui offrir les quelques années de répit pendant lesquelles il aurait pu régler par KO. VARDIS, des qualités immenses exprimées trop tardivement.

(*) Attention, quand je sors la comparaison à TANK, c'est toujours un GROS compliment.

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- Steve Zodiac (guitare, chant)
- Alan Selway (basse)
- Gary Pearson (batterie)


1. Out Of The Way
2. Move Along
3. The Lion's Share
4. Situation Negative
5. Destiny
6. The Loser
7. Living Out Of Touch
8. Let's Go
9. 100 Mph
10. Dirty Money
11. If I Were King



             



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