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NEED - Norchestrion: A Song For The End (2021)
Par HAPLO le 21 Juin 2021          Consultée 3087 fois

Vu de mon indigne et minable petit balcon de chroniqueur fourmilien, qu’est-ce peuvent bien signifier les cinq glorieuses et brillantes étoiles constituant le Saint Graal nimien ? La perfection chromée et absolue ? Que nenni cher lecteur passionné, car comme dirait l’autre, la perfection n’est pas de ce monde… et accessoirement la propension consistant à poser un avis sur l’expression artistique d’autrui est bien trop subjective pour être honnête, et de ce fait érigée en règle absolue ! L’adjectif d’excellent lui-même associé à ce score étoilé hors normes peut laisser songeur quand on sait ce que coûte, en termes d’efforts, de travail, de patience, de stress et de litres de bière, la conception, l’enregistrement ou encore la production d’un album… aux résultats artistiques parfois très variables d’un auditeur à l’autre. Ce principe d’excellence est donc trop limitatif à mon goût pour englober tout ce que représente un album et le lot commun de tous les groupes qui, quelque soit le résultat, se sortent quand même les tripes.

Tout cela pour dire que grâce à cette chronique, et surtout à son objet, à savoir le dernier opus studio du combo grec de Metal Prog NEED, savoureusement intitulé "Norchestrion: A Song For The End" paru en janvier 2021, j’ai moi-même mieux compris ce qui pouvait motiver et donc expliquer une telle notation maximale. Cinq étoiles, c’est d’abord un groupe se hissant le temps d’un album, au sommet de son art : une musique et des arrangements pour lesquels ont envisage aucune option/piste d’amélioration, aucun manque, et qui défile aussi naturellement que jouissivement sans que l’on veuille partir ailleurs. Cinq étoiles, c’est également un album cohérent et captivant dès les premières secondes jusqu’à la dernière note ; sans mauvaise surprise, sans clichés, sans artifices inutiles ou autres maquillages marketing, une œuvre que l’on dévore sans même s’en rendre compte et qui nous laisse essoufflé et tout seul dans notre slip à la fin. Attention, le "Norchestrion: A Song For The End" de NEED se veut de cette trempe.

À ce stade, ô cher lecteur parfois blasé, j’aperçois le coin de ta bouche s’affaisser sur un sympathique mais inesthétique filet de bave alors que ta paupière droite est en proie à des tremblotements nerveux… Ton esprit butant sur une question et une seule : c’est qui donc NEED ? Et ben NEED c’est un quintet hellénique de Métal Prog œuvrant maintenant depuis près d’une quinzaine d’années et qui, il faut bien le reconnaître, malgré une absence notoire (mais maintenant comblée !) sur NIME, à commencé à se tailler une jolie réputation musicale en Grèce et ailleurs en Europe avec les quatre albums studio ayant précédé "Norchestrion: A Song For The End" depuis 2006. Et je peux te le confier maintenant camarade lecteur, qu’au vu de cette dernière galette, je ne vais surtout pas me priver de m’attaquer au reste de leur discographie que cette dernière sortie, tels les pleins phares d’un 38 tonnes polonais en goguette sur l’A6 qui m’auraient complètement aveuglé, ne m’a même pas donné envie d’écouter (j’ai honte mais j’assume !).

Proposant un Metal ample et profond fait de riffs hargneux venant agrémenter une base rythmique soudée et technique auxquels la voix tant grave que puissante de l’ami Jon V vient donner un cachet unique, NEED séduit (ou rebute !) dès le premier abord. Les ambiance prenantes qui oppressent ou rendent nostalgique sont également portées par des claviers dont les nappes ou les lignes mélodiques viennent opportunément équilibrer des séquences parfois très rugueuses… et sans lesquelles "Norchestrion: A Song For The End" ne serait qu’un cri de colère, un uppercut de tristesse et de désespoir. Mais ce n’est pas le cas ici. Car si le punch conquérant est bien là, la fragilité aussi, et c’est qui fait la beauté de la chose.

Or, à l’image de la jolie illustration posée sur la couverture de ce cinquième opus, NEED y propose une musique à la fois massive et compacte mais sachant également être marquée et friable… Tout le talent des zicos composant ce sympathique combo tenant, en dehors d’une interprétation sans failles, à savoir placer très justement le curseur de ce savoureux mélange.

Un Metal massif et hargneux dans lequel les musiciens mettent toutes leurs convictions et où des lignes rythmiques méchamment dépoussiérantes tractent un ensemble technico-tabassant, qu’il soit illustré par des séquences bien plombantes ou parfois plus véloces (ces dernières donnant l’occasion à la double grosse caisse de Mister Stelios de rafaler un tantinet). Ce versant est particulièrement bien exploré par des titres comme l’agressif "Nemmortal" aux incantations tribales portées par une ligne rythmique tant lourde que pesante, mais également par le très accrocheur et lumineux "Circadian" sur lequel la voix rentre-dedans d’un Jon V illuminé vient couronner la vélocité agressive des instruments. Or, loin de s’interdire toute velléité de variations, NEED les place intelligemment afin d’aérer son propos, à l’image du sombre "Bloodlux" dont le charme repose sur l’alternance de passages à la teinte groovy opposés à des riffs décapants.

Une musique friable car s’adressant à notre humanité ainsi qu’à nos sentiments. Loin de se complaire dans le défoulement masturbatoire qui tourne assez vite en rond, les Grecs y intègrent une humanité et des messages qui donnent du sens à leurs créations musicales : Une poésie qui effleure à chaque morceau pour qu’on se donne un tant soit peu la peine de la saisir et de l’écouter. Mélodies touchantes, crescendos hypnotiques, passages suaves, viennent ainsi enrober des textes qui parlent de douleur, de solitude, de rêves brisés ou d’avenir plombé. Le sombre et intense "Beckethead" illustre à merveille ce clair obscur avec sa belle ligne de piano venant parachever une intro jazzy, avant de durcir le ton puis de nous lâcher un solo soft tout en étant rythmé. NEED assume et met un tour de vis supplémentaire en intégrant un titre constitué par un dialogue unique aux tenants quelques peu philosophiques soutenu par des claviers avec le très surprenant "V.a.d.i.s." ainsi qu’avec la très belle conclusion offerte à l’album avec l’hellénistique "Kinwind" et sa douce mélopée dont la profonde résignation ne fait qu’accentuer l’énergie qui compose le reste de "Norchestrion: A Song For The End".
L’immersion est ainsi totale : bruyante, presque douloureuse, alourdie par sa richesse mais forte de son énergie comme de son humanité. NEED nous guide avec tout son talent dans ce voyage.

"Norchestrion: A Song For The End" se veut donc un joyau en prise unique qui parvient à réaliser le tour de force d’être simultanément terriblement massif et vaporeusement onirique. Œuvre bariolée dont les neuf facettes se complètent sans se ressembler, cet album se parcourt d’une traite et ne pèse pas sur l’estomac… à l’image de l’emblématique "Ananke" dont les 19 min théoriquement rébarbatives défilent sans même que l’on y prenne garde et dont le final en apothéose laisse presque sur sa faim ! NEED fait ici indiscutablement un très beau cadeau à toute la planète Prog et prouve s'il est besoin que ce style, loin d’être mort, peut encore surprendre. À écouter d’urgence pour tous ceux qui comme moi ont déjà voyagé très loin avec des PAIN OF SALVATION, des RIVERSIDE ou autres KINGCROW.

Le nez douloureusement collé sur la grande falaise de la vie après avoir dévissé de quelques mètres, j’observe attentivement la paroi verticale en reprenant mon souffle. La roche grisâtre est, tout comme moi, usée par les éléments mais reste solide et compacte. J’y grave consciencieusement un très mérité 5/5 pour remercier NEED de m’avoir donné le courage de poursuivre cette folle escalade au travers du très beau voyage porté par "Norchestrion: A Song For The End". Le ciel m’attend ; je ne regarderai plus en bas…

- pour l’accroche et l’énergie : "Circadian",
- pour la beauté des variations : "Bloodlux",
- pour continuer à se faire plaisir : le reste de l’album...

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   HAPLO

 
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- Jon V. (voix)
- Ravaya (guitares – voix)
- Anthony (claviers – voix)
- Victor (basse)
- Stelios (batterie)


1. Avia
2. Beckethead
3. Nemmortal
4. Bloodlux
5. V.a.d.i.s.
6. Norchestrion
7. Circadian
8. Ananke
9. Kinwind



             



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