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DRACONIAN - Under A Godless Veil (2020)
Par VOLTHORD le 16 Novembre 2020          Consultée 1443 fois

Cinq années que l'on attendait un successeur au fulgurant "Sovran".
Cinq années ancrant d'autant plus ce dernier parmi les classiques du Doom romantique et renforçant l'assise du monstre suédois comme plus grand meneur vivant d'un genre qui, en mourant à petit feu, peut révéler de vraies perles en-dessous des cendres (l'exemple du dernier ANGELLORE en témoignant).

On pouvait derrière l'utilisation de l'ancien logo du groupe attendre (ou espérer, pour certains) un retour à la source, quoi que puisse vouloir signifier l'idée. Syndrome de l'éternel retour, clin d’œil nostalgique ou simplement choix esthétique visant à faire correspondre harmonieusement le logo à la superbe photographie de Natalia Drepina ? La première hypothèse est tentante, mais, outre le ralentissement global des tempos et la dynamique de certains titres où le growl est majoritaire et le chant féminin ne fait qu'ajouter à l'onirisme de l'atmosphère (les impérieux "The Sethian", "Moon Over Sabaoth"), on peut difficilement rapprocher "Under A Godless Veil" des premiers essais du groupe. Le chant suave de Heike, sur fond de guitares claires et de nappes atmosphériques nocturnes rappelle également "A Rose For The Apocalypse" même si les lignes de chant y sont moins mélodieuses et sucrées. "Under A Godless Veil" semble plus instantanément comparable à "Sovran" : "Sorrow Of Sophia" ou "Spleewalers" au spleen céleste mené par une Heike Langhans plus fine que jamais peut en rappeler ses aérations les plus mélodiques ; "Ascend Into Darkness" plus plombé pourrait être vu comme un jumeau lumineux et combatif de l'imposant final "Marriage Of Attaris".

Mais l'écrasante tristesse qui émanait de "Sovran" (archétypale d'une galette réussie de Doom romantique) se meut ici en une mélancolie moins excessive, à la fois internalisée et ingérée dans un propos spirituel élevant le fardeau du temps et du deuil en évidence fondatrice et universelle. L'heure est à l'élévation et non à l'abattement. Si l'empreinte sonore reste fermement ancré dans une imagerie romantique sombre, sa profession de foi mystique la dépossède progressivement de son fatalisme. "Sovran" peignait avec une excessive justesse les déboires terrestres, "Under A Godless Veil" enrobe le cosmos de ce chagrin ("Sorrow Of Sophia" en fait l'illustration à travers son allégorie).

Formellement, pas de violon chialant en premier plan, exit les poussées de claviers sympho-gothiques, là aussi on préfère une approche plus souple et atmosphérique ; les traces de l'influence de TRISTANIA s'estompent. Les guitares leads héritées de PARADISE LOST autant que de KATATONIA ou MY DYING BRIDE sont également en retrait, les compositions de Johan Ericsson favorisent les guitares claires ou les guitares rythmiques incisives. DRACONIAN ne s'éloigne pas tant de ses marques de fabrique qu'il tend simplement à ne plus être si orthodoxe dans ses velléités romantiques.

Autre élément séparant "Under A Godless Veil" de son prédécesseur : la finesse du travail de Heike Langhans portant la prose gnostique d'Anders. On y reconnaît la Liv Kristine des premiers THEATRE OF TRAGEDY dans sa monotonie évanescente autant que la langueur et l'autorité de Lisa Johansson. La voix parfois concentrée dans ses souffles, comme son exécution sur ses projets personnels ISON ou LOR3LEI, proche également de feu Aleah Stanbridge, casse l'image d'un clone endeuillé de Sharon Den Adel que pouvait renvoyer "Sovran". Moins propice donc à la plainte et aux déclamations qui construisaient l'opus précédent, plus vaporeux et retenu. Les effets de chœurs et de reverb appliqués à son chant y participent. On peut d'ailleurs sentir dans ce choix formel une influence subtilement Drone et Post Rock peut-être amenés par Heike ; l'aérien "Burial Fields" pourrait en l'état figurer sur un album d'ISON, "Claw Marks On The Throne" en est un second exemple.

De flux plus colériques à de longues trames aériennes, de ces alternances de chant toujours aussi finement menées (inutile sans doute de rappeler à quel point le chant death est incroyable chez DRACONIAN) à des titres dirigés par l'un ou l'autre des protagonistes, "Under A Godless Veil" n'a aucune pièce maîtresse mais est incroyable dans tout ce qu'il entreprend.

De la désolation gothique au spleen stellaire, c'est, au sein d'une formule bien rodée que DRACONIAN opère son glissement, le plus marquant de sa carrière. Il sera sans doute difficile de placer "Under A Godless Veil" au-dessus ou en-dessous de "Sovran", ce qui pourrait lui manquer de prime abord (guitares lead en retrait, claviers plus subtils en trame de fond), il l'équilibre par une retenue subtile qui demande plus d'écoutes et d'attention... pour finalement en arriver à une conclusion similaire : DRACONIAN est toujours maître en son domaine.

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- Anders Jacobsson (chant)
- Johan Ericson (guitare)
- Jerry Torstensson (batterie)
- Daniel Arvidsson (guitare)
- Heike Langhans (chant)


1. Sorrow Of Sophia
2. The Sacrificial Flame
3. Lustrous Heart
4. Sleepwalkers
5. Moon Over Sabaoth
6. Burial Fields
7. The Sethian
8. Claw Marks On The Throne
9. Night Visitor
10. Ascend Into Darkness



             



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