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SOULSPELL - A Legacy Of Honor (2008)
Par HAPLO le 28 Août 2020          Consultée 369 fois

SOULSPELL ne donne pas dans l’Opéra Metal comme on achète un paquet de chewing-gum quand on a envie de tester le dernier goût fraise chimique à la mode... Non. SOULSPELL « est » un Opéra Metal à lui tout seul et ceci dès sa conception ! C’est courant 2005 que ce projet ambitieux va poindre dans l’esprit du batteur-compositeur brésilien Heleno Vale ; musicos alors totalement inconnu qui va passer les prochaines années de sa vie à lui donner corps avec en ligne de mire deux principaux objectifs :

1. un but narratif consistant à raconter l’histoire d’un jeune homme (Tobit) à l’âme immortelle, prisonnier de ses vies passées et des conséquences de ses actes dans l’histoire de l’humanité. Il est pour cela entouré de moult personnages allant de sa ravissante petite amie (Judith) jusqu’au Prince des Ténèbres (Samael) en passant par le magicien Haamiah qui lui sert de guide…
2. une visée plus musicale destinée à rassembler autour de lui, pour donner vie à ce projet, la fine fleur tant vocale qu’instrumentale du Metal Speed-Power-mélodique brésilien ; scène alors quelque peu trustée par la rivalité entre un ANGRA impérial ressuscité de ses cendres (le magnifique "Temple Of Shadows" est sorti en 2004) et un SHAAMAN en forme d’outsider extra-terrestre (qui répond avec un brillant "Reason" paraissant quand à lui en 2005). Bref, ces deux chênes occultant injustement le reste de la forêt, celle-ci va profiter de l’appel d’air initié par le projet SOULSPELL pour rappeler à tous que la génération métallique des années 2000 au Brésil ne se résume pas qu’à deux groupes, aussi talentueux soient-ils…

Ce n’est donc pas moins d’une quinzaine d’artistes que l’ami Heleno Vale va progressivement réunir autour lui pour donner vie au collectif SOULSPELL et mettre en musique le récit historiquement complexe et multi-personnages du premier opus de ce projet intitulé "A Legacy Of Honor" qui sortira finalement en 2008 sous le label Hellion Records dans le doux pays de la samba.
Pour illustrer les frasques temporels et métaphysiques du jeune Tobit, SOULSPELL l’illustre d’un Speed Metal mélodique riche et tapageur, où la double grosse caisse et les breaks en cascade ont la part belle, poussés au turbo de riffs nerveux et compressés, le tout nourri par une dizaine de vocalistes accrocheurs (qu’il n’est d’ailleurs pas toujours facile de différencier) dont les envolées vers les aigus rivalisent avec des tempi en accélération haute. Caractérisée par une mise en place irréprochable faite d’arabesques instrumentales, de nombreuses variations comme de soli endiablés, la musique de SOULSPELL se paye même le luxe de s’aérer de temps à autres par des passages plus lents et plus mélodiques qui permettent à l’auditeur de reprendre (temporairement) son souffle, avant de repartir en apnée dans des accélérations virevoltantes et électrisantes… Bref, du bien bel ouvrage pour une brochette d’artistes pas forcément expérimentés ni habitués à travailler les uns avec les autres. C’est d’ailleurs la qualité primordiale de ce premier opus : démontrer avec toute cette énergie et cette vigueur que la sphère métallique brésilienne bouillonne de talents et de potentialités. Pari gagné de ce point de vue !

Pour le reste, c’est comme on dit un peu plus à l’avenant : Porteur d’un récit complexe faisant lui-même référence à des évènements historiques par toujours évidents (qui connaît encore aujourd’hui la bataille du Pont Milvius en 312 après J.-C. et les incidences qu’elle eut sur le destin de l’Empire Romain ?) et où les très nombreux personnages peuvent avoir tendance à embrouiller l’esprit d’un auditeur même attentif, le collectif SOULSPELL offre une musique certes très correcte mais qui ne se démarque pas vraiment des poids lourds locaux et encore moins internationaux œuvrant dans ce domaine… Les poncifs du genre sont presque tous scrupuleusement respectés (jusqu’aux intonations des chanteurs lors des envolées en ultra-aigus) et permettent ainsi aux fans du style de retrouver leur petit intérieur confortable, leurs charentaises et leurs repaires habituels. Les quelques assoiffés de nouveauté ou d’originalité n’auront, quant à eux, qu’à apprécier çà et là quelques petites étincelles mais sont globalement invités à poursuivre leur chemin vers des forêts plus vierges.

Car sans parler de copié-collé ou de plagiat, SOULSPELL revisite néanmoins très scolairement les arcanes du Speed Mélodique sauce Brazil avec la majeure partie des brûlots figurant sur "A Legacy Of Honor", à l’image du basique mais efficace "The Impaler" où le spectre d’ANGRA guette à chaque tournant, des frères (presque) jumeaux "Army Of Just One Mind" et "Milvian Bridge", ou encore au très convenu "Troy" qui ressemble un peu trop à son prédécesseur pour être honnête...

Alors oui, l’auditeur éclairé qui a autre chose en tête que de faire le Maître Pinailleur pourra apprécier l’envolée du chant féminin suivi des soli guitares du mid-tempo "Alexandria", les riffs puissants du mélodique "The Blacksmith", la ligne rythmique bien aiguisée et calibrée de l’énergique "Soulspell" ou encore le refrain catchy du compressé "Weight Of Evil"… qui à l’image des petites touches de pinceau qui font un peu cracra quand on a le nez dessus, finissent par donner une vision qui ne manque pas de charme quand on s’est réfugié au bout de la pièce pour admirer le tableau. Or, SOULSPELL n’est pas en peine de ressources ni de talent… mais à de (trop) rares exceptions, ne les laisse pas vraiment s’exprimer en dehors des sentiers battus.
Car quand on écoute des titres comme le hargneux "Age Of Silence" qui même standardisé, ouvre magnifiquement le bal, la très chouette balade urticante "A Little Too Far" où Miss Daísa Munhoz lâche la bride à son splendide organe vocal, ou bien le très intelligent (mais bien trop court !) "Eternal Skies" alliant ligne rythmique acérée et chant catchy ; il n’est de doute que SOULSPELL en a sous la pédale… quand il ose lâcher ses modèles et autres références obligatoires !

Premier album de jeunesse cherchant son identité et lorgnant légitimement du côté de ce qu’aime entendre le public (et correspondant surtout à ce que savent faire les yeux fermés les musiciens du cru), "A Legacy Of Honor", sans être mauvais, ne m’a pourtant pas convaincu. Talentueusement formatée à l’image des groupes phare du genre, la musique de SOULSPELL demande manifestement à prendre de l’expérience et du cachet, bref à mûrir, pour pouvoir trouver sa voie et faire preuve d’originalité. De nombreux signaux positifs sont bien présents… mais un peu dans le désordre et noyés dans la fureur de la jeunesse do Brazil !
Le chroniqueur écrivant à posteriori étant lui-même un énorme escroc jouant avec le temps, il ne m’est donc pas difficile de dire ici que SOULSPELL s’affinera et trouvera sa voie. "A Legacy Of Honor" ravira sûrement les fans indécrottables du combo, quant aux autres dont je fais partie, ils pourront toujours voir que des débuts difficiles n’oblitèrent en rien une belle carrière.

C’est donc en franchissant les monceaux de cadavres des jeunes romains issus des cohortes prétoriennes qui encombrent l’accès au pont Milvius que je m’en vais apostropher le vainqueur Constantin devant qui s’ouvrent les portes de Rome… et celles plus vastes de l’Empire. Ses yeux de fin stratège contemplent le 2/5 que j’assène à SOULSPELL tout en sachant deviner qu’une situation de départ, même difficile, n’est jamais figée...

- pour la belle ouverture : "Age Of Silence",
- pour la voix et la puissance de la sublime Judith : "A Little Too Far",
- pour l’envie de faire un opus de 50mn de cette qualité : "Eternal Skies".

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- Bruno Maia (chant - hobb, 5,7,8,)
- Christian Passos (chant – hermes, 2-3, 6, 9)
- Daísa Munhoz (chant – judith, 3-4, 8, 10-11, 13)
- Iuri Sanson (chant – amon, 1)
- Leandro Caçoilo (chant – tobit, 2,-3, 5-13)
- Mário Linhares (chant – high lord, 10-11)
- Maurício Del Bianco (chant – haamiah, 4, 12, 13)
- Nando Fernandes (chant – samael, 2-3, 5-6, 9, 11, 13)
- Renato Tribuzy (chant – achilles, 3)
- Tito Falaschi (chant – arlim, 2, 4, 6-7, basse)
- -
- Daniel Manso (guitare)
- Thiago Amendola (guitare)
- Cleiton Carvalho (guitare rythmique)
- Derli Pontes (guitares additionnelles)
- -
- Fabiana Oliveira (claviers)
- José Cardillo (claviers)
- -
- Heleno Vale (batterie, composition)


1. The Gathering
2. Age Of Silence
3. Troy
4. Alexandria
5. Milvian Bridge
6. The Blacksmith
7. The Impaler
8. A Little Too Far
9. Army Of Just One Mind
10. Soulspell
11. Weight Of Evil
12. Eternal Skies
13. The Last Life



             



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