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2020 Chapter I
 

- Style : Adagio, Patrick Rondat , Joe Satriani
- Membre : All That Remains, Cradle Of Filth, Megadeth, Steel Panther
 

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LOST SYMPHONY - Chapter I (2020)
Par HAPLO le 29 Juillet 2020          Consultée 510 fois

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux frères opportunément nommés Goodman, ont de l’imagination et de la suite dans les idées !

Une imagination agrémentée en l’espèce par un sens incontestable de la musicalité et des arrangements, c’est ce qui semble caractériser les esprits, pas du tout dérangés, de Benny (multi-instrumentiste-producteur) et Brian (compositeur-arrangeur) Goodman quand ils affirment très doctement qu’à l’image de l’évolution des espèces vivantes, la progression logique de la musique classique, forte de sa technicité et de sa grandiloquence, n’est autre que le Metal… Mais pas n’importe lequel ! Un Metal résolument instrumental et ciselé, un Metal technique, un Metal surtout diablement guitaristique : une musique d’exception que LOST SYMPHONY se propose de faire connaître à tous les gentils foyers écolo-métallos que compte notre jolie planète bleue…

Armés de cette doctrine qui tirerait des larmes à Darwin en personne, ainsi que de quelques relations dans la sphère métallique US, nos bons frères Goodman vont, dès 2015, commencer à cogiter sur un projet et quelques morceaux qui démontreraient leur sens de l’évolution tout comme leur talent.
Et c’est bien à ici que vient se poser une sacré suite dans les idées doublée pour l’occasion d’un sens aigu pour la com’ et la science de l’emballage !
Cela commence courant 2016 avec le recrutement de ce qui formera le noyau dur de LOST SYMPHONY (guitare-basse-batterie-violon) pour se poursuivre avec le ralliement à cette curieuse théorie évolutionniste du guitariste d’exception co-fondateur du combo ALL THAT REMAINS, le regretté Oli Herbert qui, non content de collaborer très activement à la composition de nombreux morceaux/soli pour LOST SYMPHONY, va également sortir son super carnet d’adresses afin de mettre en relation nos Goodman Brothers avec une belle brochette de guitar-heros qui ne seront manifestement pas difficiles à convaincre pour venir prendre place dans l’histoire de l’évolution du Metal…
Inutile de te dire, ô lecteur, que le résultat de cette pêche miraculeuse permet d’aligner sur les neuf titres que compte "Chapter I" une vitrine d’invités issus de groupes prestigieux qui fait presque pâlir d’envie une semaine complète de messages dans la rubrique « Commentaires » de NIME : Marty Friedman (ex-MEGADETH), Ron "Bumblefoot" Thal (ex-GUNS N ROSES, SONS OF APOLLO), Angel Vivaldi (I LEGION), Joey Concepcion (ex ARMAGEDDON) Richard Shaw (CRADLE OF FILTH), Satchel (STEEL PANTHER), et bien sûr Mister Oli Herbert (ALL THAT REMAINS) pour les principaux guitaristes mais aussi David Ellefson (MEGADETH) pour quelques parties basse sans oublier Hiyori Okuda, (violoncelle, mais aussi Miss Friedman dans la vraie vie)… La petite formation de musique de chambre prend ainsi des allures de grand orchestre symphonique !

Si l’on ajoute à cela un travail remarquable au niveau de la touche graphique par laquelle chaque titre est associé à une œuvre originalement glauque et squelettisante de l’artiste Boris Groh puis à une diffusion perlée en séquence hebdomadaire des morceaux les plus emblématiques de "Chapter I" dès les premières heures de 2020, on obtient légitimement toute l’attention émue d’un chroniqueur de NIME assoiffé de reconnaissance…

Sorti le 27 mars 2020, "Chapter I" est, comme l’indique la présence des (très) nombreux invités qui précèdent, un album irrémédiablement instrumental élevé principalement à la gloire de la Reine Guitare, star qui se montre ici sous tous ses angles de vue et sous un feu d’artifice de soli survitaminés… Est-ce à dire que les amoureux des envolées vocales accrocheuses, les transits de roulements en cascade ou de double grosse caisse montée en 12’7 ou encore les accrocs des orchestrations classiques n’ont qu’à passer tristement leur chemin en fustigeant les guitaristes et leur orgueilleux instrument ? Pas vraiment en ce qui concerne le premier né de LOST SYMPHONY… Et nous allons tenter de voir pourquoi.

Parce que tout d’abord, contrairement à ce que pourrait laisser croire certains termes que j’ai utilisé plus haut, "Chapter I" n’est manifestement pas qu’une vaste opération commerciale destinée à vendre la soupe de guitaristes un peu has been à la foule illusionnée. Non. Doté d’un bon son global, ample, riche et bien équilibré, l’opus de LOST SYMPHONY propose une musique se voulant accrocheuse, élaborée et surtout vivante !
Socle basse-batterie ultra dynamique, instruments additionnels (piano, violon, violoncelle) bien présents, habilement gérés, et ne se laissant pas effacer par nos affolés du manche… Orchestrations symphoniques parfaitement intégrées dans des morceaux dont les structures non linéaires, à l’exception peut être du tonitruant mais bien agréable "This Life Moves Too Fast", font directement référence à des compostions classiques… Il faut leur reconnaître ce talent : les frères Goodman mettent les petits plats dans les grands pour offrir à l’auditeur un album d’une belle musicalité où la symbiose entre arrangements classiques et riffs/soli métalliques fleurte avec le sans faute…
C’est cette musique attractive et mélodique qui sert de trône à Sa Seigneurie Guitare et ses nombreux chevaliers servants : soli multiformes nous faisant explorer les différentes facettes de l’art consistant à jongler avec toutes les sonorités que l’on peut tirer de cet instrument, riffs et lignes rythmiques structurant les variations / bridges de morceaux aux atmosphères prenantes… C’est par une, par deux ou même en trio que les guitares mènent la danse, se répondent, se soutiennent et nous font suivre le fil du déroulé de "Chapter I".

Une œuvre où l’absence totale de chant, remarquable en début d’écoute, se laisse rapidement combler par la finesse et la richesse instrumentale. Basée sur des prestations technico-acrobatiques (mais sachant rester mélodiques) d’une petite dizaine de guitaristes sévèrement aiguisés, la symphonie instrumentale dans laquelle nous entraîne cet opus évite assez adroitement l’écueil du piétinement purement technique où chacun s’admire le nombril et où l’auditeur s’ennuie… même s'il faut honnêtement l’admettre, les amoureux du manche à six cordes sont quand même les plus généreusement servis ici ! Loin de tout sacrifier à leurs invités, les frères Goodman ont su, avec les musiciens de LOST SYMPHONY, doser au plus juste entre prestations individuelles et cohérence collective. Des titres comme le très symphonique et riche "Cotard Delusion" avec son ambiance prégnante et son juste partage des tâches entre instruments modernes/classiques ou encore le sombre et progressif "Requiem" qui, au fil de ses 10’30 min, nous emporte vers une escalade pour des sommets rythmiques/mélodiques vertigineux ; attestent de cet art consommé du dosage pour un alliage semble t'il parfaitement réussi entre classique et métallique à la sauce guitaristique…
Une mention particulière pour le très rythmé et accrocheur "This Life Moves Too Fast" qui dénote un tantinet par rapport à ses confrères, semble t’il plus inspiré par la belle époque d’un Joe Satriani résolument catchy que par des soucis d’évolution d’espèces… même musicales. À apprécier un peu en marge du reste peut-être.

Conservant comme fil rouge la virtuosité des soli et la rugosité des riffs qui les habillent, les autres titres de ce "Chapter I" s’apprécient comme les variations d’une balade musicale basée sur un principe identique : les accrocs du manche ne pourront qu’apprécier, quant aux amateurs, ils relèveront çà et là des passages plus attrayants que d’autres… comme la tristesse pesante du court "I Felt A Funeral In My Brain", l’intro originale de "Catnip High" ou l’opposition entre rythme chargé et ligne de piano aérienne de "In A World". Avec la sortie annoncée courant 2020 d’un "Chapter II", LOST SYMPHONY devra peut-être veiller à ce que ce modèle, assez fermé, ne se morde pas la queue pour au final n’attirer que les fous de guitare(s)… quand on parle d’évolution…

Posant dans mon costume amidonné devant les belles étagères en bois vernis du département des sciences de l’Évolution sur lesquelles s’alignent divers bocaux où d’étranges créatures nagent immobiles dans le formol… j’assigne un très docte 3/5 au combo des frères Goodman pour un "Chapter I" agréable et convaincant en dépit d’un axe quelque peu guitaro-centré. La suite au "Chapter II" ?

- pour 10’30 de bonheur instrumental : "Requiem",
- pour rouler en bécane sur la 66 : "This Life Moves Too Fast",
- pour savourer l’équilibre classique/Metal : "Cotard Delusion".

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   HAPLO

 
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- Benny Goodman (guitares/claviers)
- Kelly Kereliuk (guitare)
- Siobhán Cronin (violon, violon électrique, violine,)
- Cory Paza (basse)
- Paul Lourenco (batterie)
- Brian Goodman (compositions, arrangements)
- -
- Marty Friedman
- Ron “bumblefoot” Thal
- Angel Vivaldi
- David Ellefson
- Joey Concepcion
- Richard Shaw
- Ethan Brosh
- Satchel
- Matt Lapierre
- Jimi Bell
- Conrad Simon
- Brock Richards
- Hiyori Okuda, (violoncelle)
- Oli Herbert (guitar hero)


1. Singularity
2. Premeditated Destruction
3. This Life Moves To Fast
4. I Felt A Funeral In My Brain
5. Cotard Delusion
6. Catnip High
7. In A World
8. Requiem
9. Lacrimosa.



             



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