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FEMINAZGUL - No Dawn For Men (2020)
Par ISAACRUDER le 24 Juillet 2020          Consultée 1223 fois

Ouais mes petits fanatiques, ça s'appelle FEMINAZGUL, je m'en remets toujours pas. Imaginez ce trio de sorcières de la Caroline du Nord en train de siroter du sang de machiste et de débattre sur le nom du groupe : "Hey les filles, on adore Tolkien mais en même temps fuck les mecs ! C'est quoi le bail ?". Si on m'avait dit qu'un jour je prendrai mon pied en écoutant du Black Metal anarcho-féministe, je me serais encarté LREM histoire d'en finir. Et pourtant, ce trio de féministes radicales a des atours diaboliquement accrocheurs, même si elles souhaitent que je crève, comme le signale le titre de l'album, foncièrement Black Metal.

C'est d'ailleurs tout le plaisir du genre que de le voir constamment approprié par des idéologies diverses. La seule expression d'un anti-christianisme ou d'un suprématisme blanc est désuète ; désormais, on trouve du Black Metal Catholique, du Black Metal Vincent Bolloré, et du Black Metal Anarcho-Féministe. Varg en PLS dans sa bagnole de chasseur pourrave du Limousin. FEMINAZGUL ne fait que poursuivre une tradition du BM, celle de la provocation et de la radicalité. Ce féminisme ultra-radical bien débilos ne peut venir que des États-Unis, où cette idéologie mortifère s'est développée dans les campus universitaires, propices à l'éclosion d'étudiants à cheveux bleus avec des tote bag 100% coton et des bras de la circonférence d'un Justin Bridou soldé chez Leclerc. Le postulat est simple : les mecs c'est de la merde, on a juste à congeler et cloner des spermatozoïdes et bye bye les boloss ! Bonjour un monde de filles où se prélasser sur la playa à boire des margaritas et trasher les voisines. Un monde qui s'effondrera dès lors qu'il s'agira de porter des trucs lourds *rire gras avec mouvement vertical saccadé des épaules* (big up OSS). FEMINAZGUL donc, tout un programme. Une sorte de solution finale du genre masculin avec des gueuses jonchées sur des dragons, balançant une forme de Zyklon B sur les Chad de la Terre.

À moins que ce ne soit finalement qu'un Black Metal Atmo joué entre sorcières, posées dans le fin fond de la Caroline du Nord, divinisant la nature splendide, sacrifiant à des entités ancestrales. À l'instar de WOLVES IN THE THRONE ROOM, FEMINAZGUL est surtout un groupe d'ermites qui semble chanter du tréfonds d'un monde perdu. Leur Black Metal est, à l'instar des druides du Washington, profondément spirituel tout en se révélant diablement épique. La fougue d'un "Bury The Antlers With The Stag" donne le sentiment d'apercevoir au loin une chevauchée de Valkyries, tandis que les mélodies et la cadence de "To The Throat", traversées d'un piano subtil, font entrevoir un instant la beauté du cosmos, le mystère d'une nuit dans une forêt millénaire. C'est un Black Metal travaillé, minimaliste, dans lequel on retrouve nombre d'instruments superbement utilisés, même si classiques (piano et violon en tête). D'autres sont plus surprenants, comme le thérémine ou l'accordéon de "Illa, Mother Of Death", étrange ballade d'une sorcière perdue dans un Paris beaucoup trop machiste. La majesté du Black Metal de FEMINAZGUL ne doit cependant pas nous méprendre sur son agressivité. Ainsi, "I Pity The Immortal" est d'une puissance magistrale, d'un souffle homérique incomparable, rappelant pratiquement la brume opaque de l'EMPEROR. Mais là où les sorcières de FEMINAZGUL brillent définitivement, c'est quand elles laissent libre cours à leur sabbat, comme sur "The Rot In The Field Is Holy", avec ses chœurs étranges, ses violons entraînants et son rythme digne d'une bacchanale illuminée par un feu païen.

"No Dawn For Men" est un album fascinant. Est-il parfait ? Certainement pas. La faute à une baisse de régime avec le diptyque "Forgiver, I Am Not Yours" et "Look Not To Erebor". Ces deux titres n'empêchent néanmoins pas le reste de l'album de briller, et je dirai même d'ensorceler. Il y a dans le Black Metal de FEMINAZGUL une énergie incroyable, une âme véritable. Sans être révolutionnaire, il est investi d'une aura Pagan magnifique, loin des abus du genre, tout en maintenant un niveau d'intensité jouissif dans le riffing. Serait-ce donc ça le plan machiavélique de ces sorcières ? Séduire le pauvre homme que je suis, afin qu'il prenne le premier avion pour leur terre satanique, espérant y trouver une communion avec la nature et du violon au coin du feu, alors qu'il n'y trouvera que le sourire d'une lame sur laquelle est gravée "No Dawn For Men".

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   ISAACRUDER

 
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- Laura Beach (chant)
- Margaret Killjoy (piano, claviers, accordéon, batterie, guitare, chant seconda)
- Meredith Yayanos (violon, thérémine, chant secondaire)


1. Illa, Mother Of Death
2. I Pity The Immortal
3. The Rot In The Field Is Holy
4. Bury The Antlers With The Stag
5. Forgiver, I Am Not Yours
6. Look Not To Erebor
7. To The Throat (no Dawn Version)
8. In The Shadow Of Dead Gods (no Dawn Version)



             



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