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WINTEREVE - October Dark (2020)
Par DARK BEAGLE le 10 Juillet 2020          Consultée 1172 fois

Trois ans après "This Winter Will Never End", un premier album plutôt correct dans son ensemble, mais un peu trop commun dans un genre où le terme « cliché » est souvent brandi comme un épouvantail, WINTEREVE revient aux affaires avec "October Dark". Ici, nous changeons de saison et l’ambiance évolue également. La pochette est ici plus apaisée, elle se veut un peu plus contemplative, elle est propice à l’introspection, comme une promenade en forêt peut l’être, sous un ciel automnal. Il reste à savoir si le groupe a su faire évoluer son discours afin de tirer son épingle du jeu sur cet échiquier où la partie est très ouverte.

Quand on jette un coup d’œil rapide aux crédits, on se rend compte que la formation a bougé, qu’il y a eu des départs. À présent, Armand joue de tous les instruments, sauf la batterie, qui est assurée par un certain Seeklone (bravo pour le pseudo). Mary, elle, est toujours en poste derrière le micro. Mais quand les yeux fouillent un peu plus ces crédits, nous tombons sur un nom connu dans certains milieux (non, pas ceux-là, bande de pervers). Celui de Dan Swanö, au mastering. Et ça, pour un groupe autoproduit, ce n’est pas rien. Et forcément, la musique va prendre une direction légèrement différente, elle va sonner différemment par rapport au premier album et c’est le premier pas que nous attendions pour plonger dans l’œuvre avec un intérêt nouveau.

Déjà le son ! Très propre, puissant, qui permet aux ambiances de prendre une jolie ampleur. Et WINTEREVE, comme pour l’opus précédent, a l’audace de commencer avec un morceau très calme, soigné, ponctué de quelques growls bien sentis, qui ne viennent pas faire tache sur l’ensemble. "Otima" est une ouverture superbe et ce pour plusieurs raisons. Déjà, la mélodie est jolie. Lente, émouvante, avec quelques accents Doom qui sont parfaitement à leur place. La partie growlée s’inscrit parfaitement dans la logique du morceau, ce n’est pas l’artifice de trop. Cependant, "Otima" aurait pu vivre sans, même si ce genre de vocaux vient apporter un relief intéressant. Parce que Mary fait un travail remarquable avec son chant clair.

Cette dernière semble s’être un peu écartée du chant lyrique. Il y en a toujours, mais utilisé avec parcimonie, pour sortir du carcan trop évident du « Beauty and the Beast ». Et avec sa voix claire, elle véhicule bien plus d’émotion, bien plus qu’avec le chant lyrique qui, à force d’être ressassé de disque en disque, de groupe en groupe, a perdu en impact, et peine souvent à dévoiler les sentiments de l’interprète. Mais quand c’est dépouillé, quand c’est simple, là oui, ça fonctionne et d’entrée de jeu nous nous prenons une petite claque. Que demander de plus ? Ah oui, sept morceaux supplémentaires au moins aussi bons.

Par rapport au premier album, WINTEREVE a fait un pas de géant. Sur "This Winter Will Never End", nous avions parfois l’impression d’être face à un groupe qui cherchait à en mettre plein la vue, qui remplissait un lourd cahier des charges et qui finissait par se perdre à enfoncer toutes les portes ouvertes sur son passage. Sur "October Dark", la formation ne va pas faire péter le compteur de l’originalité, mais elle se sublime. Elle s’extirpe des plans qu’elle avait jusqu’alors tendance à répéter et elle en impose, avec beaucoup de classe et beaucoup d’intelligence également. Il y a moins de riffs durs, nous surfons plus sur des mélodies qui s’étirent, qui envahissent l’espace sonore et fournissent un terreau idéal pour les compositions de WINTEREVE.

La première moitié prend aux tripes. Nous sommes dans un esprit assez Doom, toujours mâtiné de ces ambiances Gothiques à souhait. Cela tire gentiment vers du MY DYING BRIDE par moments, où le violon aurait été remplacé par un piano, funèbre, triste et mélancolique. Le chant est varié, il s’adapte à la situation, il évolue, il explose de temps en temps comme une sourde colère. Puis il y a ces éclairs. Ces petits coups de speed qui viennent faire la différence, à l’image de cette accélération irrésistible sur "Sea Of Suffering", qui oublie complètement de faire semblant. Et là nous tenons quelque chose d’intéressant, cette faculté d’apporter des éléments qui se fondent dans les structures des morceaux sans en dénaturer le feeling teinté de spleen qui s’en dégagent.

La seconde moitié vaut surtout pour ses deux dernières pistes, en particulier "Down The Path To Perdition" qui vient résumer l’album dans son ensemble le long de ses onze minutes, ponctué de spoken words qui viennent pour le coup apporter quelque chose. La technique aurait pu être casse-gueule, elle est réussie. Sinon, "Call Of The Void" est peut-être le morceau qui se rapproche le plus dans l’esprit de ce qui était proposé sur le premier opus. Pas franchement mauvais, il propose même les parties les plus raides de l’album, mais pour le coup, le titre n’apporte pas grand-chose, il lui manque peut-être quelques petites subtilités ou plus d’arrogance sur la longueur pour vraiment marquer les esprits.

"October Dark" est une véritable réussite. Peut-être pas un classique du genre, mais l’album peut rapidement devenir important pour WINTEREVE, il semble marquer un nouveau départ. Le style s’est affiné, les morceaux sont plus longs, plus structurés, ils se laissent également plus aller vers le spleen des grands moments, celui de ces poètes qui savaient raconter l’automne de leur âme. "October Dark" est le genre de disque susceptible de tourner fréquemment sur la platine. C’est de l’autoproduction, certes, mais elle est de qualité, musicalement et visuellement. Cet album est un tout. Il reste à voir quelle sera la prochaine étape pour WINTEREVE, si le groupe saura capitaliser sur ses acquis pour proposer encore mieux.

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- Mary (chant)
- Armand (guitare, basse, piano, claviers)
- Seeklone (batterie - session)


1. Otima
2. Sea Of Suffering
3. The Quiet Desperation
4. October Dark
5. Call Of The Void
6. Forgotten
7. To Die In Your Arms
8. Down The Path To Perdition



             



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