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GRIM REAPER - See You In Hell (1983)
Par DARK SCHNEIDER le 6 Juin 2020          Consultée 951 fois

C'est en 1979 que GRIM REAPER se forme, dans le comté de Worcestershire, en Angleterre évidemment, ce qui affiliera le groupe à la fameuse NWOBHM même s'il ne publiera son premier album que fin 1983. C'est avant tout la création d'un guitariste malin, Nick Bowcott, qui saura faire fructifier son groupe en dépit de quelques déconvenues de débuts de carrière (il devra notamment faire face au départ de tout son premier line-up). C'est finalement en 1982 que le line-up se stabilise, et ce notamment grâce à une recrue de choix : Steve Grimmett, venant du groupe MEDUSA, chanteur doté de capacités vocales évidentes, parfaitement adapté au Screaming Heavy Metal popularisé par JUDAS PRIEST et IRON MAIDEN. La formation parviendra à gagner un tremplin qui comprenait tout de même vingt-six groupes, ce qui ne semble donc pas être un mince exploit, mais l'histoire ne dit pas quels furent les vingt-cinq perdants et Nick Bowcott précise lui-même que la moitié de l'audience était constituée de leurs fans, ahah ! Quoiqu'il en soit, cela permettra à GRIM REAPER de se faire remarquer, mais c'est peut-être plutôt la pige de Steve Grimmett sur le premier album de CHATEAUX qui leur permit aussi de s'attirer les grâces d'Ebony Records. Avec enfin un vrai contrat en poche, nos Anglais purent délivrer au monde entier leurs riffs saignants avec ce "See You In Hell", qui rencontrera un certain succès.

Toutes les musiques de ce premier album sont signées Nick Bowcott, ce qui sera une constante, Grimmett, lui, se charge des paroles, à l'exception de la power ballad "The Show Must Go On" qui date des débuts du groupe et dont le texte est l'oeuvre du premier chanteur, Paul Demercado. Notre duo est clairement ce qui donnera tout son tranchant à la faucheuse, la section rythmique se contentant de faire le job, ce qui n'empêchera pas que Lee Harris délivrera un jeu de batterie tout en puissance, on peinera par contre à distinguer la basse.

La pochette est vraiment aguichante pour le genre, presque aussi réussie que celle du premier CHATEAUX. L'image de la faucheuse est bien sûr particulièrement appropriée pour un groupe de Heavy Metal, pouvant au passage leur fournir sur un plateau une mascotte à la Eddie. Le titre de l'album est d'ailleurs à l'avenant, néanmoins GRIM REAPER ne forcera pas trop le trait au niveau de l'occulte et du morbide, sans quoi il aurait vite fait de devenir trop caricatural, surtout que musicalement on a pas affaire à un exemple de subtilité et que les paroles ne font pas dans la finesse et la poésie.

Je qualifiais plus haut Nick Bowcott de malin, car on a là un guitariste qui n'est certainement pas le plus doué de son époque, un bosseur mais pas un génie, qui voue une admiration sans borne à VAN HALEN. Mais il saura parfaitement faire usage de ses capacités pour en extraire la substantifique moelle. C'est là l'essence même de GRIM REAPER, qui opte pour une formule qui privilégie l'efficacité avant tout : des riffs très simples mais extrêmement accrocheurs, souvent agrémentés de petites pirouettes guitaristiques héritées du grand Eddie, c'est à dire l'usage des harmoniques. Nick Bowcott ne peut rivaliser avec les shreddeurs américains qui ont tous contribué à faire avancer l'instrument à six-cordes, mais il s'en inspire et sait en tirer ce qu'il faut pour donner de l'efficacité et du dynamisme à son jeu. Le title-track est ainsi le meilleur exemple pour résumer toute la musique de GRIM REAPER, il s'agit incontestablement du tube de l'album, et c'est pourtant le morceau qui propose le riff le plus simple qui soit, le refrain, répété à outrance, ne peut que rester en tête ("See you in hell my friend, I'll see you in heeelllll!!").
Steve Grimmett, lui, se donne à fond. Il n'est pas encore à son meilleur niveau de maîtrise vocale – qu'il atteindra quelques années plus tard – et ne cherche pas forcément à détruire systématiquement nos tympans à coup d'ultrasons même s'il lâche déjà quelques screams. Sa voix se fait plutôt agressive, belliqueuse. On n'est pas dans le feeling à la Sean Harris (DIAMOND HEAD) ou dans la virtuosité à la Jon Deverill (TYGERS OF PAN TANG), dans l'intention c'est plus proche d'un Biff Byford quand il se fait bien bourrin, mais avec des capacités vocales que l'on devine supérieures.

L'album file très vite. Huit titres pour trente-trois minutes de Heavy Metal, il n'y a pas de place pour les fioritures. C'est du Heavy dans sa plus simple expression. Une apologie du riff, des soli rapides et agressifs, des morceaux aux structures classiques... À l'exception de "The Show Must Go On" qui se permet d'aller un peu plus loin et de privilégier l'émotion tout du long de ses plus de sept minutes, sur ce morceau y a un côté Gary Moore dans les guitares, ce qui n'est pas étonnant sachant qu'à ses débuts GRIM REAPER jouait en majorité des reprises de THIN LIZZY. Outre le title-track, on retiendra sans doute "Dead On Arrival", qui évoque la mort dans un accident de la route d'un ami de Grimmett (un ami qui avait d'ailleurs fait de la prison suite au braquage rocambolesque d'un train dans les années 60), où encore "All Hell It Loose" dans lequel Bowcott se lâche dans son final, histoire que l'album s'achève dans un déluge incandescent de notes de guitare (*). "Liar" est plus vindicatif vocalement (pas surprenant vu le titre), "Wrath Of The Ripper" est lui plus agressif dans son riffing. Si tout n'est pas toujours doué d'une grande inspiration, il y a toujours un petit élément qui fera vibrer le cœur d'un vrai Heavy Metalleux (si vous êtes amateur exclusif de complexité, passez votre chemin).

Et c'est grâce à cette formule bien calibrée que "See You In Hell" sera un succès, il bénéficiera d'une distribution mondiale par RCA, d'un clip diffusé sur MTV, ce qui permettra même au groupe d'avoir des ventes confortables aux USA ! Ce qui me semble être un cas unique parmi les groupes secondaires de la NWOBHM. Comme quoi, Nick Bowcott avait bien compris ce que voulait une frange du public américain à cette époque.

Mais malheureusement, l'album n'est pas exempt de défauts. Comme souvent avec les albums sortis chez Ebony, la production est médiocre, le son trop étouffé, ce qui amoindrit clairement sa qualité et il n'est pas si simple de passer outre. C'est moins pire que le premier CHATEAUX, mais ça reste gênant. On pourra aussi citer ce "Now Or Never" un peu passe partout, d'une manière générale il manque l'étincelle de génie qui aurait permis à cet album et ce groupe d'être considéré comme un véritable classique au-delà du cercle des amateurs de Heavy traditionnel et de la NWOBHM.
Si la raison devait parler, "See You In Hell" ne décrocherait que trois étoiles, mais il a un truc ce disque, mon petit cœur vibre à son écoute, alors ce sera quatre.

(*) À noter une curiosité au niveau de la tracklist : selon les éditions, "All Hell It Loose" et "See You In Hell" n'occupent pas la même place dans l'album, parfois "All Hell It Loose" conclue la face A et "See You In Hell" la face B ("Dead On Arrival" devenant alors l'opener).

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- Steve Grimmett (chant)
- Nick Bowcott (guitares)
- Dave Wanklin (basse)
- Lee Harris (batterie)


1. See You In Hell
2. Dead On Arrival
3. Liar
4. Wrath Of The Ripper
5. Now Or Never
6. Run For Your Life
7. The Show Must Go On
8. All Hell Let Loose



             



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