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ROUGH SILK - Roots Of Hate (1993)
Par DARK BEAGLE le 4 Juillet 2020          Consultée 326 fois

ROUGH SILK, vous ne connaissez peut-être pas. Même si le groupe est toujours en activité, il a, à un moment donné, raté le coche. La faute à pas de chance, à de mauvaises décisions, à des départs malheureux et des arrivées pas forcément assez fortes. L’édifice s’est un jour écroulé et depuis, les musiciens bataillent pour le reconstruire, un peu en vain en-dehors des frontières allemandes. Il faut dire, dès les débuts le groupe a pris des risques. À une époque où le Heavy Metal n’avait plus le vent en poupe, ROUGH SILK arrivait avec son style assez unique et en même temps tellement générique, oscillant entre Power Metal, Prog et Heavy des familles, quand il fallait œuvrer dans le Grunge et s’essayer à des mélanges inédits et efficaces pour sortir du lot. Autant dire que "Roots Of Hate" ne sort pas au meilleur moment pour lui.

Il apparaît dans les bacs en 1993, deux ans après un premier EP discret alors que la formation existe depuis 1989. Elle s’articule autour de Ferdy Doernberg, un claviériste qui s’était fait remarquer en jouant aux côtés de la légende Uli Jon Roth et qui passera de l’ombre à la lumière non pas avec ROUGH SILK, mais en jouant en compagnie d’Axel Rudi Pell à la fin des années 90. Mais il ne s’arrête pas là, les projets annexes sont nombreux, mais son bébé, c’est ROUGH SILK et les musiciens qui l’entourent sont solides. D'ailleurs le chanteur, Jan Barnett, s’il n’est pas vraiment exceptionnel, est franchement très bon à son poste, il possède une voix qui a l’air très commune, mais qui interpelle tout de même, quel que soit le registre abordé sur album.

Parlons un peu de l’album. Il faut passer l’obstacle de la pochette. Certes, pour 1993, elle se voulait moderne, dans l’idée d’un Dave McKean, mais sous antidépresseurs. C’est une espèce de collage monstrueux avec divers éléments qui semblent à chaque fois se dire « merde » l’un l’autre. Bref, elle ne fonctionne pas et forcément, à cette époque où l’on ne pouvait pas écouter les titres sur internet, que les magazines spécialisés ne proposaient pas de samplers et que la jaquette avait alors le pouvoir de provoquer un achat d’impulsion, "Roots Of Hate" était un peu mal barré. Mais passons outre ce détail (de taille quand on est attaché au graphisme) pour aller au cœur du sujet.

Bon, l’album est un peu long. Pas loin d’une heure au compteur et par moments, les minutes se font pesantes. On parle souvent de ventre mou concernant un disque. Ce moment un peu gênant où l’intensité retombe, où les morceaux se font un peu patauds et traînent leurs riffs comme un bagnard son boulet. Ici, paradoxalement, ROUGH SILK va nous proposer des abdos assez solides, mais avec des poignées d’amour. Bref, un ventre allemand, costaud, mais élevé à la bière. L’exagération est là, mais cela peut vous donner une petite idée de la chose.

Parce que si l’on prend un titre comme "Cemetary Dawn", c’est une jolie petite claque que nous assène ROUGH SILK. La soie rugueuse ? C’est tout à fait ça. La mélodie est pertinente et persistante, le rythme se veut assez soutenu, le refrain est d’une efficacité imparable. En plein milieu de l’album, c’est le genre de morceau qui redynamise tout d’un coup et c’est toujours bienvenu. Après, l’ensemble se tient, c’est bien écrit, bien joué, on devine qu’il y a quand même une certaine ambition derrière tout ça.

Il faut dire que ROUGH SILK a un style agréable. Pour schématiser, c’est une espèce de mélange entre le SCORPIONS du début des années 80 et PRETTY MAIDS, avec d’autres influences qui s’en mêlent, intelligemment intégrées et cela permet au groupe de dégager une personnalité perceptible, mais qui reste un peu dissimulée, qui cherche à exploser et à s’imposer. Les petits relents Prog ne sont pas encore trop développés, ils apparaissent en touches discrètes, à travers une technicité qui découle de claviers intelligents qui varient en selon des titres, passant des synthés typiques à de l’orgue Hammond qui apporte un aspect vintage par moments sans en faire le propos de la chanson. Tout est une question d’équilibre en somme.

Après, il faut bien l’admettre, le groupe est parfois un peu mou. Il balance plusieurs ballades, pas toujours super profondes ou mémorables, ce qui en fait forcément en trop. À la limite, on retiendra dans le style "Candle In The Rain", qui se tient très bien et qui est plus doucereuse que douce ; elle contient une colère sous-jacente, qui n’éclate jamais, mais qui donne du jus, qui lui donne une vie. "Through The Fire", déjà présente sur le précédent EP, est plus conventionnelle mais arrive à se montrer séduisante. Les autres ne sont pas forcément mauvaises, mais elles sont d’un classique énervant : jouées depuis des dizaines d’années par d’autres groupes, comme si elles passaient d’une formation à une autre sans broncher, sans chercher à s’émanciper.

Difficile de passer à côté du title-track, des speedés "In The Deep Of The Night" et "When The Thunder Roars", le plus Heavy "Ups And Downs" a tout d’un hymne en puissance et franchement, l’album est bien réalisé. Un peu prévisible peut-être, coincé entre la tradition allemande et d’autres petites choses, souvent frontalières à l’Allemagne d’ailleurs. Il manque à "Roots Of Hate" cette personnalité plus affirmée évoquée plus tôt, plus qu’une originalité qu’il est de toute manière très difficile d’obtenir dans le style. Ce genre de Heavy, il n’y a pas cent mille formules possibles, tout se joue sur ce qu’apporte le groupe, et là, ce sont plus des pistes intéressantes qui émergent que de véritables voies romaines.

Avec ce premier album, ROUGH SILK fait son entrée sur le circuit des groupes pro dans un contexte difficile pour le style abordé. Et forcément, "Roots Of Hate" n’aura pas forcément eu le rayonnement qu’il méritait et restera malheureusement dans l’ombre. Il n’en demeure pas moins bon pour autant et mérite que l’on s’attarde dessus, comme le groupe mérite que l’on passe un peu de temps sur sa discographie qui, si elle est loin d’être parfaite, contient son lot de pépites malgré tout, dont ce "Roots Of Hate" ne fait pas partie. Mais ce n’est qu’une question de temps avant que la formation ne réalise de grandes choses.

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   DARK BEAGLE

 
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- Jan Barnett (chant, guitare)
- Hilmer Staake (guitare)
- Ralf Schwertner (basse)
- Herbert Hartmann (batterie)
- Ferdy Doernberg (claviers)


1. The Grapes Of Wrath
2. Roots Of Hate
3. In The Deep Of The Night
4. Calls To The World
5. When The Thunder Roars
6. Candle In The Rain
7. Cemetary Dawn
8. Sentimental Trust
9. Wasteland Serenader
10. Through The Fire
11. Ups And Downs
12. Why
13. Eyes Of A Stranger
14. Forever



             



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