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- Style : Death, Marduk
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NECROWRETCH - With Serpents Scourge (2015)
Par PERE FRANSOUA le 4 Mai 2020          Consultée 998 fois

Ça suffit ! C'est encore la grogne des goules malfaisantes, carrément méchantes et jamais contentes. Ce n'est pas le cimetière putride qui gouverne ! Les ténèbres ne sont pas assez sombres ? Les flammes de l'Enfer trop tièdes ? À la lumière des cierges les luttes convergent car voici que les zombies pourris crient à la pénurie de cervelle. Les sondages aux sorties des tombes étaient unanimes, c’est la faute à leur musique préférée, celle qui leur donnait une raison le matin de se relever d'entre les morts et d'aller donner le pire d'eux-mêmes au service du Mal. En effet, leur star pentagramique, leur idole des geôles et non des jeunes, l’orchestre nommé NECROWRETCH, les avait trahis.

Les premiers temps pourtant l’état de disgrâce était de mise. Le candidat NECROWRETCH réélu par plébiscite, président des friches, caressait les goules dans le sens des pustules. Sous la lune pleine il avait promis à l’instar de Coco qu’il allait les "é-cla-ter", avec encore plus de vitesse, encore plus de méchanceté, encore plus de tout, par-delà le mal, vers l’infini et l’au-delà.
Et il le fit. Sa seconde mandature intitulée "With Serpents Scourge" (ce qu’on ne pourrait pas traduire par "Avec une courge de serpents") défonce tout, repousse toutes les limites, fait encore plus mal, un Gabriel Matzneff musical, plus de notes, plus de croches, plus de claques, plus de cris encore plus infâmes, plus de breaks, plus de mélodies acides sulfureuses.

Les sans-dents, les sans-bras, les sans-vie, les rances d'en-très-bas, c'est bien connu, sont réfractaires au changement et restent arc-boutés sur le passé. Mais c'est fini le NECROWRETCH des démos nécrotiques de Death brûlant, dépassé le premier EP et amplifiée l'injection de Black mélodique et technique, faut aller de l'avant et fallait réfléchir avant de voter. Ainsi le Ministère de la Mort a décrété l'état d'urgence, les pleins pouvoirs, et promulgue par ordonnance l’intensification générale. On refait l'histoire suédoise où la fleur du Black a poussé sur le fumier du Death, MARDUK ("Those Of The Unlight"), NECROPHOBIC ("The Nocturnal Silence"), mais on garde la dynamique de tête brûlée du trio français, on fonce jusqu'à la folie et on hurle à la mort.

Alors oui, on s'est fait élire avec les voix des morts, Tibery Unleashed, on a fait du zombie populisme pour finalement laisser tomber le Cultes de Goules Terrifiantes (CGT) et favoriser l'Infernal Satan à Fond (ISF). "With Serpents Scourge" ne parle plus que du Diable et de ses 1% de démons, qui adulent l’œuvre, qui font ruisseler leurs semences visqueuses à chaque aboiement horrifique de Vlad, excités comme des dingues par la force des blasts, portés par la malfaisance des trémolos mélodiques, ils secouent leurs têtes cornues, en levant leurs poings griffus, parce que même si c'est plus élaboré et moins brut de démos qu'avant, même si on perd l'emballement presque chaotique remplacé par une maîtrise aiguë, c'est quand même foutrement bon. Sophistication et bestialité peuvent salement copuler.
La caisse claire claque comme le fouet sur les damnés, Ilmar le nouveau batteur va devenir un pilier de l'entité qui voit souvent son line-up bouger, Amphycion fait le job à la basse pour la dernière fois, les vocaux de Vlad sont poussés encore plus loin dans leur bestialité et leur rapidité ("Even Death May Die", un paroxysme) et ses guitares, au tranchant beaucoup plus brillant et affûté qu'avant, rivalisent de frénésie, d'efficacité et d'une mélodieuse mais odieuse technicité.
L'élite satanique est unanime, c'est un opus bien foutu, bien équilibré, rempli de riffs accrocheurs, avec des rebonds dans les morceaux, des variations et petits soli aux oignons, difficile de vous citer un en particulier. "By Evil And Beyond" serait le plus proche de "Putrid Death Sorcery", c'est même pas sûr. "The Bells Of Evil Schism" le plus MARDUK, oui mais tous les autres aussi. La variété au sein des titres n’empêche pas l'opulence de sur-vitesse, à l'exception d'un "Feast Off Their Doom" plus modéré, encore que.

Fini de faire les cons finement, faut sortir du confinement, oui il y a moins de cadavres poussiéreux qui s'ébrouent dans des églises vermoulues mais on profite cette fois d'une nuée de démons encore plus excités, cette seconde déflagration c'est du pur plaisir qui doit se laisser apprécier en elle-même sans penser au passé ou aux lendemains qui chantent ou plutôt qui beuglent. On sait que la suite sera presque encore plus tonitruante, et, rassurons-nous, plus primitive et moins raffinée. Les morts crient "longue vie" à leur orchestre favori tandis que les diables se tirent sur la queue au son de ces douces méchancetés, il n'y a que le chroniqueur qui va manquer d'idée pour parler du petit dernier. A voté !

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   PERE FRANSOUA

 
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- Vlad (guitares, vocaux)
- Amphycion (basse)
- Ilmar (batterie)


1. Black Death Communion
2. Feast Off Their Doom
3. With Serpents Scourge
4. By Evil And Beyond
5. The Bells Of Evil Schism
6. He Thrones On Thy Sins
7. Even Death May Die
8. Infernal Imprecation
9. Mortem Ritu



             



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