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BLACK/DEATH MÉLO  |  STUDIO

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BELZEBUBS - Pantheon Of The Nightside Gods (2019)
Par WËN le 11 Février 2020          Consultée 1290 fois

Lors de leur récente et remarquée reconversion du noir & blanc de leur comic strip d'origine (BD) vers le non moins monochromatique maquillage inhérent au format audio adopté et concrétisé via ce "Blackened Call" de single avant-coureur ; Sløth, Hubbath, Obesyx et Samaël, réunis (enfin et à grand-peine) sous la blafarde bannière de BELZEBUBS, avaient alors pu démontrer à leur lecteurs et détracteurs la qualité de leur Black/Death mélodique tout droit inspiré de ce que la Scandinavie a su produire de plus efficace dans ce domaine depuis trente ans. Tout en conservant un bienveillant regard sur la direction artistique et visuelle, ce bon JP Ahonen (l'auteur), lâchait ainsi la bride de ses quatre pantomimiques sbires qui ne tardèrent pas à créer un énorme (Belze)buzz dans le microcosme Metal en ce début d'année 2019, premier album à l'appui (*).

Car si le single semblait apporter du crédit à la blague annonçant que les quatre fantasmatiques avaient signé pour un deal de trois albums chez Century Media, il semblerait bien qu'en proposant ce full-length plutôt bien rempli (on dépasse ici l'heure, bonus tracks inclus), le groupe pose ici le second jalon d'une future carrière qui ne devrait sans doute pas s'arrêter en si bon chemin. Et à l'écoute des neuf véritables titres le composant, nous ne serons franchement pas tenté de nous plaindre, tant la qualité est ici au rendez-vous !

Le deux-titres en question, sur sa face principale, savait nous présenter un petit brûlot Black/Death rudement efficace présentant quelques légères accointances avec un certain AMON AMARTH pour la profondeur dans le riffing et les vocalises ainsi que cette touche mélodique qui le caractérise. Et avec ce single qui a su cartonner en son temps, les BELZIES (et le personnel derrière) ont bien compris qu'ils se devaient de faire au moins aussi bien (sinon mieux) dès l'entame de ce "Pantheon Of The Nightside Gods". Laissez-nous ramasser nos dents et vous avouer que c'est chose faite avec ce démentiel "Cathedrals Of Mourning" d'ouverture, qui laisse déjà entrevoir tout son potentiel dès son décadent piano d'intro. Black Metal, mélodique, symphonique, ce n'est rien de moins que l'ombre d'un certain DIMMU 'f*ckin' BORGIR qui, en s'insinuant sournoisement dans ses moindres épanchements, semble recouvrir ce morceau de bravoure. Ambiances glaciales aux claviers, une vertigineuse démesure dans les arrangements, de pertinentes interventions féminines en prime, c'est un fait, tout nous ramène à la mi-carrière des Norvégiens, BELZEBUBS tirant à lui la couverture devenue bien trop large pour les malingres épaules actuelles des natifs d'Oslo. Dur de nier l'indéniable qualité d'un tel morceau à un point tel que le quartette finlandais nous pond là - qui en douterait - l'une des meilleures pièces du genre de la décennie.

Forcément, d'entrée, la barre est placée très haut. Et avouons-le, les huit morceaux suivants ne parviendront pas à dépasser ce hit en jouissance. Gare à ne point nous mésinterpréter cependant, aucune baisse de régime notoire ne se fait pour autant sentir quant au reste du contenu. À ce niveau, l'album se veut même plutôt homogène, enchaînant méthodiquement les patterns d'art noir auxquels doit prétendre tout bon album du style. AMON AM', DIMMU BORG', nous l'avons dit, se posent là comme influences ; mais croisées à d'autres comme DISSECTION ou MOONSORROW (par légères touches), la formule propose finalement un quelque chose d'assez personnel, où prévalent mélodies lustrées et accrocheuses ("Blackened Call", "Acheron") et soli au poil ("The Faustian Alchemist", "Nam Gloria Lucifer", "Dark Mother"), sans pour autant clore la porte à de bonnes bastonnades scandinaves en règle ("Dark Mother" qui reprend là où s'arrêtent les arpèges de "The Crowned Daughters", "Pantheon Of The Nightside Gods" entre deux BORKNAGAReries, ou le démoniaque "Nam Gloria Lucifer"). Une grandiloquence toute cla(da)viérique ("Cathedrals Of Mourning", "Nam Gloria Lucifer") histoire de rappeler au monde entier d'où l'on vient (la Finlande, quoi) et le tour des mille lacs est bouclé. De l'accroche en barre, qu'on vous dit…

Alors certes, Ahonen, a su s'entourer pour donner vie à sa bête. Si certains guests (Lindsay Schoolcraft (CRADLE OF FILTH), ICS Vortex (DIMMU BORGIR, BORKNAGAR, ARCTURUS, etc.) et Dan Swanö aux manettes) sont évidents, force est de constater que dans-la-vraie-vie-bien-réelle, le mystère autour du line-up reste pour le moment précieusement gardé. Pourtant… Pourtant, certains timbres ne trompent pas et s'il se murmure dans les milieux autorisés que le chant comporte maints gimmicks propres à INSOMNIUM (ce que nous ne manquerons de corroborer), nous n'allons pas nous gêner pour aller encore plus loin dans les "finns" comparaisons. Car à laisser traîner une oreille avertie sur l'ensemble, nous ne pourrons manquer bien longtemps de remarquer que, là une intro ("The Faustian Alchemist"), là un piano et quelques grattes acoustiques ("Pantheon Of The Nightside Gods", "The Crowned Daughters" flirtant avec les enneigées bourrasques de "Since the Day It All Came Down", 2004), là un pont ("Cathedrals Of Mourning"), sonnent trop comme du INSOMNIUM pour qu'à notre humble avis, un certain Niilo Sevänen puisse être étranger à tout ça. L'affiliation sera d'autant plus flagrante dans le cas d'un "The Werewolf Bride" qui dans son intégralité, aurait pu figurer sans trop dépareiller sur un "Across The Dark" (2009) en son temps. Son sang ne saurait mentir ! La bienvenue et bienheureuse différence, dans tout ça, c'est qu'aussi flagrantes certaines comparaisons soient-elles, la musique de BELZEBUBS - sa froide caution Black Metal en sus - sait demeurer suffisamment différente de celle des blondinets de Joensuu, pour éviter la fatidique redite. Une sacrée aubaine, pour ceux qui ne s'y retrouveraient plus guère dans le Melodeath actuel d'INSOMNIUM, y jetant une oreille polie sans plus y revenir ("One For Sorrow" (2011), si vous ne demandez).

En voilà donc un recommandable premier jet qui devrait bien arriver à surprendre son monde et rocker sa chaumière, à peine entaché qu'il est par de très mineurs défauts (un couple de titres plus dispensables, quelques trop systématiques ralentissements pour placer des invocations déclamées et un peu téléphonées). De même, arrivé dans ses derniers retranchements, l'album peine à se conclure, d'autant plus dans sa version limitée où les bonus tracks ambiantes s'enchaînent au final déjà fort atmosphérique du dernier réel titre… Nous ne ferons aucune allusion à l'interminabilité légendaire du "Retour Du Roi", mais à chaque écoute le syndrome germe, ces dix dernières minutes tuant l'ardeur développée durant les cinquante précédentes. Dommage. À titre personnel, nous regretterons aussi la laconique sobriété du livret, là où quelques gags auraient été appréciés (vous nous direz qu'il y a les clips de "Cathedrals Of Mourning" et "Blackened Call" pour le digérer… Et vous aurez bien raison).

Bref, arrondi à 4, ce 3,5 final est à prendre comme un réel bol d'air frais, puisque derrière ces atours 'fun' BELZEBUBS s'avère être férocement sérieux, sachant proposer une musique mature, construite, là où le prétexte à la déconne est trop souvent l'excuse - surtout par chez nous - à du Pas-Triste-Sébastien Metal bien potache à la beaufitude écœurante. Du coup, on profite !


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(*) Si l'on omet "Quis Novit Daemonis Astus" (2006) et "Moth of Satanas" (2009), ses deux albums virtuels.

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VOLUPTAS
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   DARK BEAGLE

 
   (2 chroniques)



- Sløth (chant, guitare)
- Hubbath (basse, chant)
- Obesyx (guitare)
- Samaël (batterie)
- Ics Vortex (invité - chant #9)
- Skvllcraft (invité - chant féminin #1, 7, 8, 10)
- Mørkrost (invité - chant #6)


1. Cathedrals Of Mourning
2. The Faustian Alchemist
3. Blackened Call
4. Acheron
5. Nam Gloria Lucifer
6. The Crowned Daughters
7. Dark Mother
8. The Werewolf Bride
9. Pantheon Of The Nightside Gods
10. Nuns In The Purgatory (instr.) (bonustrack)
11. Maleficarum (instr.) (bonustrack)



             



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