Recherche avancée       Liste groupes



      
SLUDGE  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Style : Black Sabbath, Baroness

HIGH FIGHTER - Champain (2019)
Par DARK BEAGLE le 28 Octobre 2019          Consultée 1497 fois

HIGH FIGHTER s’était quelque peu fait remarquer avec son premier album, "Scars & Crosses", en évoluant à la croisée de nombreux chemins, soit un terrain de jeu formidable pour tout pacte avec le diable qui se respecte. Ça, c’était en 2016 et puis plus rien. Un silence radio dû à un faible rayonnement hors des frontières allemandes pour ce groupe pas si évident que cela à catégoriser. C’est par le plus grand des hasards que je suis donc tombé sur cette nouvelle production, qui sort sur le label italien Argonauta Records, avec une pochette simple, peut-être un brin prétentieuse, mais qui colle parfaitement à ce qui se dégage de cet album ! Parce que HIGH FIGHTER sort vainqueur par KO de cette épreuve et va laisser ses auditeurs lessivés, mais heureux.

Ce qui va rapidement frapper, c’est la sauvagerie que dégage ce disque. Il ne laisse pas une once de répit, il tabasse sévèrement du début à la fin, sans oublier de proposer des plans plus mélodiques qui viennent trancher avec cette force brute. Aussi, "Champain" n’est pas un "Scars & Crosses Part II", il se veut bien plus vindicatif, plus bilieux également, et s’il faut perdre un peu de son aura mystérieuse, tant pis ! Ce que le groupe va sacrifier en termes d’obscurité et d’ambiance, il va le récupérer en efficacité. Pour ceux qui se demandent ce que cela se fait de se prendre un bus lancé à pleine vitesse en pleine poire, ils peuvent avoir un début de réponse en se passant cet album.

HIGH FIGHTER est donc à la croisée des chemins. Il se veut Doom, mais il va également adopter une attitude plus Stoner avant de revenir sur les chemins plus glissants du Sludge. Le résultat, vous l’aurez compris, est gras, il suinte, et il ne fait pas de quartier. Et surtout, il y a la présence d’une chanteuse hors-norme en la personne de Mona Miluski. Elle avait déjà su murmurer à mon oreille sur son premier essai (enfin, le genre de murmure capable de faire saigner les tympans, si vous voyez où je veux en venir), ici… Elle est tout simplement époustouflante. Si l’on retrouve son chant traînant et modulé qui pourrait faire merveille sur une musique plus Soul, dans l’idée d’un BLUES PILLS par exemple, elle lâche également les chevaux et fait osciller son chant entre variations black et des growls bien sentis qui peuvent faire songer à sa compatriote Angela Gossow (ex-ARCH ENEMY). Bon, ceux qui n’apprécient pas cette dernière risque du coup d’en baver à l’écouter de cet album, mais tant pis !

Si j’avais reproché à la formation d’user et d’abuser des mêmes formules sur le premier album, sur "Champain", cela devient une qualité. Le groupe ne répète pas en boucle le même morceau, mais il va construire des structures parfois similaires, mais avec toujours ce menu détail qui change pour éviter cette impression trop flagrante de redondance. Bien entendu, cela va toujours osciller entre le chant clair et les assauts plus brutaux de Mona, entre les assauts ravageurs de riffs monstrueux et des moments plus apaisés. La recette peut sembler éculée, mais elle fonctionne parfaitement ici parce que les musiciens derrière jouent bien et ne se limitent pas à des carcans musicaux qui les étoufferaient. L’un des meilleurs exemples résiderait en "Another Cure", morceau de résistance qui s’étend sur sept minutes, qui commence comme du Doom pour rapidement enchaîner sur quelque chose de plus Sludge dans l’idée, sur un rythme plus appuyé, bien rentre-dedans comme il le faut, toujours capable d’élans plus mélodiques. Sept minutes qui passent rapidement, trop rapidement presque !

L’album dégage quelque chose d’assez monolithique. C’est lourd, c’est fort. Dès les premières notes fragiles de "Before I Disappear" avant que n’intervienne le chant fracassé de Mona, il devient aisé de comprendre que l’on se trouve devant un disque qui ne va pas forcément être facile à appréhender, qui va se révéler à mesure que vont s’écouler les minutes, puis les écoutes répétées de cet OVNI. Mais HIGH FIGHTER va éviter le piège consistant à s’enfermer dans des ténèbres étouffantes, une bulle impossible à percer, en proposant deux courts interludes (vous ne pouvez pas les rater ; sans les citer, je pense que vous serez à même de les reconnaître dans la tracklist) et des morceaux plus catchy, qui interpellent forcément. Si j’ai juste envie de mettre "I Will Not" dans cette catégorie grâce à son refrain très efficace, je pense surtout à "When We Suffer" qui n’est pas sans évoquer le Grunge tel que le voyait Chris Cornell, interprété en duo avec Anton Lisojov de DOWNFALL OF GAIA, pour un résultat complètement distordu et enivrant.

Et puis comment rester de marbre face au punkisant "Shine Equal Dark" (ah mais quelle boucherie ce riff !) ou de l’étrange "Kozel", qui commence doomcement pour terminer sur une apothéose que ne renierait pas PANTERA ? "Champain" est un disque résolument schizophrénique, qui donne l’impression que ses géniteurs veulent aussi bien vous arracher les yeux pour vous faire un gros câlin juste derrière. Après, tout n’est pas parfait non plus, "A Shrine" sonnerait presque trop banal au milieu de toute cette furie – ce qui permet de n’apprécier que plus le morceau-titre qui achève brillamment l’album, où le chant clair de Mona nous transporte vers des contrées que n’aurait pas dénigré Janis JOPLIN.

Que dire de plus ? Vous l’aurez compris à la lecture, ce disque est une petite merveille, imparfaite certes, mais diablement efficace. J’avais achevé ma réflexion sur "Scars & Crosses", le précédent opus, en déclarant que HIGH FIGHTER n’était alors pas un coup de cœur. Aujourd’hui, mon avis a bien évolué, et dans le bon sens pour le groupe. "Champain" va certainement tourner encore un long moment sur ma platine, et peut-être qu’encore il me dévoilera certain de ses secrets. Et si je devais déjà en avoir fait le tour, après une bonne vingtaine d’écoutes, je n’en serai pas déçu tant j’ai apprécié me faire piétiner avec tant d’attention dans les faits et dans les gestes.

A lire aussi en SLUDGE :


BARONESS
Red Album (2007)
BARONESS confirme son talent




KYLESA
Time Will Fuse Its Worth (2006)
Dernier album de la période énervée


Marquez et partagez






 
   DARK BEAGLE

 
  N/A



- Mona Miluski (chant)
- Christian 'shi' Pappas (guitare)
- Ingwer Boysen (guitare)
- Constantin Wüst (basse)
- Thomas Wildelau (batterie, chant)


1. Before I Disappear
2. Shine Equal Dark
3. Interlight
4. Dead Gift
5. Another Cure
6. Kozel
7. I Will Not
8. Interdark
9. When We Suffer
10. A Shrine
11. Champain



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod