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DEPARTURE CHANDELIER - Antichrist Rise To Power (2019)
Par T-RAY le 28 Juillet 2019          Consultée 743 fois

Ce premier album de DEPARTURE CHANDELIER, en l'honneur de l'empereur Napoléon Ier, aurait pu mériter une autre chronique de ma part. Un texte chiadé, hyper référencé sur la vie, la personnalité, les hauts faits de gloire et les petites manigances de ce monument de l'Histoire européenne qu'est Bonaparte. Oui, ç'aurait été un exercice complexe et exigeant, qui aurait nécessité des heures et des heures de recherche et quelques heures d'écriture aussi, parce qu'on ne saurait tolérer d’approximation concernant la biographie du natif d'Ajaccio, lui qui fait partie de ces grands hommes sur lesquels le plus de choses ont été écrites au cours des dernières deux cent et quelques années…

Seulement, cette chronique ne sera pas ce qu'elle aurait pu ou dû être. Pour la simple et bonne raison que "Antichrist Rise To Power" n'est pas non plus l'album qu'il aurait pu être. Déjà, ça n'est pas un album-concept et c'est dommage car il y avait largement de la place pour ça… Parce qu'il faut l'avouer : des disques de Metal dont le sujet principal est Napoléon, il n'y en avait pas des masses jusqu'ici… Comparez donc avec l'important nombre d'œuvres du genre en hommage à Vlad III l'Empaleur ou à la comtesse Erzsébet Báthory et vous saisirez le gouffre qui sépare ces deux inspirateurs des vampires modernes de celui qui fut l'un des plus grands stratèges militaires et conquérants de tous les temps et qui, par conséquent, a laissé dans son sillage un nombre de morts autrement plus élevé que le Valaque et la Hongroise n'en ont jamais eu à leur actif.

Pas Metal, la mort ? Allons bon. Pas Metal, la guerre ? Laissez-moi rire. Il y avait de quoi, depuis que le Metal existe, pondre quelques albums simples, doubles ou triples consacrés à la figure de l'Empereur. Ou serait-ce le précédent ABBA, avec son "Waterloo", pourtant une simple chanson d'amour, qui a inconsciemment empêché les artistes de notre musique favorite d'offrir à la mémoire de Napoléon Bonaparte une œuvre digne de ce nom ? Un peu de sérieux, Voyons… Reste que, si le premier opus studio de DEPARTURE CHANDELIER, enfin sorti dans les bacs une bonne décennie après avoir été composé, est consacré à l'homme qui fut tout à la fois le prolongateur et le fossoyeur de la Révolution française, il n'est pas aussi impérial qu'on l'aurait voulu.

C'est dommage, d'ailleurs, pour une fois que l'on pouvait LITTÉRALEMENT parler de Black Impérial, ce terme si cher à notre illustre Mefisto, ce que propose DEPARTURE CHANDELIER n'en est pas le moins du monde. On a plutôt affaire, ici, à un Black Metal aux racines Punk fortement marquées, non pas dans le tempo, jamais très rapide pour du Black, mais dans l’attitude, un brin je-m’en-foutiste, et dans le son : sale, crépitant de partout, vindicatif. Pour tout dire, si l'on s'en tient aux riffs, brinquebalants mais que l'on n'oublie pas facilement, nombre d'entre eux ne sont même pas si Black Metal que cela. Ils s'apparentent souvent au Crust Punk, ces riffs-là. Pas mal de combos de Crust pourraient se les approprier pour les accélérer juste un petit peu, on n'y verrait que du feu ! Écoutez donc celui, cradingue, de "Catacombs Beneath The Castle Of The Marquis" pour vous en convaincre.

Même le tremolo picking, de rigueur, n'est pas suffisamment tranchant pour être certifié 100% pur Black Metal. Ce n'est pas la vitesse main droite du gratteux qui impressionne, en tout cas : quel que soit le morceau, on entend clairement chaque aller-retour médiator ! Et pas toujours dans le bon tempo… Ce qui donne un côté artisanal à ce Black Metal et détonne par rapport à l'impression de maîtrise et de perfection formelle qui colle à la Grande Armée et à son plus haut niveau de commandement, c'est-à-dire l'Empereur lui-même et son quartier général. Or, ici, c'est raw comme pas possible ! On a affaire à du Black de grognard, tout droit revenu des premières lignes du champ de bataille, plutôt qu'à du Black de Maréchal. Ce qui n'empêche pas le trio d'être "Forever Faithful To The Emperor" : après tout, les plus fidèles au Petit Caporal étaient sans doute les hommes du rang.

Toutefois, le trio québéco-new-yorkais, qui a enregistré ce premier album live in studio en 2010 et a donc mis presque une décennie pour enfin le faire paraître sous un label – Nuclear War Now! Productions, en l'occurrence – essaie malgré tout de donner un peu de majesté à son Black Metal. Comment ? En y allant de nappes de claviers souvent cheap mais qui parviennent néanmoins à créer des atmosphères pas captivantes, mais presque. Des nappes qui ne dépareilleraient pas dans une playlist de Dungeon Synth, pour vous donner une idée, même si ce ne sont pas elles qui règnent en impératrices sur la musique de DEPARTURE CHANDELIER. Non, ce sont bien les guitares qui mènent l'assaut sur l'ensemble des pistes de ce disque, exception faite de l'"Intro (Napoleon's Sword)" et de l'"Outro (Exile on the Jagged Cliffs of Saint Helena)", toutes deux entièrement synthétiques.

Et c'est un peu dommage que guitares et claviers ne soient pas mieux mêlés dans le Black Metal de DEPARTURE CHANDELIER, car celui-ci n'atteint jamais la grandiloquence ni le côté épique que l'on aurait souhaité pour un disque en hommage à Napoléon Ier. Il n'y a peut-être que sur le lent et presque religieux "A Sacrifice To The Corsica Antichrist" que riffs de six-cordes et lignes de synthés affichent une véritable osmose et prêtent au recueillement en mémoire de l'Empereur. En dehors de cela, l'on peine à s'imaginer véritablement plongé dans les couloirs du pouvoir napoléonien ou projeté au beau milieu des guerres opposant l'Empire aux nombreuses coalitions qui se sont dressé face à lui.

Cependant, en dépit des attentes légitimes mais certainement démesurées que l'on peut avoir envers un album qui érige Bonaparte en thème principal, il faut reconnaître à "Antichrist Rise To Power" un pouvoir hypnotique certain. De ceux qui vous font oublier une partie de ces attentes et vous maintiennent à l'écoute vaille que vaille, en vous transportant malgré tout quelque part. Un quelque part que l'on n'associerait certainement pas à l'époque napoléonienne, d'autant que les textes eux-mêmes sont parfaitement standard pour du Black et l'on peine à y distinguer les références à l'Empire ou à l'Empereur, malgré les titres des morceaux. Mais un quelque part où l'on se plaît à retourner de temps en temps. C’en est même étonnant, d’ailleurs : alors que l’on pense avoir fait le tour de l’album, il vous saisit de nouveau pour vous encourager à appuyer sur la touche repeat. Comme quoi, comme Bonaparte en son temps, DEPARTURE CHANDELIER n’est pas du genre à s’avouer vaincu aisément.

Avec son Black Metal assez rudimentaire dans son exécution mais gorgé de passion, DEPARTURE CHANDELIER parvient à convaincre l'amateur de Black Metal lo-fi de lui laisser sa chance. Après tout, avant son exil définitif à Sainte-Hélène, l'Empereur lui-même a bien eu droit à une seconde chance de régner. Une chance qu’il s’est offerte et que ses (nombreux) fidèles n’ont pas mis longtemps à lui accorder. Il faut donc offrir au premier opus studio du trio nord-américain une opportunité supplémentaire de conquérir votre cœur de Blackeux Français exigeant. Qui sait ? Peut-être que dans cent jours, vous l'écouterez toujours…

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   T-RAY

 
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- Fanalis (non précisé)
- Crucifixus (non précisé)
- Vinculum (non précisé)


1. Intro ( Napoleon's Sword )
2. Life Escaping Through The Candle's Smoke
3. Forever Faithful To The Emperor
4. Catacombs Beneath The Castle Of The Marquis
5. Departure Chandelier
6. A Sacrifice To The Corsica Antichrist
7. Re-establish The Black Rule Of France
8. Outro (exile On The Jagged Cliffs Of Saint Helena)



             



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