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BLACK ATMO/FOLK  |  STUDIO

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SELVANS - Faunalia (2018)
Par MEFISTO le 11 Mars 2019          Consultée 2300 fois

Il faut me pardonner, mes chers amis.

Je m'étais promis de ne pas faire mon mea culpa pour vous avoir délaissés pendant si longtemps. Mais je crois que vous avez le droit de savoir pourquoi. Loin de moi l'idée de faire un Canard WC de moi-même et vous décrire la couleur de mes défécations, alors j'essaierai de faire court. Voici la genèse de mon absence prolongée de NIME et la chronique de cet album de génie enfin arrivée sur notre site adoré.

Il y a trois mois, j'ai changé de taf. De travailleur autonome bossant de la maison, je me suis engouffré dans le métro-boulot-dodo pour des raisons évidemment professionnelles. Je ne le regrette pas, j'adore mon nouveau défi. Mais la routine me tue et me coupe pratiquement toute inspiration. Bleh.

Secundo, mes obligations perso – principal pourvoyeur pour ma famille de trois gosses – me filent des crampes de cerveau (et de dos avec toute cette neige à pelleter). Pas très bon pour l'inspi' non plus, v'savez.

J'écoute encore et toujours du Metal, mais je n'ai plus le temps ni l'envie de suivre les nouveautés comme j'en avais la maladive habitude. Mes collègues nimiens pourront témoigner de mon acharnement légendaire dans ce domaine… C'est aussi pourquoi plusieurs membres de l'équipe – pour ne pas dire l'entièreté – se demandent ce qui se trame avec bibi. Eh bien… Je ne suis pas le premier à qui une drastique baisse de régime arrive et je ne serai sûrement pas le dernier. Je me rappelle que lorsque Dark Bouffon est devenu papa il y a plusieurs années déjà, il a pris la poudre de bébé d'escampette en l'espace d'une semaine. Certains événements de la vie nous poussent parfois à revoir nos priorités et à prendre un sain recul face à notre existence.

Voilà donc pourquoi j'écris moins, pour ne pas dire plus du tout. Je rédige en malade à mon taf, c'est pas la passion des mots qui meurt chez moi, vous inquiétez pas. C'est autre chose… Cela ne m'empêche pas toutefois de me gaver de bonne musique quand il en sort. Le dernier SELVANS par exemple, album de l'année pour notre ami Volthord, qui m'a supplié de ne pas oublier de le chroniquer… Quel gâchis ça aurait été, n'est-ce pas ?

Pris dans ma tourmente quotidienne, constamment à la course et à la recherche d'oxygène créative, je me suis foutu des coups de pieds aux oreilles – et au cul – pour exaucer le vœu de Volthy. Et, ben oui, le mien aussi, car "Lupercalia" m'avait déstabilisé à un point…

Moi le fan de Black Sympho/Atmo épique, Folk et Avant-gardiste, je m'étais avoué vaincu devant la formule rêveuse, puissante et forestière des Italiens. Je retrouvais les expérimentations et le souffle nordique du shaman NEGURĂ BUNGET ainsi que la poésie sulfureuse du golem WITTR. "Faunalia" serait-il taillé et modelé dans le même bois vert ? La marche était haute, mais chaussés de larges bottes de sept lieues, Luca et Alessandro ont prouvé qu'il n'y a absolument rien à leur épreuve.

Résultat ? Je (re)deviens vite accro.

Alors y a SELVANS qui joue en sourdine pendant que je suis de corvée de tambouille.

Alors y a SELVANS qui tonne dans la maisonnée pendant que mon fils de six ans pratique son alphabet.

Alors y a SELVANS qui s'invite un samedi midi dans mon foyer, tandis que la blonde se lève, que mes enfants jouent et que moi, je glande solide en fantasmant.

Alors y a "Faunalia" qui ne me quitte plus depuis des mois, car dès que j'ai un moment de libre à offrir à un album, c'est sur lui que mon dévolu se (pro)jette, « pro » étant utilisé ici pour rappeler la procrastination...

Alors y a "Faunalia" qui me hante et m'habite avec ses abondants moments de grandeur, passages qui sauront passer à la postérité en un clignement de cil.

L'intro "Ad Malum Finem" d'abord, aussi belle et évocatrice de l'enchantement sylvestre dans lequel baigne le duo. On replonge rapidement dans cet univers que nous n'avons jamais vraiment quitté après "Lupercalia" tellement la sève nous avait scotché les tympans. Suit le brûlot "Notturno Peregrinar", classique dans la forme comme "Versipellis". Le mordu de Black pur jus ne voudra pas manquer ce défoulement mélodique, car ce qui suit le mettra dans tous ses états…

Premier crochet du gauche des Italiens : "Anna Perenna", ancienne déesse romaine à qui on consacrait un festival au mois de mars. Quel cirque, ce morceau ! Véritable antithèse du précédent, il nous offre un superbe chant féminin, celui d'Anna qui s'exprime d'outre-tombe, et déverse son fiel tranquillement… L'orgue de Luca est épique à souhait et les chœurs, une des grandes forces de SELVANS, nous prennent à la gorge. On voit l'orage se pointer au-dessus du cimetière grâce à ce lent cortège, les corbeaux volent bas, les esprits s'entremêlent dans une valse grise enivrante. Une création que ne renierait pas A FOREST OF STARS, tiens.

L'orage éclate sous la forme de l'extatique "Magna Mater Maior Mons", dont le mantra choral s'implante dans le cortex avec une persistance peu commune. Putain, la robustesse qui se dégage de ces cordes vocales, la splendeur des mélodies crée une aura très singulière dans ces dents de scie s'achevant dans un crescendo tempêtant. Du pur génie, de l'émotion à fleur de peau, des flashs aveuglants…

"Phersu" est la pièce la plus mystifiante du skeud avec son riff accrocheur et ses bridges prégnants et Folk aériens. Appréciez cet orgue horrifique à 2:30 et dites-moi si ça ne fout pas les jetons ! Le chant de Luca est possédé comme jamais et quand il se tait enfin, sa flûte vient sublimer l'atmosphère lugubre et mystérieuse… La seconde moitié du morceau envoie du lourd et nous gratifie d'une autre excellente parenthèse au synthé, avant une finale planante sous couvert de chœurs une fois encore magnifiques.

Le festin gargantuesque se termine avec la non moins géante "Requiem Aprutii", morceau à tiroirs qui s'avère un résumé des meilleures lignes lancées par SELVANS sur son deuxième album. Coriace, aérienne, accrocheuse, mélodieuse à souhait, Folk (ola la trompette espagnole qui nous fait danser sur le bridge en plein milieu de parcours !), elle bat N.A.F.H. à plates coutures ! La clôture de "Lupercalia" me laisse souvent de marbre, alors que "Requiem" possède tous les charmes d'un rideau mémorable. Les quelques minutes avant la débâcle chorale finale évoquent "Magna Mater Maior Mons", sommet du skeud, un ultime trait de génie qui confirme que SELVANS est d'ores et déjà un groupe aux idées florissantes qui sait livrer la marchandise.

Ce track by track comparatif était essentiel pour bien saisir l'essence de cet album fantasmagorique. Je vous invite à faire l'exercice de votre côté, vous ne serez pas déçus !

Alors voilà, exit mea culpa. Alea jacta est et toutes ces conneries. J'ai pris du temps de qualité pour vous, mes chers amis lecteurs. J'en suis fier et j'espère vous avoir donné envie pour la énième fois de marauder en ma compagnie. Je ne saurais dire quand sera la prochaine séance, alors profitez-en bien…

Podium : (or) "Magna Mater Maior Mons", (argent) "Requiem Aprutii", (bronze) "Phersu".

Indice de violence : 3,5/5.

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   MEFISTO

 
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- Luca Del Re (flûte, accordéon, trompette, synthé, programmation, chant)
- Alessandro Coletti (basse, guitare)


1. Ad Malum Finem
2. Notturno Peregrinar
3. Anna Perenna
4. Magna Mater Maior Mons
5. Phersu
6. Requiem Aprutii



             



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