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BLACK SYMPHO / ATMO  |  STUDIO

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LEGACY OF EMPTINESS - Over The Past (2017)
Par MEFISTO le 13 Novembre 2017          Consultée 1654 fois

On devient nostalgique avec le temps, vous, les jeunes vieux, vous le savez. On se trouve con et important à la fois en songeant à ce sentiment. Les jeunes trouvent ça absurde, car ils ne l'ont pas encore vécu, et les vétérans comprennent depuis longtemps que l'expérience, ça ne s'achète pas. Parlez-en aux bands soi-disant prodigieux qui ont fait patate quelques années après avoir démarré leur carrière avec un succès. Non, l'expérience, la vraie, celle qui vous permet d'analyser plus efficacement et ressentir plus commodément, ça ne s'achète pas à la Fnac du coin. Ça prend des années d'écoutes métalliques pour vous forger un tympan assez robuste et un cerveau capable d'encaisser les chocs et les variantes de notre musique chérie. Idem pour les créateurs.

Chez moi, ça a toujours été le Black Mélo/Sympho/Atmo qui a prédominé, peu importe que ma porte d'entrée dans le Metol ait été un chouïa moins extrême. Plus de vingt ans plus tard, je peux clairement affirmer que c'est cette large famille qui me ressemble le plus. Ça et le Death, dont je laisse la violence et les vrombissements me charcuter sur une base encore très (trop ?) régulière, même à 36 ans.

J'ai donc l'expérience et la passion nécessaires pour prétendre connaître mon sujet de prédilection en Metal. Alors quand je croise un jeune groupe officiant en Black Mélo/Sympho/Atmo, j'essaie de m'en délecter comme au premier jour où mes crocs se sont plantés dans cette bête colorée, où mes mains ont manipulé cette machine ointe aux artifices, cet art basé sur les ambiances occultes, mirifiques et fantastiques. Ce n'est pas toujours facile, étant donné mon recul naturel face à ce sous-genre prisé autant par les romantiques que les gros durs. Surtout quand le groupe s'avère une pâle copie de ce qui a déjà été accompli. C'est alors facile de sombrer dans les répliques détestées telles que « C'était mieux avant ».

Heureusement, avec LEGACY OF EMPTINESS, on joue dans les grandes ligues. Et on n'en est qu'à un second album… Ce qui, avec ma satanée expérience des phénomènes adulés et ensuite honnis, m'apeure au plus haut point.

Sauf que… Il y a chez ces Norvégiens une aura peu commune, que j'ai rarement croisée lors de mes pérégrinations Black Sympho. Je qualifierais le trio d'anticipateur, car dès qu'on pense entendre un plan traditionnel sur "Over The Past", on est happé par une surprenante idée, un crochet du gauche qu'on n'a pas vu venir. Que ce soit un bridge atmo passionnant ou un solo, une note qui défrise, LEGACY OF EMPTINESS a longuement mûri sa formule pour ne pas s'embourber dans le marais de la redite.

"Over The Past" porte ainsi bien son nom et permet aux vieux loups comme moi de mettre une croix sur leur nostalgie, en leur faisant rêver à un renouveau du genre Black Sympho/Mélo/Atmo. LEGACY OF EMPTINESS est un espoir, un rafraîchissement, pour tous les amateurs d'épopées héroïques et lyriques qui pensaient que le Black Sympho moderne ne devait s'accoupler qu'avec le brutal et le clinquant. Ici, on nage en pleine euphorie, le synthé cotonneux et vintage côtoie la guitare sèche. On hume le seigle, le blé fraîchement coupé, le sang récemment coagulé, les rêves percés et les gorges tranchées, on invoque des mauvais esprits et on se délecte de ploumploum. Les Norvégiens savent comment jongler avec les ambiances spectrales, fantasmagoriques et languissantes, comme un maestro qui a déjà vécu son existence à un âge éphèbe. On ressent cette maturité précoce chez ces sacrément doués Norvégiens, on les envie de baigner dans autant de théâtres divergents, cachés sous des voiles à la fois translucides et opaques.

J'ai entendu du fantomatique BISHOP OF HEXEN, du vieux COF pour le côté romantique et solennel, du vieux GRAVEWORM et MYSTIC CIRCLE pour le kitsch accrocheur, du DEMONIC RESURRECTION pour la facette épique et simple à la fois, du DRAUGNIM pour les envolées mélodiques brumeuses…

On apprécie également les couches de mystère qu'ils empilent, pièce après pièce, que ce soit sur "There Was A Man" ou "Drawn By Nightmares", les moments plus épiques et fédérateurs comme "Reminisce", "Four Hundred Years" et "Evening Stars", ou les attaques lancées à fond de train dans plus pure tradition Black Sympho telles que sur "Despair" et sa curieuse finale au banjo (!), "Angelmaker" et "Into The Eternal Pits Of Nothingness". Putain, même l'instrumentale "Transition" est digne de mention !

Après avoir ingéré tout ça, on se demande bien ce qui lie toutes ces pièces tellement la diversité des réussites sur le skeud est impressionnante. Disons que les Norvégiens ont joué le tout pour le tout. Le temps dira s'ils ont eu tort ou s'ils en avaient encore passablement dans le réservoir !

En attendant, ce qui m'a fait craquer au final est la prise de risques des Norvégiens et leur maîtrise précoce d'un art noir qui se perd : passionner avec un Black Sympho équilibré, bigarré et foutrement contagieux.

Un gros, gros 4.

Podium : (or) "Into The Eternal Pits Of Nothingness", (argent) "Four Hundred Years", (bronze) "Despair".

Indice de violence : 2,5/5.

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- Eddie Risdal (guitare, chant)
- Kjell-ivar Aarli (basse)
- Øyvind Rosseland (synthé)


1. Reminisce
2. Despair
3. Angelmaker
4. Into The Eternal Pits Of Nothingness
5. Drawn By Nightmares
6. There Was A Man
7. Four Hundred Years
8. Transition
9. Evening Star



             



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