Recherche avancée       Liste groupes



      
CHAOTIC HARDCORE/GRIND  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


CULT LEADER - A Patient Man (2018)
Par ISAACRUDER le 1er Février 2019          Consultée 576 fois

Le retour de GAZA par le biais de l'entité CULT LEADER avait été un sacré monument de violence. "Lightless Walk", premier album du groupe-phénix, montrait les dents comme un clebs dressé par le plus sale des gilets jaunes. Les riffs s’enchaînaient comme des tirs de flash-ball dans les yeux, et le chant tapait comme un poing ganté de plomb dans la gueule d'un CRS triste de n'être pas né aux États-Unis. Autant dire que le second album se faisait attendre, et qu'on avait hâte de s'en reprendre plein la gueule.

Pourtant rien de tout cela n'arrivera mes braves masochistes. CULT LEADER a baissé la queue, qu'on se le dise. Il faut croire que le trendy rattrape certains groupes, et que la hipsterisation en marche du monde pénètre jusqu'au plus crétin des projets de Hardcore. "A Patient Man" démarre en trombe, clairement, et l'arnaque ne vient qu'après. Difficile de ne pas saliver du sang en se dégustant un VBL de l'armée française sur le cornet avec "I Am Healed", certainement l'entrée la plus débile que j'ai pu écouter depuis des années sur un album. CULT LEADER apparaît dans sa pleine majesté de débilos satanique. Ça blaste et ça donne des coups de trique plus rapidement que la Wermacht sur la France. De fait, les trois premiers titres sont un combo Luftwaffe/Panzer/Infanterie, le genre de trucs qui fit pleurer la Ligne Maginot à l'époque. Même l'assagissement de "Isolation In The Land Of Milk And Honey" est superbe, surtout après un tel déluge de balles.

Mais attendez la crème mes adorateurs de gros calibre. Car CULT LEADER s'est bien foutu de notre gueule. Si vous vous attendiez comme moi à continuer l'assaut sur Pearl Harbor, autant vous dire que vous allez devoir rentrer chez vous la queue entre les jambes. Jambes tremblantes en plus, le moral à zéro, les couilles pleines. C’est l'heure de la douche froide. "To: Achlys", puis "A World Of Joy", deux titres d'un même diptyque de l'ennui, viennent faire bailler le plus cocaïné des amateurs d'extrême. CULT LEADER s'est pris pour KING DUDE, qui est déjà à moitié chiant, et nous joue une espèce de Post Rock moyen puissamment dégueulassé par un chant merdique. On pourrait se dire, à la limite, que "To: Achlys" est mignonne, mais lorsque "A World Of Pain" vient continuer sur la même lancée, on se demande ce qui est passé par la tête de CULT OF LEADER. Les mecs se sont dits qu'une tartine à la merde c'était un peu léger et qu'on pouvait peut-être se faire un dessert au vomi en plus, histoire que les gamins crèvent pas la dalle sur la route. Problème majeur : on se fait chier. Et l'album se fait dynamiter en plein milieu de ce qui s’annonçait comme un festival de gueules éclatées.

Rendez-moi le MP4 bordel. Une demande en partie exaucée sur le reste de l'album, mais bizarrement, rien n'y fait, le diptyque de l'angoisse a comme tapissé le reste d'une couche noirâtre puante. Comme si on regardait Mona Lisa et qu'un touriste japonais lui avait dessiné une moustache avec un étron. On tente de regarder Mona dans les yeux, et on tombe sur la moustache. Est-elle devenue un shemale ? Est-ce que je viens de parler de son genre ? Suis-je un enculé de mâle blanc privilégié ? Ces enfoirés de CULT LEADER viennent de me faire traverser plusieurs questions merdiques, la faute à leur volonté d'être plus hipster que le roi des hipsters. Je ne parlerai pas du titre éponyme, qui reprend la même putain de sauce, ce serait une torture supplémentaire. Ce parti-pris, que je trouve extrêmement dommage, aurait dû sauter au profit de titres plus nuancés comme "The Broken Right Hand Of God", superbe mélange des genres. CULT LEADER n'est jamais aussi bon que lorsqu'il mitraille ou lorsqu'il mitraille ET qu'il pose la mitraillette quelques secondes pour méditer sur son carnage. Lorsqu'il se contente de méditer, il apparaît dans son ridicule : on croirait voir un colosse qui essaye de chanter une berceuse.

Rendez-moi le MP4 bordel !

A lire aussi en HARDCORE par ISAACRUDER :


COILGUNS
Commuters (2013)
La pétoire et le mohawk




INFANT ISLAND
Infant Island (2018)
Audace et tradition


Marquez et partagez




 
   ISAACRUDER

 
  N/A



- Michael Mason (guitare)
- Anthony Lucero (chant)
- Casey Hansen (batterie)
- Sam Richards (basse)


1. I Am Healed
2. Curse Of Satisfaction
3. Isolation In The Land Of Milk And Honey
4. To: Achlys
5. A World Of Joy
6. Craft Of Mourning
7. Share My Pain
8. Aurum Reclusa
9. A Patient Man
10. The Broken Right Hand Of God



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod