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- Style : Destruction, Kreator, Sepultura
 

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NERVOSA - Agony (2016)
Par T-RAY le 29 Janvier 2019          Consultée 419 fois

L'année 2016 serait-elle déjà le moment de rentrer dans le rang pour NERVOSA ? Je pose cette question d'emblée parce qu'il ne faut pas de très nombreuses écoutes de cet "Agony" pour se rendre compte que le trio brésilien a oublié quelque chose sur la route de son ascension vers une notoriété mondiale. Allez-y, écoutez. Vous n'entendez pas ? Non, en effet, vous n'entendez pas ici ce qui faisait indéniablement le charme du premier album studio des trois furies de São Paulo, c’est-à-dire ce mélange efficace d'influences allemandes et brésiliennes qui faisait jusqu'ici de son Thrash Metal une musique intrigante et parfois enthousiasmante. Ce qui permettait à NERVOSA de s'afficher en formation résolument moderne par rapport aux simples revivalistes du Thrash Bay Area.

Rentrer dans le rang, pour NERVOSA, cela signifie s'abandonner à son penchant le plus inavouable : son désir secret d'être l'héritier le plus digne de KREATOR, de SODOM et de DESTRUCTION, avec un soupçon de Death Metal en plus. Les vocaux de Fernanda Lira n'ont jamais fait mystère de cette filiation, eux si proches de ceux de Mille Petrozza 80% du temps ("Arrogance", "Intolerance Means War") et rappelant aussi par moments le chant de Tom Angelripper ("Devastation", notamment). Mais désormais, c’est au niveau de la composition et de l'interprétation que cela se ressent définitivement. Le groove et l'odeur de tonnerre inhérents au Thrash de SEPULTURA ne sont quasiment plus présents sur "Agony". En somme, sur ce deuxième album studio, le trio féminin apparaît beaucoup plus unidimensionnel. Et pas besoin de quarante écoutes pour établir ce constat et afficher sa déception.

Trop de morceaux le démontrent, en effet. Quasiment tous, en réalité. Oh, certes, il y en a toujours une paire pour rattraper les autres. Et heureusement, d'ailleurs ! "Arrogance" passerait même pour l'arbre qui cache la forêt, tiens. Avec son riff solide et sa section rythmique sans faille, qui laisse au refrain simple mais efficace l'opportunité de s'inscrire dans un coin du cerveau pendant quelques heures. "Intolerance Means War" est un peu du même acabit, avec ce côté plus old school que les autres, même si la fin de ses trois minutes et des poussières paraît s'éterniser (un comble !). Enfin, c’est surtout le très énervé "Hostages", véritable point d'orgue de ce disque, qui fait le mieux honneur à l'engagement des trois Brésiliennes, avec son agressivité de tous les instants, palpable même quand les instruments se calment.

Mais une fois ces morceaux-là passés, comment considérer autrement des "Theory Of Conspiracy", des "Deception", des "Failed System", des "Hypocrisy", malgré leurs riffs sympathiques, comme davantage que ce qu'ils sont : d'honnêtes compositions de Thrash Metal à la teutonne gavées d'un gros son d'aujourd'hui mais sans le moindre signe d'originalité ni, pire encore, d'identité ? Parce que ce deuxième album de NERVOSA est très certainement le plus passe-partout de leur discographie à l'heure où j'écris ces lignes. Il souffre en outre d'un déficit criant de relief et ça n'est pas la grosse production qui y change quoi que ce soit. On savait déjà combien les trois Paulistas aimaient montrer leurs muscles mais l'on découvre, avec un brin de dépit, que ce muscle peut parfois tenir de la gonflette sonore...

Encore heureux qu'il reste quelques morceaux différenciants – trop rares, hélas – comme ce "CyberWar" très Crossover, presque ANTHRAXien avec ses gang vocals, qui montre qu'en vérité, la famille de NERVOSA, c’est le Thrash Metal tout entier. Ou comme ce vrai coup de fouet qu'est "Guerra Santa", tout infusé qu'il est de gros Hardcore qui tache. Heureusement aussi que l'on peut encore compter sur le talent de soliste de ma Prika Amaral fétiche, qui pourrait nous régaler tout aussi bien de Heavy Metal que de Death Mélodique bien véloce. Le Heavy, tiens, c’est presque ce que nous propose le trio avec le raisonnablement accrocheur "Surrounded By Serpents". Mais c’est finalement sur le seul et unique titre étranger à l'album à la base, la bonus track "Wayfarer", que NERVOSA prend tout son monde à contre-pied et interpelle à nouveau.

Je ne devrais même pas vous en parler tant je n'aime pas évoquer les titres bonus puisque par définition, étant des suppléments uniquement disponibles sur certaines versions de l'album, ils ne sont pas accessibles à tous, mais ce "Wayfarer" inédit mérite qu'on s'attarde quelque peu sur son cas. Parce qu'à première ouïe, ça n'est plus du tout de Thrash Metal dont nous gratifie NERVOSA avec lui mais d'une sorte de Soul Metal sur lequel Fernanda Lira se la joue Aretha Franklin (pas mal du tout, d'ailleurs) et fait de sa basse l'instrument presque principal du morceau, avant que le titre ne parte en cacahuète Heavy puis Thrash à nouveau et se finisse a cappella. Une étrangeté qui n'est pas du meilleur effet qui soit, en l'état, mais qui pourrait constituer une piste de diversification intéressante pour les trois musiciennes. Mais pas sous le nom NERVOSA, en revanche.

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   T-RAY

 
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- Fernanda Lira (basse, vocaux)
- Prika Amaral (guitares, vocaux additionnels)
- Pitchu Ferraz (batterie)


1. Arrogance
2. Theory Of Conspiracy
3. Deception
4. Intolerance Means War
5. Guerra Santa
6. Failed System
7. Hostages
8. Surrounded By Serpents
9. Cyberwar
10. Hypocrisy
11. Devastation
12. Wayfarer (bonus)



             



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