Recherche avancée       Liste groupes



      
PUNK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

1979 The Crack
 

1979 The Crack
 

- Style : The Damned, Sex Pistols, The Saints

The RUTS - The Crack (1979)
Par DARK BEAGLE le 25 Novembre 2018          Consultée 412 fois

Aujourd’hui je vais vous parler de Punk. Eh ouais. D’habitude, c’est le domaine de Chapouk et je ne vous dirai pas ce que j’ai dû faire pour récupérer The RUTS. Non, il n’y a rien de dégradant, mais ça aurait pu : Chapouk, c’est miss Punk et gare à celui qui marche sur ses plates-bandes. Bon, je ne récupérerai jamais l’annulaire et l’auriculaire perdus dans la transaction, mais ça valait quand même le coup : The RUTS quoi ! Un groupe qui aura marqué l’histoire du genre avec un seul album, à l’instar des SEX PISTOLS.

The RUTS est un groupe formé en 1977, à la période dorée du Punk britannique, mais qui aura eu le temps de se forger sa propre personnalité durant les deux ans qui lui seront nécessaires pour écrire et enregistrer "The Crack". Aussi, nous retrouvons dans cet album des références aussi bien aux SEX PISTOLS et aux CLASH, tout en ayant un côté moderne, avec une basse très en avant, qui n’est pas sans rappeler KILLING JOKE. Mais n’allez pas croire que The RUTS s’approche pour autant du Post Punk. Pourtant le discours a évolué depuis les premiers jours, il s’est mâtiné avec d’autres sonorités qui vont apporter des couleurs un peu étranges à l’ensemble.

L’aventure de The RUTS aurait pu rester dans l’ombre des grands noms du genre, les labels se montrent assez hermétiques à la musique énergique et vindicative de nos Londoniens et sans le flair de Richard Bronson (fondateur de Virgin), le groupe aurait pu rester dans l’anonymat le plus total. Mais Bronson va croire en eux, miser sur eux et il a souvent eu le nez creux. Leur premier album, "The Crack", sort à l’automne 1979, mais dès juin de la même année les ondes étaient prises d’assaut par deux singles terriblement vindicatifs.

Si vous voulez, The RUTS pourrait faire grincer des dents à pas mal de keupons : le groupe bénéficiait d’un gros son, il était très bien produit, ce n’était pas des prises enregistrées à la va-vite pour obtenir le son le plus cru possible. Non, chez The RUTS, tout est très travaillé, on se retrouve même face à de longues parties instrumentales très bien construites. Et pourtant, le groupe se permet d’être très spontané, direct, mené par un chanteur plutôt doué, Malcolm Owen, à la voix agréable, qui est une des marques de fabrique du groupe.

Et derrière cette pochette qui nous présente le groupe, les musiciens assis sur un sofa, au milieu de nombreuses personnes, où l’on peut reconnaître quelques membres des DAMNED, groupe avec lequel les RUTS aimaient bien fricoter, ainsi que Jimi Hendrix et plein d’autres, se cache un disque de Punk jouissif, un classique du genre un peu oublié. "The Crack" s’ouvre sur des sirènes de pompier puis suit la guitare qui dégage une urgence rare. Quand la voix de Owen arrive, c’est la claque. Il nous raconte que Babylone brûle. Babylone, c’est Londres et le groupe nous raconte le quotidien d’une Angleterre malade. Et "Babylon’s Burning", c’est justement le premier single, celui qui a grimpé dans les charts, jusqu’à la septième place, ce qui n’est pas rien.

Le morceau qui suit nous met dans une toute autre ambiance, bien que le sujet soit toujours très contestataire. Mais cette fois-ci, la basse prend des intonations plus Reggae, et "Dope For Guns" possède un certain mordant, avec cette guitare qui agresse, bien aidée par une rythmique lourde et efficace, mais c’est sur "S.U.S." que The RUTS commence à prendre une dimension plus inquiétante. Il se dégage de ce titre quelque chose d’effrayant, comme une prophétie néfaste qui se réalise, avec ces backing vocals qui ressemblent à une psalmodie désespérée. Et derrière, on sent la menace, avec ce rythme lent. Cette menace, on la ressent aussi très bien sur "Jah War".

"Jah War", c’est un Reggae blanc qui ne dégage pas le côté joyeux ou insouciant que l’on associe souvent au genre. Petit aparté, ceux qui ont suivi mes kro-x sur LED ZEPPELIN savent que mes affinités avec le Reggae sont très faibles. Mais ici, il y a quelque chose de quasiment hypnotique dans cette chanson, qui encore une fois traite d’un sujet grave : les exactions d'une unité de police anti-émeute qui aurait tabassé à mort un manifestant néo-zélandais lors d’un rassemblement anti-racisme. Ici, ce qui fonctionne, c’est encore la voix de Malcolm Owen, qui ne prend pas un timbre traînant comme s’il avait fumé quatre gros joints avant d’enregistrer. Il y a une colère sourde qui suinte de ce morceau, qui devient très pesante, malgré les cuivres qui font leur apparition.

De nombreux passages attirent l’oreille. Le long "It Was Cold" avec son côté KILLING JOKE en moins extrême, mais développant le même genre d’ambiance, le direct "Something That I Said", "Backbiter" qui nous ramène deux ans en arrière avec son refrain simple et diablement efficace… L’album est vraiment très bon, il dégage quelque chose de fort, pas vraiment malsain, mais terriblement vindicatif et revendicateur. L’esprit est là, la forme a évolué. Le Punk est devenu… Plus musical si on veut, plus construit, moins primaire, on arrive doucement vers l’évolution logique d’un genre trop nihiliste pour survivre en l’état.

Malheureusement, ce disque sera l’unique album de The RUTS. Alors que le groupe semblait s’ouvrir une voie royale, ils doivent faire face au décès de Malcolm Owen. L’ironie veut que le groupe luttait ouvertement contre l’usage de drogues dures et leur chanteur est mort suite à une overdose d’héroïne. Le groupe ne s’en relèvera pas vraiment. Bien sûr, il y aura la compilation "Grin And Bear It" puis "Animal Now", en 1981, sous le nom de RUTS DC, mais ce ne sera plus la même chose et la formation disparaîtra rapidement, pour revenir sur le devant de la scène avec Henry Rollins au micro, pour un concert de charité pour le guitariste Paul Fox, atteint d’un cancer du poumon. Ce dernier décédera un peu plus tard la même année. La lose, quoi.

A lire aussi en PUNK par DARK BEAGLE :


KILLING JOKE
What This For... ! (1981)
Peace sells... But who's buying ?




The SAINTS
(i'm) Stranded (1977)
Anarchy in Australia


Marquez et partagez




 
   DARK BEAGLE

 
  N/A



- Malcolm Owen (chant)
- Paul Fox (guitare)
- John 'segs' Jennings (basse, chant, claviers)
- Dave Ruffy (batterie)


1. Babylon's Burning
2. Dope For Guns
3. S.u.s.
4. Something That I Said
5. You Are Just A...
6. It Was Cold
7. Savage Circle
8. Jah War
9. Criminal Mind
10. Backbiter
11. Out Of Order
12. Human Punk



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod