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THY ANTICHRIST - Wrath Of The Beast (2018)
Par T-RAY le 13 Septembre 2018          Consultée 502 fois

Originaire de Colombie, THY ANTICHRIST est le roi du hiatus. Voici donc que sort "Wrath Of The Beast". Son deuxième album studio. En 2018. Quatorze. Ans. Après. Le. Premier. Oui, quatorze ! Et le groupe n’a même pas splitté entre temps, ni même changé de nom pour d’obscures raisons légales. Aucun autre THY ANTICHRIST n’est venu lui reprocher de lui avoir piqué son blaze, non : il n’y a qu’un THY ANTICHRIST, et un seul. La seule péripétie que l’on puisse souligner dans la carrière vingtenaire de la formation, fondée en 1998, c’est son déménagement de la ville de Medellín, naguère tristement célèbre pour avoir été aux mains du cartel de Pablo Escobar, pour venir s’installer à Dallas, Texas, en 2011.

Enfin, si, Antichrist 666, fondateur et leader du groupe, est peut-être la cause de ce grand écart facial entre les deux albums de sa créature : une fâcheuse tendance à consommer les musiciens. Pas moins de quatre batteurs, trois guitaristes et deux bassistes l’ont accompagné dans son aventure entre 1998 et 2012, date où THY ANTICHRIST trouve enfin un semblant de stabilité, avec les recrutements d’Abyssus à la six-cordes et de Frost Giant à la basse. Ce n’est qu’en 2015 qu’un batteur répondant au pseudonyme d’Oricuss se stabilise derrière les fûts. Trois musiciens américains pour épauler l'âme damnée colombienne : voilà peut-être ce qu’il fallait pour aboutir enfin au "Wrath Of The Beast" dont vous lisez présentement la chronique.

Est-ce que cela valait tout ce temps perdu ? Oui. Car "Wrath Of The Beast" est un bon disque. Voilà, chronique terminée, merci, au revoir…

Non, je vais quand même vous en dire un peu plus. THY ANTICHRIST est animé d’un certain sens de l’auto-dérision, quand bien même il évolue dans un Black Metal fortement dosé en Death Old School qui ne paraît pas approprié pour jouer les rigolos. Et ce second degré, qui n’est pas pour autant exagéré et mis à toutes les sauces, s'avère relativement salvateur. En cela, l'esprit de la formation rappelle certainement celui de VENOM et l’hymnique "Metal To The Bone", incontestablement taillé pour faire brandir les devil horns au public en live, en est le meilleur exemple. Voilà un titre – et des paroles – que l’on ne s’attend pas à entendre sur un album de Black Metal qui se présente sous des atours blasphématoires. Ce morceau, bien thrashy, paraît pleinement inspiré par les 80s. Et il permet de détendre un peu l’atmosphère au moment de rentrer dans le lard des huit morceaux qui suivent.

Ou plutôt, ce sont eux qui nous rentrent dedans. "The Great Beast" le premier, avec son riff Black musclé, soutenu par une basse solide et une batterie implacable, auxquelles la production bien claire donne tout le relief qu’elles méritent. THY ANTICHRIST ne révolutionne rien mais ce qu’il fait, il le fait bien, en ne rechignant jamais à emprunter les ingrédients qui lui conviennent tant dans le Heavy Metal, le Thrash Metal ou le Death Metal à l’ancienne. Voire même la musique Folk ou hispanique, comme en témoignent les nombreux passages de guitare classique parsemés sur l’album, en particulier en ouverture du premier titre, "Desolation", sur la totalité du dernier, "The Last Breath", ou en guise de coda d’un "A World Burnt To Ashes" très élégant, il faut l’admettre.

Oui, l’adjectif “élégant” convient bien autant aux titres de "Wrath Of The Beast" que “puissant” ou “sauvage”. Parce que THY ANTICHRIST est ici plus sophistiqué que brut et raw. Même si des titres comme "No Place Like Hell" tentent de nous démontrer le contraire, comme s’il ne fallait pas sous-estimer la facette tradi du Black Metal des Américano-Colombiens. Il ne faut effectivement sous-estimer aucun des penchants de THY ANTICHRIST : ni son goût pour le Thrash Metal ("Nightmares"), ni sa connaissance du Heavy ("Crown Of Lies" en est infusé de toutes parts), ni sa maîtrise du Death Metal Old School ("Skeletons Of Disgrace")... Le quartette est capable d’imbriquer tout cela dans des morceaux très cohérents et très lisibles, avec parfois ce qu’il faut de fantaisie, comme ce riff très “égyptianisant” sur "Skeletons Of Disgrace", justement.

Pourquoi, malgré tant de qualités, "Wrath Of The Beast" n’est-il qu’un bon album et pas un très bon album ? Parce qu’il ne sublime aucun de ses emprunts stylistiques ni ne surprend réellement par leur assemblage. Le deuxième album de THY ANTICHRIST fait l’effet d’un spiritueux goûteux et mêlant habilement force et subtilité mais dont aucune de ses notes n'étonne. On est en terrain connu, malgré tout, même si l’on découvre le groupe avec ce disque. Les saveurs ne surprennent pas par leur rareté, leur originalité ou leur puissance, mais seulement par l'équilibre de la composition finale. Après quatorze ans de vieillissement, d’abord en fût de rhum colombien puis en fût de bourbon texan, THY ANTICHRIST s'avère tout de même bien charpenté et cette bouteille de "Wrath Of The Beast" fort agréable à déguster.

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   T-RAY

 
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- Antichrist 666 (vocaux)
- Abyssus (guitares)
- Frost Giant (basse)
- Oricuss (batterie)


1. Desolation
2. Metal To The Bone
3. The Great Beast
4. A World Burnt To Ashes
5. No Place Like Hell
6. Nightmares
7. Crown Of Lies
8. Skeletons Of Disgrace
9. Walking Through The Soul
10. The Last Breath



             



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