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- Style : Dead Congregation, Grave Miasma, Sonne Adam
 

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NECROS CHRISTOS - Domedon Doxomedon (2018)
Par WËN le 29 Août 2018          Consultée 902 fois

En termes de Death Metal occulte et transcendant, NECROS CHRISTOS, en 2011, frappait un grand coup. S'autoproclamant en véritable prophète d'une apocalypse prochaine dont son bien nommé "Doom Of The Occult" se revendiquait être la trame sonore, notre CHRIST MORT, y entérinait une dizaine d'années de pratique d'arts sombres et tortueux menées tambour battant via une palanquée de démos, de splits EP en tout genre et d'un premier album paru quatre ans plus tôt. Nous en retenions un Death Metal noir et mid-tempo qui, finement ouvragé et mené au gré d'interludes prépondérants, venait se poser en digne héritier du grand CELTIC FROST (pour son caractère sulfureux) et de ces ténors que furent AUTOPSY et ASPHYX en leur temps (pour leur riffing macabre certain, même si relevant plus de l'influence que de la parenté directe). Déjà, l'entité allemande y édifiait son propre et horrifique temple, hanté par d'immémoriales et exotiques aberrations mythologiques (philistines, égyptiennes, hindoues, etc.).

À l'aune de ce "Domedon Doxomedon", outre quelques ajustements de line-up (batterie et basse, mais sans impact sur la composition toujours édictée par Mors Dalos Ra) déjà éprouvés sur l'EP précédent et le tout récent Live-album, bien peu d'échos filtrèrent du sombre repère dans lequel la Bête s'était retirée, se tenant ainsi terrée à ruminer jusqu'à ce printemps 2018 où nous furent lâchées les premières informations concernant son nouveau méfait. Ainsi, à la sublime pochette de son prédécesseur ("The Destruction Of Sodom And Gomorrah" de John Martin, 1789-1854) succède un artwork déjà moins spectaculaire, même si apportant son lot d'occultisme et d'indices mystiques. Malheureusement, nous apprenions dans le même temps de ce "Domedon Doxomedon" qu'il s'agirait également de son ultime testament avant sa fin prochaine (*).

Pour le reste, musicalement s'entend, nous ne pourrons pas réellement avouer que NECROS CHRISTOS poursuit sur sa lancée, tant il reprend les affaires exactement là où il avait clôturé son œuvre de 2011, posant son sabot dans les même traces fourchues et encore meubles qu'il avait laissées à l'époque. Mais à un tel point qu'il nous sert apparemment là EX-AC-TE-MENT LA MÊME FORMULE... Mais cette fois-ci déclinée sur 3CDs/vinyles - chacun illustrant un chapitre bien distinct, eux-mêmes segmentés en trois ensembles de trois morceaux - pour un quasi-couple d'heures de musique (tout de même). Sans surprise, donc, la trame sonore est basée sur le même agencement qu'antérieurement le long de ces neufs réels titres (pour le double d'interludes à considérer comme leur intro et outro respectifs), un peu à la manière de son aîné mais cette fois-ci davantage formaté. On observe en effet le quartette systématiquement débuter ses pièces par un "Temple" (la plupart du temps ambiant et baigné de nappes de synthés, d'orgues, de tenpuras et de chimes) pour les conclure sur un "Gate" de rigueur (plus coutumièrement acoustique où guitares, saz et pianos y trouvent leur place), permettant de chacune les baigner d'une aura propre, tout en facilitant notre immersion.

À partir de là, de cette structure particulière plutôt prégnante, il en devient très difficile de dissocier la musique du concept... Car, textuellement, le groupe creuse ici profond, très profond et, en se posant en détenteur d'un savoir dorénavant désappris, entreprend de percer les mystères baignant les réelles motivations et secrets du Christ (bien évidemment pas si catholiques que l'on voudrait nous l'endoctriner). Chaque "Temple" fait ainsi référence à un 'gardien' (ex : Gabri'El, Splendeur du Ciel) en charge d'une "Gate" (dans ce cas, Sooun) qui cèdera une fois appréhendés les arcanes de la composition principale associée ("I Am Christ"). Pour ceux désireux d'en savoir davantage, sachez que le livret, les pochettes et les disques eux-mêmes (**), regorgent d'indications, de notes et d'interprétations en charge de guider l'auditeur dans son ascension vers chaque nouveau pallier au rythme des sceaux ainsi successivement brisés (***). Oui, c'est touffu.

Côté compositions - les neufs principales, s'entend - les Allemands présentent donc leurs pièces comme autant de rites initiatiques, marqué des plus brûlants et rougeoyants fers des infernales forges lucifériennes, aussi promptes à câliner qu'à consumer. Il sera aisé de remarquer que non contentes de s'étirer davantage en longueur (cinq tournant autour ou dépassant les dix minutes, c'est peu dire), celles-ci ne s'avèreront ni tout aussi sombres ni tout autant brutalement viscérales qu'auparavant ; NECROS CHRISTOS laissant ce terreau à ses comparses de la trempe d'un DEAD CONGREGATION ou à quelques émules déjà friands de ses travaux précédents (nous pensons aux suffocants SONNE ADAM ou GRAVE MIASMA). Ainsi, même si son Death Metal demeure d'obédience crue et opaque, nous y décèlerons déjà une volonté de s'élever. Certes, peut être-pensée pour coller thématiquement à ses propos, mais en tout cas suffisamment léchée (l'intro de "Tombstone Chapel", la partie soliste de "Seven Altars Burn in Sin" pleine d'harmonies à se damner) pour, justement, nous laisser succomber aux tortueux desseins de son véritable maître via tant de caresses impies. La mélodie, assumée par de nombreux soli et thèmes spécifiques (le sinistre "Seven Altars Burn in Sin", les parties moyen-orientales de "I Am Christ" et de "The Heart Of King Solomon In Sorcery", le break central de "In Meditation On The Death Of Christ"), s'avère plus que jamais ici un élément essentiel de la formule de ce nouvel ordre teutonique, tout comme les éructations cathartiques de Mors Dalos Ra qui continue à faire des ravages par sa diction infernalement chirurgicale. Les ambiances sont au final toujours aussi envoûtantes par tant d'orfèvrerie et ses surprenants changements de rythme. Chaque titre a son truc à lui, mais qui ne saura se révéler qu'aux auditeurs les plus méritants et concentrés. Ajoutons à tout cela une production de fort belle facture et clamons que nous tenons là une œuvre mine de rien riche et fluide. Nous ne nous ennuierons en tout cas guère ici, mis à part ce léger essoufflement constaté en fin de recueil (et mine de rien un peu légitime suite à cette avalanche de mid-tempo subie depuis plus de 110 minutes tout de même).

Alors, oui, si d'emblée, l'effet de surprise s'avère quelque peu éventé tant la formule lorgne avidement (mais de manière assumée) sur celle qui a fait le succès de son prédécesseur et - plus globalement - de son œuvre jusqu'à présent, il s'avère néanmoins que NECROS CHRISTOS sait produire des disques solides. Dur, donc, à l'instant T, de ne pas lui attribuer la même note, d'autant plus que la qualité demeure. Par contre, ce sont également et logiquement ces mêmes critères qui l'empêcheront d'atteindre la note supérieure.
Maintenant à comparer les deux, auquel ira notre préférence ? Hein ? Je vous le demande...


:::

(*) C'est en tout cas ainsi que nous interprétons cette lecture du communiqué promo : "[ ] "Domedon Doxomedon" shall be their grandiose testament : the legacy of a band that never bowed to any trends, never compromised in their music nor did they ever walk the easy way".

(**) Une fois de plus, nous noterons le soin tout particulier apporté au packaging (tout du moins dans sa version vinyle) : box cartonnée, livret détaillé et sobre, pochettes pour chaque disque, etc.

(***) Nous avouerons ici ne pas maîtriser le sujet, trop empreint d'occultisme pour tenter de vagues interprétations et dont l'étude nécessitant de s'y plonger corps et (surtout) âme se révèlera complexe et à - forcément - manier avec des pincettes face aux kabbalistes convaincus et autres passionnés d'ésotérisme... Et de religion, mais comme à l'accoutumée, cela nous forge de beaux concepts.

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- Mors Dalos Ra (chant, guitare, claviers)
- The Evil Reverend N. (guitare)
- Peter Habura (basse)
- Iván Hernández (batterie)



1. Temple I 
2. I Am Christ
3. Gate Of Sooun
4. Temple Ii 
5. Tombstone Chapel
6. Gate Of Damihyron
7. Temple Iii 
8. He Doth Mourn In Hell
9. Gate Of Aion Tsevaoth

1. Temple Iv
2. Seven Altars Burn In Sin
3. Gate Of Arba-hemon
4. Temple V
5. Exiled In Transformation
6. Gate Of Behet-myron
7. Temple Vi 
8. The Heart Of King Solomon In Sorcery
9. Gate Of Sulam

1. Temple Vii 
2. The Guilt They Bore
3. Gate Of Jehudmijron
4. Temple Viii 
5. Exodos
6. Gate Of Dimitrijon
7. Temple Ix 
8. In Meditation On The Death Of Christ
9. Gate Of Ea-on



             



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