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2013 The Mouths Of Madness
 

- Style : Black Sabbath, Blue Öyster Cult, Trouble, Saint Vitus

ORCHID - Capricorn (2011)
Par DARK BEAGLE le 7 Septembre 2018          Consultée 454 fois

Quand la Californie est aussi enfumée que Birmingham un après-midi de 1970, cela donne ORCHID. On l’a déjà vu, le groupe ne semble pas comprendre qu’il évolue à San Francisco et non pas dans l’Angleterre industrielle pré-Thatcher, où l’espoir était de rentrer à l’usine à quatorze ans et de faire carrière ou d’être très doué en foot ou en rugby. C’est caricatural, mais il est vrai que nos Californiens vouent un véritable culte à BLACK SABBATH au point où ça en devient vraiment très visible. Et pourtant, le combo dégage un certain charme même si niveau originalité le groupe reste au point zéro, comme en témoigne "Capricorn", leur premier véritable album.

Ce qui frappe d’entrée, outre le fait que globalement la formation soit un clone du BLACK SABBATH première époque, c’est la qualité d’écriture qui transpire, après les deux premiers EP qui avaient quelque chose de plus banal. Nous sommes rapidement servis par une guitare bien grasse, couplée à une section rythmique qui s’exprime dans la lourdeur, avec cette basse omniprésente et cette batterie martelée avec force, mais sans se presser, faisant de la lenteur Doom un cheval de bataille des plus intéressants. En fermant les yeux, on s’y croirait presque. Le début des années 70, quand le SAB’ écrasait tout sur son passage avec une série d’albums tous plus remarquables les uns que les autres. Mais il y a la voix de Theo Mindell qui vient nous sortir de la torpeur bienveillante qui nous envahit.

En effet, là où l’on s’attend forcément à un organe similaire à celui d’Ozzy, la voix de Mindell se fait plus rauque, plus grave et colle parfaitement aux ambiances enfumées que nous délivre ORCHID. Mais passé cela, tout est pour nous rappeler BLACK SABBATH. Les riffs semblent avoir été accouchés par Tony Iommi lui-même, l’ombre de sa veste à franges plane tout du long sur ce "Capricorn", aussi bien au travers des mélodies simples que des soli qui s’accompagnent souvent d’une accélération bienvenue, faisant involontairement songer à "Iron Man" par exemple ("Electric Father"). Le jeu de basse semble appartenir à Geezer Butler, jusqu’à certains des aspects les plus « aquatiques » ("Master Of It All"), tandis que Bill Ward aurait pu jouer les mêmes patterns à l’époque.

Alors bien sûr, se pose la question du plagiat. ORCHID est vraiment très proche dans le style de la bande à Ozzy, mais les musiciens semblent plus avoir décortiqué le style du groupe et de chacun de ses éminents membres puis les avoir adaptés à leur sauce. Cependant, ce n’est pas toujours très réussi, à l’image de "Albatros" qui renvoie de façon un peu trop poussée vers le "Planet Caravan" qui offrait une pause salvatrice sur l’album "Paranoid". Ou encore "Black Funeral", dont certaines parties de Mindell font furieusement penser à d'autres déjà chantées par Ozzy dans le passé. Surtout qu’en se focalisant sur l’influence BLACK SABBATH, on finit par en rater d’autres, tout aussi visibles, mais moins présentes.

Ainsi, "Down Into The Earth" résonne comme un bon vieux BLUE ÖYSTER CULT – groupe souvent taxé de SAB’ américain d’ailleurs – avec un côté psychédélique et ésotérique bien marqués. Les lignes mélodiques se font plus légères, on ne retrouve pas totalement cette lourdeur propre au Doom présenté sur les autres morceaux, mais on note une belle volonté plus Hard Rock derrière, sans que l’absence totale d’originalité ne soit un problème. ORCHID n’est vraiment pas le groupe que l’on va chercher à écouter pour cela, ou alors on est coupable du choix le moins judicieux de ces dernières années.

Et lui succomber n’est pas difficile. Il suffit d’appuyer sur play et de se laisser prendre par le cabalistique "Eyes Behind The Wall", qui développe un petit côté mystique à la Lovecraft très réussi. Le groupe sait agencer ses morceaux, ne se focalisant pas sur les durées même si un seul morceau ne dépasse pas la barre des cinq minutes. ORCHID prend son temps pour développer ses idées, nous gratifiant d’introductions écrasantes, de parties instrumentales qui sentent le chanvre et de mélodies que l’on assimile assez vite. Et même si le tout ressemble à un vibrant hommage aux premières heures du Heavy Metal, il n’en demeure pas moins accrocheur et entièrement dans l’esprit revival ’70, avec un jusqu’au-boutisme affirmé dans la recherche du son, des ambiances, propres à cette époque.

"Capricorn" est donc un très bon disque, un peu inattendu, certainement sujet à de nombreuses critiques tout à fait justifiées ou justifiables, mais qui possède un charme certain et qui parlera certainement aux amateurs des formations comme SAINT VITUS, TROUBLE ou, - surprise ! - comme BLACK SABBATH (et je crois que le groupe a été cité plus de fois dans cette chronique que dans une classique le concernant). Cet album ressemble grandement à un pont qui relierait l’enfumé "Master Of Reality" au plus nocif "Vol.4" tant il en possède les charmes. Après, comme dit, si vous cherchez de l’originalité, passez votre chemin, vous ne perdrez pas 55 minutes de votre vie à vous demander pourquoi vous vous êtes laissés distraire par cela.

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   DARK BEAGLE

 
  N/A



- Theo Mindell (chant, claviers, percussions)
- Mark Thomas Baker (guitare, claviers)
- Keith Nickel (basse)
- Carter Kennedy (batterie)


1. Eyes Behind The Wall
2. Capricorn
3. Black Funeral
4. Master Of It All
5. Down Into The Earth
6. He Who Walks Alone
7. Cosmonaut Of Three
8. Electric Father
9. Albatros



             



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