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HARD FM / A.O.R   |  STUDIO

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1980 G-Force
 

- Membre : Ian Gillan Band, Phil Lynott , Thin Lizzy, Bbm
- Style + Membre : Gary Moore

G-FORCE - G-force (1980)
Par JEFF KANJI le 29 Août 2018          Consultée 1230 fois

Gary, Oh Gary ! Faut pas t'laisser traîner la nuit… Alors en pleine tournée de promotion de "Black Rose: A Rock Legend", le guitar-hero irlandais en a une nouvelle fois marre de la vie Rock'N'Roll no limit du groupe (qui ne jouait parfois pas "Black Rose" car Scott Gorham en était incapable...), et en particulier de son ami Phil Lynott. Résultat : il quitte définitivement THIN LIZZY à la mi '79 juste après le concert d'Oakland et avoir planté ses collègues, préférant s'envoyer en l'air à L.A.. Phil Lynott était loin d'être un enfant de chœur et son abus de substances entachait ses performances live. Mais on peut trouver le comportement de Gary critiquable car le chanteur-bassiste de LIZZY sera bien là pour terminer le single "Spanish Guitar" de Gary, le guitariste, lui, ne fera pas les quatre dernières dates qu'il s'était engagé à donner... Il a toujours existé deux versions de cette fin de collaboration. Gary Moore décide de se casser sur la côte ouest, décidé à réussir au Pays de l'Oncle Sam. Pour cela il va contacter/recruter l'ancien chanteur de CAPTAIN BEYOND (1), Mark Nauseef, remarquable sur tout l'album dans un style à la Ian Paice flatteur - écoutez "Dancin'" pour vous faire une idée - il avait brièvement tenu les baguettes au sein de LIZZY en l'absence de Brian Downey, ainsi qu'un bassiste complet, nourri au biberon de la Motown en la personne de Tony Newton. Le quartette se mue en groupe et prend le nom de G-FORCE, et délivre quelques mois plus tard son album éponyme.

Pour l'anecdote, le groupe est alors signé par Jet Records et doit alors accompagner Ozzy OSBOURNE pour l'enregistrement de son premier album solo "Blizzard Of Ozz"… Mais Ozzy disparaît dans la nature (il est rentré en Angleterre) le jour du début des sessions, et rien ne se passe au final. Ce seront Bob Daisley, Lee Kerslake et Randy Rhoads qui joueront sur le disque, accompagnés par un vieil ami de Gary : Don Airey. Le music business est petit n'est-ce pas ? Cependant, Gary regrettera très vite son association avec Jet Records qui ne mettra jamais les fonds nécessaires pour l'aider à percer, bien que Sharon Arden ait à l'époque clairement pigé que Gary MOORE pourrait lui faire gagner de l'argent. Elle se vengera du départ de Gary chez Virgin en empêchant la sortie d'un album live ("Live At The Marquee") et du successeur direct de "Back On The Streets" (le Heavy "Dirty Fingers"), qui paraîtront courant '83 et '84, surfant sur le succès critique rencontré par Gary MOORE avec "Corridors Of Power" et "Victims Of The Future".

Et on comprendra alors à l'écoute de G-FORCE, la confirmation d'une orientation plus Hard… Que "Dirty Fingers", enregistré début 81 entérinera a posteriori, mais dont l'aboutissement logique sera "Corridors Of Power". Mais surtout les origines de ce côté FM qui parfois se dégagera des futurs travaux de Gary MOORE en solo est largement développé. Le marché US est clairement visé. Gary, au moment de monter le groupe, savait qu'il avait moyen de grappiller la première partie de VAN HALEN, alors en plein boom avec son album éponyme, dont la qualité venait de se confirmer avec le "II". G-FORCE enchaînera rapidement avec WHITESNAKE pour la tournée de "Ready An' Willing".

Pousser autant la machine trahissait deux choses : Gary Moore cherchait surtout à se faire connaître un maximum et la formation certes pro n'avait pas un grand avenir sans projet artistique réel. Et au regard des albums précédents de Gary MOORE, on comprend vite que la composition est clairement orientée radio et charts. Mais cela fait-il pour autant de ce "G-Force" un mauvais album ?

Et bien non ! Absolument pas. Et au grand dam des puristes du célèbre guitariste, ce disque s'avère plus réussi que ses précédentes tentatives. Et c'est peut-être parce que justement il est l'œuvre d'un groupe, où tout le monde a mis la main à la pâte et proposé malgré tout un disque cohérent, digeste et très bien fait. Il faut dire que l'on a affaire à un quintette de musiciens chevronnés à qui on ne la fait pas. Et malgré le formatage évident des titres, ça marche du tonnerre !

Et pourtant, dès "You" on est presque moqueur devant ce refrain tellement évident qu'il en est à la fois kitsch et instantanément mémorisable. Et ce n'est rien à côté de "You Kissed Me Sweetly" qui sonne comme le JOURNEY contemporain. Les textes ne voleront pas très haut on l'a déjà deviné, mais ça joue très bien ; Gary a le feu sacré et Willie Dee est extrêmement bon et tire l'album vers le haut. Il n'est pourtant pas le chanteur le plus personnel qu'aura Gary. On atteint le pompon FM sur "The Woman's In Love" avec ses violons réchappés des sessions de BONEY M et ce saxophone qui allait être roi et piquer progressivement la place des soli de guitare dans la Pop Rock. Moderne et largement dans les standards de l'époque, la production a certes vieilli mais supporte les assauts du temps, si ce n'est ce son de guitare de Gary très particulier, obtenu en branchant la guitare directement dans la table de mixage sans passer par ampli. Alors c'est intéressant et contribue à donner ce côté américain à la production, mais les soli de Gary Moore sonnent extrêmement synthétiques, au regard du challenge technique que cela représente pour l'époque. Dire qu'Eddie Kramer puis Roy Thomas Baker auraient dû produire cet album avant que le groupe se décide à le faire lui-même…

Le côté AOR souhaité de cet album (et peut-être influencé en partie par JOURNEY, avec qui Gary avait tourné en première partie avec THIN LIZZY quelques mois plus tôt) le rend digeste mais un peu facile. On retrouve même le côté funky de Glenn Hughes (pourtant viré depuis six mois) sur "She's Got You" avec sa tentative Reggae (les Américains découvrent le travail de Bob MARLEY à la même époque et de nombreuses formations vont tenter de faire leur morceau Reggae). G-FORCE parvient néanmoins à mêler les deux, parvenant à créer une sorte de version FM-isée de "Back On The Streets" avec le remuant "Dancin'". Mais il faut avouer que c'est insupportable sur "Hot Gossip" par exemple.

Cet album manque, comme "Back On The Streets" d'une certaine cohérence, problème qui sera réglé avec "Dirty Fingers". On trouve au milieu de ces titres formatés pour les US une ballade sentie dans le style de "Parisienne Walkways" où le feeling règne en maître – "I Look At You". Mais on trouve aussi de la folie furieuse, à laquelle "Dirty Fingers" s'abreuvera, avec l'enchaînement "White Knucles" et "Rockin' And Rollin" qui montre les aptitudes évidentes de Gary pour le Heavy Metal. D'ailleurs, bien que l'album soit clairement plus lisse et mélodique, Gary Moore met à profit les espaces qui lui sont laissés pour les soli. Un groovy "Because Of Your Love" est déchiré par un solo d'une sauvagerie rare par exemple.

La principale difficulté rencontrée par la formation fut le fait qu'il comptait des membres américains mais aussi britanniques et irlandais : cela posait des problèmes de visa qui auraient raison des efforts du collectif, décision de Gary motivée également par l'opportunité de rejoindre Greg Lake sur ses premiers opus solo. Alors que "You" sort en single, la toute nouvelle aventure G-FORCE prend fin en juillet 1980, après que ses trois membres américains n'aient pu obtenir leurs permis de travail pour se rendre au festival de Reading auquel le groupe aurait dû jouer.

(1) Il faut savoir que Glenn Hughes était le premier choix de Gary : il se fera virer au milieu de l'été '79 après une bagarre bien alcoolisée, une crise d'ego qui a enterré définitivement "She's Got You", "Hot Gossip" et "The Woman's In Love", enregistrés avec le bassiste-chanteur.

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   JEFF KANJI

 
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- Willie Dee (chant, chœurs, basse, claviers, korg bass synthé)
- Gary Moore (guitare, chœurs, claviers, arrangements de cordes sur 4,8)
- Tony Newton (basse, arrangements de cordes sur 6)
- Mark Nauseef (batterie, percussion, percussions synthétiques)
- -
- Joachim Kuhn (claviers additionnels)
- Tom Scott (saxophone sur 8, arrangements de cordes sur 4,6)
- Thee Ox (marimba)


1. You
2. White Knucles / Rockin' And Rollin'
3. She's Got You
4. I Look At You
5. Because Of Your Love
6. You Kissed Me Sweetly
7. Hot Gossip
8. The Woman's In Love
9. Dancin'



             



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